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Alice - Madness Returns - Test

11 ans après American McGee's Alice, l’héroïne la plus perturbée du jeu vidéo revient pour nous offrir un nouveau trip inquiétant et malsain dans un pays des merveilles, qui pour le coup n'a plus grand chose de merveilleux, et c'est tant mieux car sinon on risquerait de s'y faire suer sec !
Suivez donc le lapin sanglant et apprêtez-vous à faire un nouveau voyage mémorable au pays où tout est possible, surtout le pire !

Alice Lidell est une jeune fille plutôt perturbée. Seule survivante de l'incendie qui détruisit sa famille elle a sombré dans la folie et, totalement catatonique pour le monde extérieur, a dû reconstruire sa psyché ravagée en imaginant et traversant un pays des merveilles décrépi, malsain et terrifiant.
Telle était l'histoire contée aux joueurs dans American McGee's Alice, il y onze ans de cela. Dans Alice : Madness Returns (Retour au Pays de la Folie chez nous), la jeune fille a recouvré la raison mais est toujours en proie à d'étranges hallucinations qui la ramènent en un pays des merveilles redevenu complétement dément et qui, pense t-elle, ne prendront fin que quand elle saura qui est réellement responsable de l'incendie qui causa la disparition de tous ses proches.

Nous sommes tous fous ici !


Retrouvailles avec un vieil ami
American McGee's Alice
est un titre qui aura marqué tous ceux qui y ont joué à l'époque, pas pour son gameplay, mais surtout par l'ambiance glauque, malsaine et empreinte de poésie noire qu'y avait distillé son créateur, le fameux American McGee. Toujours aux commandes de cette suite, ce dernier ne renie pas ses délires et va même encore plus loin dans le visuel chtarbé. Ainsi Madness Returns est un vrai régal de personnages cintrés et de tableaux oniriques où la réalité sordide d'un Whitechapel de la fin du XIXème tout droit sorti d'un livre de Dickens et les fantasmes culpabilisants de la jeune névrosée se télescopent en permanence, dans un pays des merveilles toujours aussi malsain et dangereux que parcourt une Alice partie à la recherche des fragments de sa mémoire - fragments qui sont littéralement disséminés et parfois bien cachés dans les niveaux - et qui doit à nouveau lutter, au sens propre, contre ses démons. Et pour ce faire elle dispose d'un arsenal tout à fait dans la logique des territoires surréalistes et emprunts de symbolisme qu'elle explore. Outre son « fidèle » couteau de cuisine, avec lequel elle peut livrer des attaques rapides pour éventrer, découper et décapiter les ennemis, elle peut aussi sulfater grâce à un moulin à poivre qui crache la mort (et qui servira aussi à actionner des interrupteurs distants et assaisonner des « groins » qui lui donneront accès à des bonus), envoyer des lapins-bombes à déclenchement retardé, fendre les crânes avec un dada-massue et envoyer des salves fatales de thé-bouillant grâce à une bouilloire-lance grenade. Et toutes ces armes ne sont pas de trop car dans Madness Returns les aberrations (des gnômes-cuistots hargneux, des théières-cyclopes, des cartes-zombies, des crabes artilleurs, des guêpes samouraï ou bien encore des masses noires difformes arborant des crânes - et parfois plusieurs même - de bébés grotesques) attaquent souvent en groupe, ce qui donne lieu à des combats acharnés et très dynamiques (et toutes les armes peuvent être upgradées au fur et mesure du jeu, en échange de dents - oui, de dents - qu'Alice récupère dans des caisses ou après avoir cassé du streum). Heureusement la demoiselle à l'esprit dérangé dispose aussi de
Folie furieuse !
moyens de se protéger, comme une esquive très esthétique (elle se transforme en une nuée de papillons pour réapparaitre un peu plus loin), une ombrelle pour parer et renvoyer les tirs de projectiles et la possibilité de rentrer en mode « furie » et devenir intouchable pour un court laps de temps quand sa jauge de vie est au plus bas, ce qui se traduit à l'écran par un changement chromatique du meilleur effet !

Influences de taille


Un univers dangereux et envoûtant
Comme son aîné et comme l'on pouvait s'y attendre, le level-design de Madness Returns est donc un régal en termes de délire créatif psychédélique. Un visuel qui prend ses racines, bien sûr dans l'œuvre de Lewis Carroll, mais aussi chez Tim Burton (qui du coup s'est lui bien fourvoyé avec son Alice à lui, on ne me l'enlèvera pas de l'idée) ou Terry Gilliam (certains décors et les cut-scenes à base de personnages en papier font notamment penser, entre-autres, aux Aventures du Baron de Münchhausen et les "masses grotesques" semblent sortir tout droit des cauchemars de Jonathan Pryce dans Brazil), tout ça en quand même nettement plus violent, voire bien gore parfois. Et Madness Returns étant avant tout un jeu de plate-formes, Alice doit souvent sauter (elle dispose même de la capacité d'effectuer des jumps multiples) et peut également se servir de sa robe (de ses robes en fait, car elles changent à chaque niveau - et on peut aussi en télécharger, soit dit en passant) pour planer ou freiner sa chute quand elle tombe de haut. Elle peut aussi rapetisser à volonté (« bois-moi ! »), ce qui lui permet de détecter et emprunter des passages cachés invisibles à l'œil nu où elle peut trouver plus de souvenirs et d'items à collecter. Et, de façon assez surprenante, certains niveaux jouent la carte du jeu « à l'ancienne ». On se retrouve ainsi soudain dans un shoot'em up à scrolling horizontal ou dans un plateformer 2D, ce qui a pour effet d'aérer agréablement le gameplay.
On ajoutera au passage un petit mot sur la bande son du jeu : on ne retrouve Chris «  Nine Inch Nails » Vrenna que sur un thème, mais le reste de la partition composée par Jason Tai et Marshall Crutcher est totalement au diapason de la quête étrange et mélancolique d'Alice.


