7.5/10

Advance Wars - Dark Conflict - Test

Advance Wars : Dark Conflict répond présent sur Nintendo DS, en digne hériter de ses aînés. Vous avez voulu la guerre, vous allez l'Advance War.

Remonter le temps pour voir comment a commencé la série des Advance Wars ne serait pas inutile pour un rétro-gamer, mais ne présente rien de franchement étonnant, tellement les épisodes se succèdent et se ressemblent. Tout débute en 1988 sur Nintendo NES, ou devais-je dire Famicom, puisque le titre ne sortira qu'au Japon sous le nom de Famicom Wars. La Game Boy aura elle aussi droit à sa part de batailles, et quelle sacrée part puisque ce sont pas moins de quatre opus qui seront rapportés sur la mythique portable de Nintendo, à savoir Game Boy Wars (1991), Game Boy Wars 2 (1997), Game Boy Wars Turbo (1998), et Game Boy Wars 3 (2001) sur Game Boy Color. La Super-Famicom ne restera pas sur le côté de la guerre, et accueillera en 1998 sa propre mouture sobrement baptisée Super-Famicom Wars. Enfin, la Game Boy Advance contribuera à la célébrité de la série en important du Japon les épisodes Advance Wars (2001) et Advance Wars 2 : Black Hole Rising, et la Nintendo DS la confirmera en produisant également les deux opus biens connus que sont Advance Wars : Dual Strike (2005) et Advance Wars : Dark Conflict (2008). Au fil des épisodes, la série s'est graphiquement bonifiée sans pour autant se détacher de la charte simpliste optée depuis le début, tandis que son gameplay évoluait dans un sens ou dans l'autre en demeurant religieusement conforme aux épisodes les plus anciens. 

Dark Conflict, comme son nom le suggère, abandonne les aspects « rose - bonbon - guimauve - les - petits - oiseaux - qui - chantent » de son prédécesseur pour se tourner davantage vers le conflit proprement dit. Les premières phrases d'intro du jeu annoncent déjà la couleur (sombre, donc) : le monde a été dévasté, seul 1% de la population survit dans un désert apocalyptique où la lumière du jour n'arrive même plus à percer les nuages. La lose à l'état pur, se dit Ed. Ed ? Un petit jeune blondinet un peu fashion, gavé dès la naissance d'idées utopiques et un peu militaristes. Plus ou moins votre avatar, vous l'avez compris, ou en tout cas le héros de l'histoire, le type droit et courageux, parfait pour crédibiliser votre soif de guerre. Car, si vous n'avez pas touché aux précédents opus de la série, il est important de rappeler que Advance Wars contient le mot « Wars », et que le mot Wars signifie « Guerres » en français - ce qui implique de se retrouver à un moment ou à un autre sur le champ de bataille à en découdre avec un adversaire lui aussi avide de sang, plus ou moins. Rassurez-vous, John Rambo et ses penchants explosivement sanguinaires sont loin, Advance Wars parle de « tactique ».  

Tactic is fantastic

La tactique selon Advance Wars, c'est quoi ? C'est du tour par tour, tout d'abord, et tout est dans la qualification : vous jouez, puis c'est le tour de votre adversaire, et ainsi de suite. A chaque tour, vous pouvez déplacer vos unités, attaquer, produire, et occuper des villes, lesquelles vous fourniront l'argent nécessaire à votre production massive d'armes de destruction, le but étant d'éradiquer la vermine adverse (ou éventuellement d'occuper son QG, ce qui se révèle souvent plus ardu que la première option). Votre adversaire disposant exactement des mêmes possibilités que vous, il s'agira d'utiliser aux mieux les ressources allouées ainsi que la topographie du champ de bataille pour surpasser les forces ennemies et remporter la victoire. Tel est le cheval de bataille d'Advance Wars depuis sa création, simpliste au premier abord, bien pensé au second, et la recette de son succès dans le domaine de la stratégie.  

Dark Conflit, en soit, ne bouscule pas trop les règles établies, et les simplifie même parfois. Ainsi, le jeu revoit à la baisse le nombre de généraux ainsi que leurs attributs, et envoie paître les batailles en équipes si chères à son prédécesseur. Il n'est même plus possible de choisir son avatar en mode histoire ! Heureusement que celui-ci n'influera pas trop sur l'issue de la bataille, contrairement à Dual Strike. Nous pouvons l'affirmer, oui, supprimer les équipes de généraux apporte un poil plus de stratégie et égalise les chances, sans pour autant rendre le jeu plus difficile. Les généraux ont désormais une incidence directe sur le terrain : il est possible, via le QG ou une usine, de faire grimper votre général dans une unité et de faire bénéficier les unités adjacentes de bonus. Idée sympathique, mais pas indispensable. Egalement, tant que votre général est en vie, il remplit sa jauge de « rupture », et pourra à terme générer un superpouvoir assez moyen dans la plupart des cas.  

