6.5/10

Black Mirror (The) - Test

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Tout le monde s'est réuni autour de la dépouille du vieux William Gordon. Même le jeune Samuel, de retour d'un long exil à Black Mirror, vaste propriété familiale à l'histoire mouvementée, pour rendre hommage à son grand-père dont les derniers jours auraient été animés par de curieuses activités. Cela explique sans doute pourquoi William a été retrouvé empalé au pied de sa tour. Face à l'immobilisme des autorités qui semblent vouloir classer l'affaire, Samuel décide de prendre les choses en main et de trouver le(s) coupable(s). Il devra pour ce faire affronter des autochtones peu disposés à le soutenir afin de remonter la piste d'un passé lourd de secrets.

livre_ancien
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L'histoire revêt les allures d'un polar horrifique saupoudré d'impertinence. Plutôt bien ficelé, le scénario plonge le joueur dans une sinistre enquête où les étranges individus de la propriété Gordon dissimulent tous des choses pas très nettes. Samuel Gordon, l'aristocrate britanique que vous incarnez, n'est pas épargné par le côté sombre de la force. Attendez-vous à être surpris(e) par son arrogance et son agressivité vis-à-vis de ses congénères. Et pour ceux qui ne le trouvent pas assez antipathique, dans certains circonstances dialoguées, deux types de réactions/réponses vous seront même proposés : amabilité ou agressivité. Le jeu prend donc en compte un peu de la personnalité du joueur, mais de façon artificielle car un Samuel plus sympa que désagréable n'aura pas d'incidences sur ce sombre script, seulement interdit au moins de 12 ans.

La prise en main de The Black Mirror est instantanée. Fidèle à l'esprit du point'n click, le gameplay a été pensé de sorte à simplifier au maximum la vie du joueur. Coutumier : quand votre pointeur de souris trouve des éléments intéressants dans le décor (fixe en 3D précalculée), il vire au rouge et une inscription correspondante apparaît au-dessus de l'écran. Inhabituel : un clic sur le bouton gauche incite Samuel à examiner, tandis qu'un clic droit le pousse à interagir avec l'élément. Commode : lorsque vous engagez une conversation, la partie réservé à l'inventaire (situé en bas de l'écran) laisse place aux symboles représentant les sujets de discussion. Ceux-ci sont entièrement écoutables et, tout comme les objets, disparaissent lorsqu'ils n'ont plus de rôle à jouer dans l'histoire.

ballade_nocturne
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La mise en scène n'est pas extraordinaire mais réserve quelques surprises. En plus des compositions musicales parfaitement adaptées à l'atmosphère du jeu, certains artifices maintiennent le joueur dans un petit état de stress non négligeable. A plusieurs reprises, la vie de votre personnage sera en danger et si vous ne voulez pas voir le nom "Samuel Gordon" gravé sur une pierre tombale, il vous faudra réagir vite avec les moyens du bord (ou sauvegarder souvent). De petites cinématiques réalisées en 3D et de facture respectable viennent ponctuer le jeu entre chaque chapitre ou surgissent à des moments précis pour tenter, avec plus ou moins de succès, d'alimenter l'angoisse du joueur.

Joli esthétisme des décors contre design bâclé des personnages. La propriété des Gordon jouit de nombreuses architectures gothiques soignées (manoir, catacombes, église, bourg...) et de petites animations environnementales discrètes mais immersives qui campent assez bien l'ambiance typique des films d'épouvante d'antan. Les concepteurs sont même allés jusqu'à mettre en place des atmosphères différentes d'un même lieu suivant qu'il y a grand soleil, gros orage ou pleine lune. Par contre, on ne peut pas en dire autant des vingt et quatre personnages secondaires qui souffrent d'une modélisation grossière et d'animations soporifiques. Cela donne envie de leur mettre des coups de pied au derrière pour les bouger un peu !

puzzle
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Puzzles et énigmes n'offrent pas de réelle résistance. Avec quelques bases en astrologie, en horoscope et en latin, les énigmes se font les doigts dans le nez et sont sans surprise. Quant aux puzzles, ils sont sympathiques mais rudimentaires, allant même jusqu'à se recycler entre eux. Ainsi, la progression est tellement rapide que les six chapitres de The Black Mirror défilent à une vitesse folle. Enfin, je dis «vitesse folle», je dis rien... Pour prolonger un peu beaucoup la durée de vie du jeu (comptez une trentaine d'heures), les scénaristes n'hésitent pas à vous faire poiroter. Par exemple, lorsque vous interrogez un spécialiste pour déchiffrer un document, celui-ci vous demandera de revenir plus tard afin de lui laisser le temps de répondre. A la longue, les allers-retours incessants tapent sur le système et confrontent le joueur à la frustration.

Pour conclure, il est dommage que l'histoire sombre et torturée soutenue par une belle ambiance fantastique soit massacrée par un doublage voix médiocre dans sa version française. D'autre part, certaines situations incohérentes et l'importance des copieux clichés font que, sur l'ensemble, le jeu n'est pas parvenu à totalement m'accrocher. Quant aux indices récoltés au fil de l'aventure, faute aux grosses ficelles du scénario, ils m'ont amené à trop vite comprendre le terrible fléau qui rôde sur les terres de Black Mirror. Un jeu d'aventure loin d'être un grand titre mais la petite équipe de Unknown Identity réalise là un travail honorable, tout de même vendu à 15 000 exemplaires en France (source GFK février 2004). Ce n'est pas rien.

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