Le chat du Chesire est toujours aussi malingre,
quoique toujours de bon conseil
Tout envoûtant qu'il soit Madness Returns n'est cependant pas un sans fautes techniquement parlant. L'Unreal Engine (encore lui !) commence à se faire vieux et certaines textures peuvent être assez vilaines ou un peu limites de près. De même la caméra (encore elle !) peut se trouver parfois aux fraises lors d'un combat, rendant ardue la vision de ce qui se passe devant soi, ou faire qu'il peut être coton d'apprécier la distance qui sépare deux plate-formes. Pas très grave dans l'ensemble (si on chute dans le vide on réapparait généralement pas très loin de là où on s'est viandé), mais à certains moments ça peut devenir crispant (comme quand il faut se retaper une phase de sauts un peu longue, mais heureusement ce n'est pas souvent).

Suivez le lapin sanguinolent

Mais ces menus couacs n'empêchent pas pour autant de ne plus lâcher la manette si on est tombé sous le charme de ce pays des merveilles pour zinzins azimuthés du bulbe. Au bout d'un moment on finirait même par se sentir chez-soi, ce qui est plutôt une bonne chose car il faut bien compter une quinzaine d'heures au minimum pour cette petite visite des méandres de l'inconscient torturé d'Alice. De plus, et ce n'est pas rien, American McGee's Alice est téléchargeable gratuitement en plus de Madness Returns si l'on achète le jeu, alors dans ces conditions on ne s'attardera pas trop à jouer les pisse-froid !


Artwork préparatoire de Madness Returns
Et en cette époque où on nous propose surtout des produits calibrés pour plaire au plus grand nombre, et même s'ils ne sont pas parfaits, voir des titres à l'ambiance mature, décalée et originale comme Shadows of the Damned ou ce Madness Returns débouler dans les rayons fait en tout cas du bien. Ça rappelle que la porte du jeu vidéo n'est pas ouverte que sur les FPS guerriers et les jeux de ballons et que la créativité barrée est aussi un moteur essentiel du plaisir de jouer pour certains.

Ugh, j'ai dis !

 

 

 

Les +

Les -

+ Le retour d'Alice

- L'Unreal Engine qui commence à accuser son âge

+ L'ambiance malsaine sans concessions

- La caméra qui fausse parfois les distances lors des sauts

+ Le délire visuel de chaque instant

- La même caméra qui rend parfois les combats brouillons

+ La galerie de personnages fralés

- Quelques passages pénibles à recommencer

+ Le level-design maîtrisé

 

+ American McGee's Alice en bonus !

 

 

 

 

A propos de l'auteur

4 commentaires

  • nazonfly

    18/02/2011 à 15h24

    Répondre

    Je veux y jouer, je veux y jouer, je veux y jouer, je veux y jouer !

    Même si je n'y connais pas grand chose en JV, Alice est l'un des rares qui m'ait vraiment enthousiasmé. Quel univers génial à l'époque !
    Bizarrement sur les vidéos on a parfois l'impression que le graphisme est superbe et d'autres fois pas top (cf le feu dans la deuxième vidéo).http://jeux-video.krinein.com/ameri ... 15215.html

  • hiddenplace

    18/02/2011 à 18h13

    Répondre

    Zut je suis encore d'accord avec Naz : les vidéos donnent globalement très très envie graphiquement dans l'ensemble (pour le jeu et le scénario en lui-même, j'ai bien peur que mes nerfs ne soient pas assez blindés par contre ), sauf pour certains passages de la dernière vidéo, où ça me fait penser quand même à la surcharge visuelle de Tim Burton sur le sujet (le feu derrière la chenille notamment)
    Je n'ai pas joué au premier volet, cela dit... (il date de quand d'ailleurs ?)

  • nazonfly

    18/02/2011 à 21h48

    Répondre

    Dans la news, c'est marqué il y a dix ans. Mais sur Wikipedia, ils disent que c'est sorti en 2000. Où est la vérité ? Mulder et Scully sont déjà sur l'enquête.

  • gyzmo

    18/02/2011 à 22h18

    Répondre

    C'est sorti en 2001 en France. Je vous laisse faire le calcul !

    T'ention quand même : les vidéos de la news sont des cinématiques haute définition. Le jeu (la partie jouée) ne sera pas aussi réaliste et ressemblera plus à ça :




    (on appelle ça du "ingame")

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