Niveau unités, les grands classiques de la série répondent toujours présents, tandis qu'un certain nombre est mis au rencart. Parmi les nouveautés, notons l'apparition du canon défensif, arme lourde de proximité et de distance bénéficiant d'une riposte importante, du motard, unité légère et rapide pouvant occuper des bâtiments, et du chasseur, petit avion sans grande utilité. Ces quelques changements ne parviennent pas à déséquilibrer les rapports de force entre unités, et il est parfois assez frustrant de constater que produire les unités les plus chères et les plus meurtrières ne mènera pas à grand-chose quand l'adversaire connaît l'unité qui les bloquera. Une frustration qui augure de très bonnes parties, cela va sans dire.  

Dark Conflict... Rise.


Si Dual Strike vous horripilait par ses coloris trop bariolés, Dark Conflit remet les couleurs à zéro. Le scénario se montre à la fois optimiste et pessimiste, présentant un monde dévasté et une population dérangée face aux jolies petites idées joyeuses de l'armée et de son commandant, prônant l'entraide et le partage. Les méchants horripilent par leur égoïsme et leur vilain égo, tandis que les gentils se montrent démesurément vertueux (et donc parfois un peu horripilant aussi), que demander de plus ? Une histoire cohérente ? Dark Conflict offre un scénario relativement conventionnel, prétexte à de multiples batailles dans des positions plus ou moins confortables. La plupart des scénarios présentent des caractéristiques uniques, comme l'apparition du brouillard de guerre, un missile sur le point d'être lancé, ou même un rapport de un contre cinq, de quoi relancer l'intérêt du jeu. Addictif, Dual Strike l'était déjà, et il ne se gêne pas pour contaminer son petit frère.

La technique n'évolue sur pratiquement aucun point. Le jeu garde sa charte graphique simpliste mais démesurément fonctionnelle, le jeu au stylet se montre pratique mais ne remplace en aucun cas les manipulations à la croix directionnelle, et l'indispensable écran du haut vous offre des caractéristiques techniques très utiles sur les unités et les lieux empruntés. La musique présente quelques thèmes assez intéressants, piochant dans la techno, le rock, ou l'electro. Petite nouveauté intéressante, il sera possible de zoomer plus précisément sur l'écran et découvrir ses unités en 3D - une petite option somme toute sans grande utilité puisque la lisibilité de l'action sans retrouve très réduite.  


En ce qui concerne les modes de jeu, on y perd pour y gagner. Outre le traditionnel mode histoire, relativement rapide puisque contenant « seulement » 26 champs de batailles (en occultant volontairement les batailles d'entraînement à débloquer sur la carte), le jeu vous permettra d'accéder à un mode mêlée (batailles à paramétrer soi-même) et à un mode multi-joueurs à plusieurs cartouches (celui proposé dans Dual Strike, une sorte de Action - STR n'utilisant qu'une seule cartouche, étant pour sa part mis à l'écart, ce qui n'est pas plus mal compte tenu de son faible d'intérêt). Le magasin disparaît purement et simplement, mais la contrepartie est de taille : un mode multi-joueurs en ligne ! Oui, vous allez pouvoir défier la planète sur une des nombreuses cartes à votre disposition, et si vous êtes boulimique, vous pourrez également télécharger des cartes faites par des internautes et produire les vôtres via un utilitaire très instinctif.

CONCLUSION

Comme on pourrait le constater en analysant l'évolution de la série au travers des âges, pas grand-chose ne sépare deux épisodes consécutifs d'Advance Wars. Dark Conflict est très proche de son prédécesseur Dual Strike sur de nombreux points, et malgré une ambiance plus mature et quelques changements niveaux unités, les habitués auront l'impression de n'avoir pas bougé depuis 2005. Un mal pour un bien, puisque Advance Wars fait partie de ces séries qu'on ne raccroche jamais vraiment, et l'apport d'un mode multi-joueurs n'a pas été fait pour arranger les choses. Dual Strike, Dark Conflict, kif - kif ? Faisons mon subjectif, je concède un demi point de moins à Dark Conflict pour son faible nombre de généraux et l'abandon du mode Dual.

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1 commentaires

  • Anonyme

    05/05/2008 à 19h52

    Répondre

    j'ai eu tous les advances wars et pour moi, ca a été  un choque: pas les meme images, pas les meme généraux. Au debut je voulait pas y jouer puis j'ai essayé j'ai bien aimé meme si la campagne est triste ver la fin(n'a pu O'Brian: a coup de mega canon c'est vache,pareil pour Carter) mais les images sont cool de plus,le WI-FI y est pour beaucoup 8/10

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