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Blue Estate - Le test pute

On va encore dire que je suis blasé et mauvaise langue mais Blue Estate a un goût si étrange qu'on a du mal à le considérer comme n'importe quel jeu. On est obligé de s'engager. Et ce ne sera pas à son avantage. Vous voilà prévenus.

Je ne les connais pas, mais je suis persuadé que les gars de chez He Saw, un studio de développement de Paris, doivent être une bande de fous furieux. Franchement, il faut être un brin inconscient pour imaginer que sortir un rail shooter en 2014 est une bonne idée. Il faut encore être plus fou pour penser qu'utiliser des femmes peu vêtues et à fortes poitrines permette d'avoir un bon accueil du public, déjà bien occupé par tout un tas de combats sur le féminisme dans le jeu vidéo.


L'homme au pistolet d'or ? La femme stripteaseuse classe, le félin... BEURK.

Alors, bravo les gars. Vous en avez des grosses. J'imagine que Blue Estate va répondre à une demande segmentée du public, qu'il y aura toujours quelqu'un pour s'intéresser à un jeu avec une grosse dose d'humour, un peu d'érotisme et des gros flingues. Mais peut-être aussi que si Duke Nukem Forever a fait long feu, c'est que la communauté des joueurs a évolué. Ou peut-être pas, vous devez le savoir mieux que moi. Surtout maintenant que vous devez commencer à avoir des chiffres de ventes. 20 euros pour chaque exemplaire de ce rail shooter vendu, c'est beau.


Dans Blue Estate, l'érotisme est partout.

 C'est un peu là tout le problème de Blue Estate. Derrière l'adaptation d'un comic qui a l'air de tirer de grosses ficelles pour plaire (j'espère que les fans du comic de Viktor Kalvachev sauront me convaincre qu'en réalité tout ceci est d'une finesse extrême), il y a surtout un rail shooter. House of the Dead, Virtua Cop, des titres qui ont su nous faire de l'oeil dans les bornes d'arcades... Mais c'était à la fin des années 90 - je suis un peu mauvaise langue, il y a eu des réeditions, trop récentes -. Depuis, le genre s'est maintenu uniquement grâce à l'arrivée de Kinect et autres PS Move, des contrôleurs idéaux pour ce genre de gameplay. Certes, Child of Eden a eu son heure de gloire, mais ça c'est parce que l'on était encore sous le charme de Kinect.

Ce n'est sans doute pas par hasard que le jeu est distribué uniquement via téléchargement. Et ce n'est pas non plus une coïncidence si le prix de Blue Estate ne dépasse pas les deux dizaines d'euros. UN RAIL SHOOTER ! Franchement, quelle idée  !


Quoi de mieux pour agrémenter un niveau qu'une sirène aux gros seins ?

Une fois que l'on a mis de côté nos a priori dus aussi bien au style de jeu qu'à ses babes exploitées, on peut enfin se concentrer sur l'essentiel. Le jeu. Et pour le coup, sans surprise, c'est du rail shooter. Du bon gros rail qui tâche. Le genre qui aligne les ennemis non par dizaines mais plutôt par centaines. Un flingue, de temps en temps une montée en puissance via, par exemple, un shotgun, du slow motion, des ennemis par centaines - oups, je l'ai déjà mentionné-. Et surtout, beaucoup d'humour. Du gros, qui tâche, encore une fois. Vous comprenez bien que ce sera rarement fin. Mais c'est aussi assez drôle, il faut bien l'admettre, lourd de références multiples.


Laser, cimetière.

Tout ça pour dire qu'il y a 7 niveaux, qu'il faudra quelques heures pour tout terminer, que vous recommencerez certainement pour améliorer vos scores, ou alors que vous arrêterez toute la machine dès le second niveau. A vous de voir, mais c'est, encore une fois, un rail shooter. Dans le genre c'est plutôt bien fait, si ce n'est l'univers qui, bien que drôle, n'est pas fréquentable, et la jouabilité qui, bien qu' à première vue sympathique se révèle au final éprouvante. En clair, utiliser la manette en la manoeuvrant comme un PSMove, ça marche plutôt bien mais... il y a un énorme mais... la visée centrale se désynchronise sans arrêt.

Bien conscients de ce souci les développeurs ont d'ailleurs mis en place un recentrage accessible via un bouton. Quand il y a peu d'action, c'est bien suffisant et jouable. Mais aussitôt qu'une nuée d'ennemis apparaît, qu'il faut tirer d'un côté, puis de l'autre, puis revenir... on perd la visée centrale et on perd, de fait, le fil.
C'est d'autant plus dommage qu'on ne peut pas tout simplement utiliser les sticks de la DualShock pour diriger la visée.


Grrrrr ?

Alors, comment ne pas dire autre chose que du mal de ce Blue Estate ? J'aimerais pouvoir ne retenir que les points positifs, notamment parce que la réalisation est plutôt bien faite et que l'humour est là. Mais ce serait oublier que l'on ne veut plus voir ce genre d'univers dans les jeux vidéo.


OKFC : les meilleurs hamburgers du monde. Avec de gros seins sur l'affiche, bien sûr !

A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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