A DECOUVRIR
7.5/10

Silent Hill 2 - Test

La bonne idée que voilà ! Retravailler les grands succès consoles, en l'occurrence ici PS-2, pour les adapter sur un pc ! En mal de Resident Evil depuis déjà pas mal de temps, c'est avec joie que ma « modeste » bécane a accueilli Silent Hill 2 et son cortège de rues mal famées et de monstres luisants. Diantre, mais il s'agit d'un numéro deux.. ?
Et bien si la règle des deux affirme que sauf cas exceptionnel les suites de films sont toujours moins bien loties que les originaux, elle tend à s'inverser en ce qui concerne les jeux vidéos. C'est bien simple, un développeur raisonne principalement en termes d'améliorations, cherchant à perfectionner l'aspect graphique de son jeu, identifiant les défauts de jouabilité et les corrigeant, imaginant des nouvelles petites fonctionnalités, etc. On ne peut pas dire que le résultat est toujours forcément mieux, mais la plupart du temps on ne regrette pas l'initiative.
Bref, Silent Hill 2 s'inscrit dans une catégorie Survival - Horror plus Horreur que Survie, misant avec conviction sur l'ambiance malsaine de son environnement, ses capacités techniques, et surtout son scénario biscornu et plus si affinités. Bienvenue à Silent Hill...

Vous êtes James Sunderland, un beau jeune homme un brin mollasson, en proie à une torture psychologique digne d'un épisode de Au-delà Du réel : Sa femme Mary, décédée des suites d'une grave maladie il y a de ça trois ans, l'invite à la rejoindre à Silent Hill dans une lettre datant de seulement quelques jours. Bigre, Mary serait-elle toujours en vie..? James ne peut y croire, et pourtant le voici aux abords de Silent Hill. La ville est déserte, emmitouflée dans un brouillard épais comme un bottin. Maisons barricadées, bruits étranges et lointains, rues tachées de sang,.. Des traces de sang..? Oui, du sang humain, qui amèneront James à rencontrer une créature difforme et lisse, visiblement hostile à en croire sa volonté de lui vomir dessus..

Un homme normalement constitué se poserait alors toutes sortes de questions sur sa santé mentale, et s'enfuirait en hurlant à qui veut l'entendre (c'est à dire personne). Un homme anormalement constitué laisserait échapperait un pouffement dédaigneux et attraperait le premier morceau de bois (clouté) venu pour faire regretter à la créature d'être aussi hideuse. C'est le cas de James, vif d'esprit à défaut de corps, qui commence alors à découvrir les joies du survival - horror. Ce bâton, analogie du couteau des Resident Evil, deviendra certainement votre meilleur ami pendant les premières heures de jeu.
Tiens, j'ai encore fait une référence à Resident Evil.. ? Juste, puisque les deux systèmes de jeu se ressemblent à s'y méprendre. Les mêmes plans désaxés, les mêmes commandes (à part le fait de pouvoir straffer, c'est à dire faire des pas latéraux), des ennemis similaires par leur QI et leur agaçante lenteur, etc. Pourtant, Silent Hill sait se creuser une différence technique. Notamment en proposant au joueur de pouvoir replacer la caméra dans la majorité des cas, histoire de pouvoir mieux apercevoir l'ennemi rodant dans un angle mort de la caméra, ou, idée géniale, en fournissant une carte du terrain à explorer où James note scrupuleusement les endroits bloqués et ceux qu'il pourra revisiter plus tard.

Dans Silent Hill 2, les ennemis ne poussent pas des meuglements horrifiés à votre approche. A vrai dire, ils ne doivent même pas être pourvus de corde vocale, en admettant qu'ils aient une tête. Entre la table - « truc » mouvante, le « truc » à quatre jambes (deux en dessous, deux au dessus), le « truc » sans bras, le « truc » avec une tête de pyramide... On se demande vraiment où les gens de Konami vont chercher tous leurs « trucs ». Pour les repérer, rien de plus simple : A leur approche, la radio de James produit un grésillement plus ou moins important. Au joueur de replacer la caméra ou d'inspecter les couloirs pour découvrir ce qui produit l'interférence. Puis, quelques bons coups de bâton ou de fusil à pompe étoufferont les ondes négative des gêneurs et permettront à James de pouvoir écouter à nouveau Rires & Chansons (non je plaisante).

