7.5/10

Bionic Commando - Test

Un très bon compromis d'action et d'aventure pour ceux qui veulent passer un grand moment d'apesanteur rappelant un peu Prince of Persia et légèrement Mirror's edge. Un grappin qui vous emmènera loin mais pas non plus jusqu'au pays des rêves.

Bionic Commando est la nouvelle version d'un jeu qui fut en son temps un grand classique de l'Amiga et de l'Amstrad CPC dans les salons d'une autre époque, cette douce et tendre période spatio-temporelle où les jeux étaient en 2D et se basaient sur un gameplay pointu et des actions rapides dans des milieux pixélisés de haute voltige. D'ailleurs Bionic Commando fut repris deux ans après sa sortie de 1988 pour accompagner le catalogue de la NES. C'était il y a plusieurs décénies maintenant et les choses ont bien changées. Aujourd'hui The Terminator semble même avoir vieilli côté effets spéciaux.

Le scénario du jeu n'a jamais été son point fort a priori. Et il faut dire que Capcom réitère ici son exploit de profondeur abyssale dans ces parages. Cela n'empêche pas le personnage principal d'avoir un caractère très prononcé et des traits efficaces qui s'identifient imédiatement et avec un naturel qui force du coup l'admiration. Après tout c'est un jeu d'action/aventure et on aurait tort d'essayer de
se trouver des excuses pour prendre son pieds à défourailler du méchant ou à jouer au Tarzan des jungles urbaines. Vous êtes donc un homme bionique issu d'une lignée d'hommes bioniques utilisés par le gouvernement pour faire le sale boulot eu égard aux capacitées spéciales de vos implants (entre autre un gros bras qui fait grappin). Mais il y a de cela quelques temps, après avoir sauvé la terre vous êtes devenus des parias parce que vous êtes ... différents. Certains ont fui, d'autres sont morts, et vous faites partie de la catégorie des enfermés à vie. Mais le monde est en danger et vous êtes son seul espoir et comme on a de quoi vous motiver (une vague copine censée être morte ou disparue depuis votre incarcération) il va falloir rempiler. Vos cheveux ont poussés dans tous les sens et c'est l'époque de la coupe rasta, très loin de la coupe Duke Nukem de Bionic Commando Rearmed, refonte totale du titre initial sur le Playstation Store ou la plateforme Xbox live Arcade. 

Le gameplay est un peu difficile à prendre en main en ce qui concerne le grappin mais une fois la première  demi heure passée à se foirer  en s'explosant dans les
endroits les plus variés on s'en sort plûtot bien et c'est alors la foire à la saucisse. Mais la difficulté du soft est assez poussée pour nous empêcher de nous reposer sur nos lauriers et il faut bientôt planifier son parcours tel un jeune prince de perse à la dexterité surhumaine. Le jeu devient alors fort intéressant et le plaisir de surmonter les obstacles booste énormément notre égo de joueur un peu blasé. On est face avec Bionic Commando à un jeu de plateforme en 3D et sans plateforme. C'est du pur bonheur à l'élastique mécanique bien huliée.

Les graphismes ne sont pas en reste et on se retrouve dans des environnements très variés qui laissent un goût de voyage fugace imprimé sur nos rétines gustatives. C'est un agréable moment que nous passons dans les ruines de la ville bionic_3_250
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explosée qui nous fait penser à un Fallout 3 aux textures réussies de près comme de loin. Bien que le flou artistique qui englobe l'horizon fasse un peu penser à une limite graphique déguisée, il semble pourtant que ce soit un choix assumé et bien intégré à l'ensemble. Joli sans trop en faire, l'emballage du soft se laisse vivre, à la fois dormant  d'une beauté glacile et d'un caractère actif assez fort. Les vols planés sont d'une rare jouissance et nous laissent dans un état d'apesenteur très concret dans l'expression de son esothérisme.

On sera un peu frustrés des pseudo limites de notre espace de jeu tout de même. Ces dernières sont positionnées un peu partout par la bienveillante alerte d'une
menace nucléaire mortelle. C'est d'autant plus dommage que souvent on atterit en plein dedans et il est trop tard pour y survivre. Et il faut alors tout recommencer de son périple ce qui fait parfois un peu rager en plus de prendre du temps. Mais le decors est assez agréable pour nous donner envie de chercher d'autres routes là où l'immensité de l'espace libre n'en présente pas au premier coup d'oeil. On est aussi peinés de ne pas pouvoir faire trempête et de mourir parfois dans 15 cm d'eau sans espoir de pouvoir s'en sortir. 

C'est donc un très bon jeu que nous livre Capcom, à l'interface épurée mais soignée et aux composantes bien intégrées même si on regrettera  fortement la présence de quelques petits désacords et quelques ronflements intempestifs dans l'exploitation des capacités techniques de la console et dans la gestion des décors. Si ces derniers sont maquillés avec talent, ils n'en sont pas moins présents.

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