8/10

Batman - Arkham Asylum - Test

Très beau design et un environnement angoissant et noir maîtrisé comme il se doit y compris grâce à une formule d'ambiance sonore très efficace. Toutefois le jeu, bien équilibré contient son lot de platitudes. Pas le jeu de l'année donc mais bon jeu quand même.

Batman Arkham Asylum est LA grande sortie de l'année à en croire le petit monde du JV. Il est donc temps de s'atteler à décortiquer les intestins de la chauve-souris préférée des enfants et des adultes et de son univers noir et malsain, élément indiscutable de nombreux cauchemars de gamins, sans parler de ceux du jeune Bruce Wayne et de la mort de ses parents sous ses yeux, mort qui le tournera vers un affront final à l'injustice sous les traits de ce chevalier noir, plus taciturne que jamais et à la cape d'une noirceur... délicieuse.

Batman Arkham Asylum est un événement pour de nombreuses raisons. Tout d'abord c'est une sortie Eidos Interactive notoire et on n'avait pas vu ça depuis Tomb raider, il y a de cela des lustres. Une nouvelle petite révolution potentielle pour le studio en manque de hit et qui devait jusque là s'accrocher au jupon de Lara en
attendant d'aller mieux. C'est aussi un grand moment parce que ce Batman est hérité directement de l'univers dessin animé, qui est probablement un des éléments les plus fidèles au mythe du justicier masqué de toute son histoire médiatique. On met bien sûr de côté le très récent Dark Knight de Christopher Nolan car ce dernier est relativement hors compète dans la catégorie portage raté. Et d'ailleurs il en va de même pour le film comme pour le jeu, en 2009, l'époque chevalier noir est en marche. Et si la qualité reste au rendez-vous comme il semble l'être, on sera heureux pendant encore de nombreuses années, mis a part les problèmes de paix dans le monde. Dernier élément de joie qui vient s'ajouter à cette liste, il s'agirait du "meilleur jeu de 2009" donc du grand gagnant potentiel de noël et c'est donc un probable futur mega blockbuster qui a eu la décence de se voir offrir un PEGI 16. Si je parle ici de joie, notez bien qu'il ne s'agit pas de celle que j'éprouve mais plutôt du frottage de mains que j'entends jusqu'ici de la part des maîtres de l'épouvante.

Les temps sont sombres, même pour Batman. Ce surhomme, guerrier des temps moderne et homme d'affaires playboy le jour, a revêtu ici son plus beau costume noir
(le même que d'habitude). Il n'a pas l'air heureux de vivre et son accrochage avec le Joker ne l'a pas laissé dans sa forme la plus optimale. Toutefois, une fois de plus vainqueur, le dos bien droit, il ramène ce fauve anonyme dans sa jolie maison d'Arkham pas tranquille du tout mais bon, c'est pas comme si il pouvait l'inviter au manoir de la famille non plus. Alors je ne spoile rien en vous apprenant qu'il s'échappe immédiatement et fait comprendre à Batman que le prisonnier maintenant c'est lui et qu'Arkham est devenu son île. Persuadé de la mégalomanie de son Nemesis, le sang froid de notre animal humanoïde ne fait qu'un tour (pour rien donc) et le voici qui s'enfonce doucement dans les méandre le l'île noire, enrobé de mystères verts et de sa furtivité féline.

Les cinématiques sont belles et utilisent le moteur du jeu ce qui laisse espérer une magnifique aventure visuelle. Et si c'est le cas dès le départ, on se rend compte toutefois des premiers éléments de déception quasi immédiatement. Lorsque nous commençons notre descente dans l'enfer carcéral, un léger coup d'œil au design
quasi parfait nous donne envie de nous rapprocher de toutes ces textures semblant vivantes pour s'apercevoir finalement de leur mort prématurée. Cet environnement dissimule en effet des textures qui ressemblent a de jolis sprites en 2D une fois l'œil collé dessus. Alors certes il s'agit de pointillisme quand on voit un résultat aussi probant mais les déconvenues ne s'arrêtent pas à ce léger détail. Sinon tout le reste est un sans faute graphique. Chaque pièce possède sa propre ambiance, laquelle évolue au fur et a mesure que l'histoire se déroule. Un coup en vrac à la suite d'une descente des hommes de main du Joker, on se retrouvera à nouveau dans la même pièce envahie par les plantes de Poison Ivy, laissant à notre imaginaire peu de place et à notre admiration une dimension certaine.