Les habitués des Resident Evil le savent bien, le but du Survival - Horror est d'économiser les balles et les soins, tout en résolvant les énigmes permettant d'avoir de nouveaux objets qui ouvriront de nouvelles pièces, qui à leur tour produiront de nouvelles énigmes, etc... Silent Hill 2 répond du même concept, à ceci près que vous passerez pas mal de temps à courir dans les rues de Silent Hill sans voir ne serait-ce qu'un petit « truc », et que vous ne manquerez certainement jamais ni de munitions ni de soins. Facile.. ? Certes, les ennemis sont vraiment très peu agressifs, et avec un peu de méthode ni eux ni les boss ne poseront de graves difficultés (il suffit de retenir qu'une fois à terre, un « truc » peut-être tué sur le coup en lui écrasant la caboche d'un bon coup de semelle). Les énigmes elles se révèlent un peu plus corsées, et un minimum de rigueur sera nécessaire pour ne rater aucun indice ou objet important. Rappelez-vous, tous les objets quels qu'ils soient trouvent leur utilité.
Cela peut par exemple aller de la pince pour couper des fils, à de simples clefs. Quelques objets, comme la photo de Mary, sa lettre, et un certain couteau ont une importance scénaristique sur le jeu, et peuvent déterminer l'issue de l'aventure parmi quatre fins différentes. Personnellement, et pour une raison bien floue, j'ai eu le privilège d'assister à la fin la plus pessimiste du jeu en premier lieu, mais certaines se présentent de façon plus optimiste tout en préservant la logique du scénario.

Justement, parlons du scénario. Je ne saurais être plus franc si je vous disait que l'histoire de Silent Hill et sa mise en scène sont les gros points forts du jeu. Petit chef-d'oeuvre d'introspection, balancé sans cesse entre le réel et l'imaginaire, le périple de James se présente comme une aventure glauque, à la limite du malsain, et suave à la fois, langoureuse. Ici, le jeu est au service du scénario, et non pas l'inverse.
Et cette caractéristique amène immanquablement un défaut : un joueur moyen ne mettra qu'entre 5 et 10h pour en voir le bout, si l'on exclue la possibilité qu'il a de refaire le jeu pour avoir toutes les fins (et la présence d'un mode hard un peu plus corsé). Et surtout, le côté trépidant de l'aventure s'affaiblit en plusieurs endroits, l'action devenant répétitive, et ne redevenant vraiment passionnant que sur la dernière partie du jeu (les révélations sur James).

Le passage d'une console à un pc (et vice versa) est réputée pour être une entreprise risquée. Mais c'était sans compter le savoir-faire de Konami, qui après l'adaptation très correcte de Metal Gear Solid premier du nom signe ici une transposition des plus réussis. La config demandée reste assez sobre au regard de l'ère technologique actuelle, et un bon 600 pourra le faire tourner si l'on décoche les petites options gourmandes. Un point noir, malgré un processeur ultra-compétent, il est possible que le jeu soit entaché d'un ou deux ralentissements dans certaines grandes pièces travaillées (lacune ne diminuant pas le plaisir du jeu, puisqu' apparaissant dans les moments calmes), à moins d'avoir une excellente carte graphique.
Et même si ce n'est pas ce qui se fait de mieux, reconnaissons que la modélisation des personnages n'a pas à rougir, un peu trop raide à mon goût mais vivante et précise jusque dans les faciès.
Surtout, une adaptation pc permet de s'amuser à s'en mettre encore plus les mirettes, en élevant la résolution ou en activant les textures haute définition. Il n'y a pas photo, Silent Hill est très très beau, le réalisme des décors et des vidéos rajoutant au côté macabre du jeu. Le filtre granuleux de l'image PS2, sujet à quelques controverses, peut toutefois ici être désactivé pour bénéficier pleinement de l'exploit graphique (les jeux d'ombre généré par la lampe de James sont à tomber). A noter également, les sauvegardes peuvent être effectués à n'importe quel moment, à l'inverse de la version PS2 qui ne le permettait qu'aux points de sauvegarde pré-définis (tout de même présents, libre à vous de vous remettre dans les conditions originales).

On salue également l'initiative de Konami qui adjoint au scénario principal de Silent Hill la petite annexe jouable sur Maria, exclusivité Xbox jusqu'à présent, une histoire rapide à terminer (moins d'une heure) révélant quelques ficelles complémentaires à celles mises à jour par James.

Conclusion, un petit bijou scénaristique d'horreur, un peu trop répétitif dans le jeu en lui-même mais indispensable par son scénario aux petits oignons, malheureusement très rapide à terminer. La qualité esthétique, incroyablement envoûtante, et celle de l'adaptation, presque parfaite, sera pour beaucoup le point de départ des fantasmes les plus alléchants : Mais à quand Metal Gear Solid 2 sur Pc.. ?

