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Blair Witch Volume 1 : Rustin Parr - Test

Le Projet Blair Witch. Une poignée de dollars, un camescope... et un véritable monument de trouille. En ces années d'effets spéciaux plus ou moins heureux, les réalisateurs nous avaient rappelé ce qu'était la peur du noir et de l'inconnu. Un film quasi-amateur, mais efficace et inquiétant. Pour ne pas dire culte.

Blair Witch en jeu... C'était là, devant moi, dans de jolies boîtes. J'en salivais d'avance. Je m'imaginais courant à travers les ronces et les hautes herbes en pleine nuit, priant pour que ma lampe ne tombe pas en rade, pendant qu'autour de moi retentissent de sinistres rires d'enfants. Je pensais à ces nuits blanches que j'allais passer dans une tente de mauvaise qualité, guettant tremblant de peur le moindre bruit. Et qui sait, découvrir enfin une explication à une fin bien ambiguë. Las, la réalité fut toute autre...

Blair Witch : Rustin Parr nous place dans la peau d'une investigatrice d'une étrange organisation chargée (en gros) de débarasser la Terre de quelques vermines paranormales. Citons en vrac les zombies, les fantômes, les vampires et autres sorcières. Intriguée par d'étranges meurtres d'enfants dans le Comté de Burkittsville, notre héroine décide d'y voir de plus près avant de comprendre que l'enquête sera moins pépère que prévue. Et c'est parti pour la castagne.
Oui, vous avez bien lu : castagne. Le moins que l'on puisse dire , c'est que c'est surprenant : exploiter la licence Blair Witch en survival gore, il fallait oser. Mais finalement, on se laisse porter par la surprise et force est de constater que le résultat tient la route. L'ambiance est sombre, les graphismes agréables, l'hémoglobine gicle gentiment, l'adrénaline monte tranquillement. De plus, le jeu est rempli de petits clins d'oeil au film. On trouvera ainsi de vieilles maisons glauques, des escaliers bien raides, quelques analogies de noms et une vue nocturne à la première personne qui rappelle la caméra brinquebalante du métrage. Etant de toute façon un peu hermétique aux jeux d'aventures, la possibilité de finalement troquer une excursion en forêt contre un bon flingage n'était pas pour me déplaire. Mais une fois encore, j'ai déchanté...

Blair Witch, malgré ses qualités, a un défaut énorme : la maniabilité. Ce jeu est absolument injouable ! Et les réglages compliqués des options n'y feront rien. La caméra se place mal, les mouvements sont lents et desordonnés et malgré la visée laser, toucher sa cible relève de l'exploit. Reste la solution de passer en vision de nuit, plus pratique car subjective. Une solution qui a ses limites compte tenu du graphisme exécrable dont elle bénéficie, qui rappelle un peu Canal + sans décodeur. Le pire est sans doute que la vision de nuit se révèle par endroit indispensable pour progresser. Autant dire qu'on progresse en souffrant avant de prendre rendez-vous chez l'ophtalmo.
Apprendre que Blair Witch : Rustin Parr pique quelques éléments du jeu Nocturne, dont le moteur graphique et quelques personnages (nous retrouvons l'Etranger, héro dudit jeu), ne surprend pas. Nocturne souffrait en effet des mêmes problèmes de jouabilité, malgré un scenario jouissif et original.

Blair Witch Volume 1 : Rustin Parr est un jeu qui aurait gagné à exploiter à fond sa licence. Traité de manière plutôt molassonne, le titre se révèle être un survival honnête sur le fond mais insupportable sur la forme, malgré les graphismes et quelques moments de pétoches bienvenus.

Un premier opus qui ne m'a pas donné envie de toucher aux deux suivants...

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