Les développeurs ont eu la bonne idée, en plus de magnifier tous les décors intérieurs et extérieurs, y compris la vue sur Gotham depuis la rive, de placer l'action dans les deux sphères en alternance. On passera beaucoup de temps à aller d'une aile de l'asile à une autre, en passant par les diverses portes blindés et miradors de l'extérieur avec pour bonne surprise un petit combat à presque chaque nouvelle incursion en territoire conquis par le grand farceur au sourire déformé. De même les phases de gameplay alternent entre baston, infiltration et travail de détective ce qui permet de ne pas se lasser. Car autant le dire tout de suite, on pourrait s'ennuyer très
facilement de tant de beauté pour si peu d'intérêt. Malgré un univers qui rend les courses poursuites de méchants toujours oppressantes, les phases de jeu en demandent peu. On peut assez facilement finir le jeu en normal et le difficile n'en demande pas beaucoup plus non plus, si ce n'est quelques morts supplémentaires. La décision de mettre un peu de tout finit par nous installer dans une linéarité assez prenante mais tout de même palpable dans laquelle on se repose parfois en essayant de résoudre les énigmes d'Edward Nigma, l'homme mystère. Et même ces dernières sont parfois ronflantes et tiennent plus du point and click que d'un véritable casse tête.

Les phases de baston sont assez entraînantes et jolies et tiennent relativement la distance notamment grâce à l'ajout du mode défi qui permet de se mesurer  à des groupes entiers de méchants (en exclusivité avec le Joker sur PS3 face aux gentils). Toutefois les différents types d'ennemis sont assez restreints et ils ne sont pas très souvent intelligents. Quand ils décident de le devenir, le gameplay fluide tombe un peu à l'eau et ne permet plus de regarder le beau spectacle martial que nous propose initialement le jeu. Il faut alors jouer plus de l'esquive que des liaisons plein pieds. L'ensemble reste très joli mais est parfois un peu terni par ces éléments. Les phases d'infiltration sont assez tripantes bien qu'elle consistent également en une répétition d'actions dont seule la variété de lieux rend intéressante la manipulation. Heureusement que l'univers est bien posé et que les multiples designs de l'île s'en sortent a merveille. La bande son est d'ailleurs très efficace pour rendre l'expérience complète.

On regrettera aussi énormément le côté insipide des batailles contre les boss qui sont rarement d'un intérêt fantastique, y compris la bataille finale qui malgré de bonnes idées visuelles n'en reste pas moins un exemple de facilité et de mise en situation à peine intéressante. Le pire de tous reste Killer Croc, dont l'élimination nous permet d'avancer après une longue souffrance dans des tunnels très mal rendus et monotones à souhait. Heureusement que le jeu est prenant et relativement
bien équilibré sinon touts ces regrets finiraient par nous donner des remords. Le design et le son sauvent tout ainsi que notre passion pour le justicier morne est triste qu'est Bruce Wayne. On retrouve tous les personnages avec plaisir, ils sont d'ailleurs génialement modifiés. Les voix françaises sont au top de leur forme même si certains trouveront à redire quant à celle de Batman, relativement effacée dans les cinématiques et autres moments clefs. Le vol reste d'une jouissance inaltérable et les petits accrocs sur la cape sont  aussi des éléments de la réussite de ce titre qui sait faire dans les détails ce qu'il ne sait pas faire sur le gros du jeu. Vous passerez également le plus clair de votre temps en mode sonar pour voir les ennemis et les éléments interactifs du jeu en surbrillance dans ce grand univers froid. Le sentiment de sécurité qui vous englobera alors vous donnera envie d'y rester. N'y cédez pas si vous voulez profiter un peu du design fabuleux que propose Batman Arkham Asylum.

Au final on a l'impression de vivre dans un conte de fée qui nous serait narré à la perfection mais dans lequel notre pouvoir d'action est limité. Certes cela correspond bien à l'envie de contrôle de la chauve-souris en chevalier noir solitaire et brutal mais au bout du compte, lorsque tout est fini et qu'on recherche encore les vestiges du passage le l'homme mystère dans l'île dépeuplée de ses démons, on se rend compte que l'ambiance est tout aussi agréable sans combat, que l'angoisse qui anime le lieu est bien plus qu'un excellent travail et qu'avec un peu plus d'inventivité, on aurait vraiment eu le droit au jeu de l'année. Au final il semblerait que non. Mais peut être pour la suite, allez savoir.

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