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4 commentaires

  • Anonyme

    03/05/2003 à 00h00

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    Mais de quel esprit torturé silent hill 2 sort-il ?! Cet univers glauque et macabre, ces personnages si étranges...
    ...tout simplement fascinant.

  • Anonyme

    25/09/2003 à 00h01

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    je nai jamais joué a un jeu aussi malsain que silent hill 2. Des creatures que lesprit humain ne peut pas identifier ( mi humaines, mi objets, camisolées...), des lieux identifiables a la realité mais remodelés de facon à ce qu'ils nous deviennent insuportables, bref, silent hill 2 joue avec notre esprit et notre santé mentale nous proposant une descente progressive vers la folie et les meandres les plus sombres de l'esprit humain... je met 9 car le 3 (int aux - de 18 ans) promet d'etre une oeuvre d'art de l'horrible,du malsain et de la folie ...
    Si vous voulez avoir peur, jouez a silent hill 2 . Si vous voulez devenir fou , attendez silent hill 3 .

  • shub_niggurath

    12/12/2003 à 00h02

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    Silent Hill... ou l'expérience vidéoludique la plus terrifiante...

    Je me considère comme un joueur averti et complet, pratiquant les jeux vidéos depuis la brave époque du Vic20 en passant par l'amstrad, l'atari ST, l'Amiga... et SH2, quelle expérience, la première version sur PSone ne m'avait pas laisser indifférent, mais ne m'avais pas plus choquer que les Resident Evil (Code Veronica est le meilleur)
    Par contre SH2 est complètement dans une ambiance Lovecraftienne. Des monstres que l'on voit peu et tellement proche de nous, glauque, sale et cauchemardesque, comme la ville et autres PnJ de l'histoire. SH2 on pourrait en parler dans un cours de philo (on accepte bien Harry Potter en cours de français au collège...), en effet, Silent Hill 2 dégage une atmosphère de "Qu'est ce qui se passe dans votre tête lorque vous n'acceptez pas la réalité", c'est exactement le cas de James, avec ses fantasmes, ses craintes, ses délires... Une vision de la vie de lâches, perdu dans les méandres d'une histoire tordue et malsaine. On ne ressort pas du jeu indemne, a moins d'être totalement insensible ou blaser. Silent Hill vous laisse un gout amère, de rouille et de moisi au fond de la bouche, à crisper le pad avec des mains moites toujours à l'affût du moindre bruits... ah! Le bruit, le deuxième héro du jeux, plus important pour moi que le graphisme (très réussi quand même...), la musique et les bruitages se marient à merveille avec le déroulement de l'histoire et la successions des évnènements, permettent de ressentir le grain de folie que monte durant tout la partie.
    Pour terminer, une personne qui veut se faire une idée du Survival Horror doit tester au moins SH2 ou 1, je ne peux vous parler du trois vu que je ne l'ai pas encore pris... SH2 est un jeu de la famille des cultes, qui ont un pouvoir de fascination et de test de genre, comme ICO, MYST, MONKEY ISLAND, des intelligents, rares ou rien n'est gratuit et tout se mérite...

    Cordialement votre
    Shub

  • Anonyme

    11/09/2004 à 00h03

    Répondre

    Après l'expérience traumatisante de silent hill premier du nom sur ps1, je me suis attelé au 2 sur pc.. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que konami a décidé de nous faire de plus en plus peur, et je tire mon chapeau à ceux qui arrivent à jouer plus d'une heure à ce jeu la nuit dans le noir.

    Le scénario, passablement tordu, renforce le malaise qu'on éprouve à évoluer dans cet univers cauchemardesque, et il restera pour moi un modèle.
    Bien sûr, on pourrait parler des petits défauts de gameplay, de la caméra parfois un peu capricieuse (même si elle s'emploie elle aussi à nous foutre la trouille), mais cela reviendrait à essayer de dénaturer un chef d'oeuvre vidéoludique, dont l'ambiance et la ligne scénaristique suffisent amplement à conquérir n'importe quel joueur..

    Bien plus immersif qu'un resident evil (à mon humble avis) et bien plus axé sur le phénomène de peur que ce dernier, silent hill est et restera une série à part..

    Néanmoins, on peut noter que concernant silent hill 4, qui va bientôt débarquer sur nos consoles, konami a opté pour une démarche beaucoup plus arcade, nous gratifiant de monstres de plus en plus imposants et d'armes de plus en plus destructrices. Espérons que cela ne sera pas au détriment du charme glauque qui fait le génie de cette série

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