6.5/10

Resident Evil sur Switch, des portages justifiés ?

Des zombies en pagaille, un manoir mystérieux, des énigmes tordues et des personnages avec l'agilité d'un camion-benne. Nous sommes bien de retour dans Resident Evil. Alors qu'une poignée de vieux épisodes sont ressortis sur Switch c'est l'occasion de voir si la nostalgie peut rattraper un gameplay vieillissant. Spoiler: ça dépend.

Nous vous parlions déjà ici-même des ressorties de Resident Evil en nous posant cette question: est-ce que ça fait encore peur ? Dorénavant, penchons-nous un peu plus en détail sur les trois volets ressortis. Donc à savoir les épisodes 1, 0 et 4 (oui dans cet ordre). Parce que si dans le cas d'un RPG comme Final Fantasy par exemple, on peut pardonner un système un peu old-school tant que l'univers et les personnages sont à la hauteur, en ce qui concerne Resident Evil, le problème est un peu différent.

Oui, l'ambiance est toujours là, même si les zombies on commence à en avoir vu pas mal dans le monde de l'horreur ces dernières années. Mais le jeu repose en grande partie sur son gameplay, et comme celui-ci est très particulier, il s'agit de voir s'il a bien résisté à l'épreuve du temps. Surtout que les portages sont en tout point identique aux originaux (en tout cas aux HD Remasters donc avec des graphismes légèrement liftés mais rien de plus).

Resident Evil, l'original indémodable

Le premier du nom, qui a révolutionné le monde du jeu vidéo en son temps tient-il encore la route ? Et bien pour faire court, oui dans l'ensemble. Pour faire un peu plus long, on retombe avec plaisir dans cette ambiance un peu glauque de film d'horreur où passées les premières minutes, la quasi-totalité du jeu se passe dans un silence glaçant puisque vous vivez la plus grande partie de l'aventure entièrement seul. Les énigmes sont particulièrement retorses et peuvent vous occuper un moment, surtout avec un inventaire très réduit qu'il faut toujours bien gérer sous peine de se retrouver dans la panade.

La jouabilité a fait couler beaucoup d'encre avec son système de déplacement très rigide et ici, Capcom propose deux modes différents, l'original et un autre plus moderne. Ils sont un peu durs à décrire en quelques lignes mais pour résumer, sachez que le moderne est plus fluide, mais que l'un comme l'autre s'appréhendent bien au bout de quelques minutes. Le personnage est juste un peu lent mais ça rajoute de la tension dans le jeu donc pourquoi pas !


DR.

 

Malgré cette jouabilité un peu particulière et des temps de chargement très longs, je ne peux que vous recommander de découvrir ou de redécouvrir cet opus. Il faut dire que depuis, peu de jeux de ce genre ont su tirer leur épingle du jeu. Même les Silent Hill ne jouent pas vraiment sur le même tableau, et c'est peut-être pour ça que Resident Evil 1 reste intemporel et fonctionne toujours aussi bien. Le fait que les décors soient au final assez ternes les empêche également de mal vieillir et on prend tout de même beaucoup de plaisir à profiter de tous les détails même si on est loin des canons actuels. A refaire sans hésitation.

8/10

Resident Evil 0, le prequel dispensable

Comme son nom l'indique, Resident Evil 0 est un prequel qui se déroule la veille du premier épisode. Et sur une note un peu personnelle, c'est le jeu qui m'a fait découvrir la licence sur Gamecube donc la nostalgie était forte au moment de reprendre la manette bien des années plus tard.

Pourtant, force est de constater que passé ce moment émotion, le jeu ne tient pas aussi bien la route que son prédécesseur (enfin, successeur dans la chronologie mais vous voyez…). Le fait de contrôler deux personnages et de passer de l'un à l'autre n'apporte pas énormément au gameplay. Au contraire, cela diminue la sensation d'isolement très bien retranscrite dans l'épisode 1. Il y a aussi ce système des coffres qui disparaît, maintenant vous laissez vos objets par terre directement. Plus réaliste mais aussi plus contraignant.


DR.

 

Ici on quitte davantage le manoir pour se retrouver dans des installations plus modernes et là aussi, les décors sont un peu plus oubliables.

Pour ce qui est des graphismes, de la jouabilité ou du temps de chargement, on a les mêmes qualités et défauts que le premier mais l'épisode reste d'une manière générale un poil en-dessous. Ajoutez à ça des personnages moins attachants et un duo flic/criminel un peu cliché (ce que je n'avais pas du tout noté à l'époque).

Ce qui reste ce sont donc les liens avec l'épisode 1, toujours plaisant de retrouver d'anciens personnages et d'en savoir plus sur Umbrella et ce fameux manoir. Mais l'intérêt du jeu lui-même est finalement assez limité. Un bon spin-off, mais un épisode passable.

6/10

Resident Evil 4, le renouveau qui vieillit mal

Resident Evil, un jeu d'action ? Avant la sortie de cet épisode en 2005, l'idée paraissait saugrenue. Mais à l'époque, l'ensemble de la presse salue ce virage qui renouvelle la saga sans lui faire perdre son identité. Moi-même j'étais émerveillé devant ces environnements extérieurs, ces hordes de zombies sanguinaires et ces graphismes incroyables.

Autant dire que la descente est rude en redécouvrant cet opus qui a paradoxalement bien plus mal vieilli que ses prédécesseurs (là ça marche en ordre de sortie et chronologiquement, c'est pas beau ça ?)

Même avec ce virage plus orienté action, Capcom tenait visiblement à conserver ses contrôles rigides traditionnels. Résultat, la maniabilité est très limitée et a pris un sacré coup. Je vous disais à propos de l'épisode 1 que peu de jeux l'avaient imité ensuite, mais ce n'est pas le cas pour le 4. Des third-person-shooter, on en a eu à la pelle et des bien meilleurs. Imaginez jouer dans un environnement ouvert, mais avec une caméra fixe aux angles prédéterminés, et sans pouvoir viser pendant que vous vous déplacez. Inconcevable aujourd'hui et on se surprend plus d'une fois à titiller frénétiquement le stick droit pour bouger la caméra à droite ou à gauche, sans succès.


DR.

 

Il reste tout de même quelques qualités non négligeables, notamment sur le rythme du jeu très soutenu et qui ne vous laissera pas le temps de vous ennuyer. Les environnements sont aussi très variés et on sent que le jeu est pensé comme un film. D'ailleurs, si les caméras fixes peuvent agacer, elles fournissent tout de même de beaux plans ce qui confère au tout une mise en scène léchée agréable à l'oeil. 

Cela dit, le principal intérêt réside dans la nostalgie pour ceux qui ont joué à l'opus original et voudraient le redécouvrir. Au-delà de ça, il s'agit d'un TPS bien en-dessous de ce qui se fait aujourd'hui.  Alors, aurait-il pu en être autrement ? Pas vraiment, à moins que Capcom ait lancé un remake revoyant tout le système de jeu… Mais ce n'est pas en projet et on préfère attendre patiemment un épisode 8 qui compte bien se faire attendre encore un peu.

5/10

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A propos de l'auteur

Je regarde plein de films et sur mon temps libre je suis journaliste. J'ai eu peur devant Paranormal Activity et je me suis endormi devant Interstellar. Mes goûts n'engagent que moi.

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