6.5/10

Bons baisers de Russie - Test

Cette semaine, retour sur le SEUL jeu de la licence James Bond à mettre en scène le Bond ultime, et avec la voix de Sir Sean Connery siouplait !

Pour vous décrire ce jeu, il me faut dans un premier temps faire référence au film dont il est l'adaptation plutôt fidèle, du moins dans le déroulement de l'action qui suit le scénario original. Car pour les besoins du jeu l'aspect combat/tir est bien plus développé : il y avait quand même, selon mes souvenirs, moins de fusillades et d'explosions à l'origine. Ce parti pris est compréhensible pour permettre au joueur d'être actif, l'aspect relationnel bien présent dans le film n'est évoqué ici que dans les cinématiques de transition. Le roman de Ian Fleming sorti en 1957 est porté à l'écran en 1963 par Terence Youg (réalisateur des premiers James Bond : James Bond contre le Dr No -en 1962- et Opération Tonnerre -en 1965-), il s'agit donc du deuxième film de la série.


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L'organisation criminelle, le SPECTRE, compte discréditer les services secrets britanniques en piégeant son plus éminent représentant, l'agent 007, en faisant miroiter au MI6 l'obtention d'une machine à déchiffrer les codes secrets soviétiques, objet certainement fort convoité vu le contexte géopolitique. (Est-ce bien utile de préciser que l'action se déroule en pleine Guerre froide ? Non ? Trop tard, c'est fait ). La machine serait donc confiée à James Bond par une charmante transfuge soviétique désireuse de passer à l'Ouest, plus précisément en utilisant l'Orient Express sous la protection de notre espion. L'action se déroule principalement en Turquie malgré le titre qui pourrait prêter à confusion. (Les curieux iront jeter un œil à l'avis sur le film).
Tout est construit pour plonger le joueur dans l'ambiance et le faire s'identifier au premier des 007 : Sean Connery. C'est même lui qui prête sa voix à son double numérique (ce qui encourage à jouer en VO). Tout y est : le lion de la MGM, qui lance le générique introduit par le classique gun-barrel et la jaquette s'inspire grandement de l'affiche d'origine. On s'y croit vraiment. D'autant plus que les cinématiques sont de bonne qualité et que la modélisation des personnages est honnête.

Le système de jeu n'est pas bien compliqué, notamment au point de vue du tir ; il suffit de «verrouiller» l'adversaire et de tirer, ce qui est parfaitement adapté pour les joueurs de ma trempe : à savoir, ceux qui visent mal, qui paniquent en voyant arriver un ennemi (surtout le gros méchant avec une chapka en poil de phoque et une grosse mitraillette, celui-là me faisait peur et m'a dézinguée plus d'une fois), bref ces joueurs qui, du coup, « arrosent », je dirais même « sulfatent » tout l'espace en espérant qu'une balle perdue fera bien l'affaire pour se débarrasser des vilains. Cela peut être un point vraiment négatif pour les adeptes de jeux de tir et les accros de la précision, de même que les mouvements de caméra ne sont pas forcément très propices à une vision efficace des adversaires.
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dem pour l'aspect « espionnage » qu'on pourrait légitimement attendre d'un titre rendant hommage au plus célèbre des espions. La furtivité n'est pas franchement mise en valeur (tant mieux pour ma part, la discrétion n'étant pas non plus mon fort). Les objets bondiens (montre-laser, valise piégée, boutons de manchette sonores) sont utilisés pour ce qu'ils sont : des gadgets. C'est sympathique, c'est un autre moyen de nous plonger dans l'ambiance mais ce n'est pas non plus transcendant (bon, d'accord des fois ça sert bien, notamment le gilet pare-balles). Les armes ( pistolet, mitraillette, bazooka, fusil de sniper, pistolet à fléchettes...) sont améliorables avec des  « points de recherche » collectables au cours du jeu (par exemple en fouillant les tiroirs et les dossiers), ces « points de recherche » permettent à notre fidèle Q de développer la puissance des armes, la capacité du stock de munitions...
Au fur et à mesure de l'aventure, le joueur a la possibilité d'utiliser des véhicules variés (un jet-pack, une Aston Martin - on va pas dire que ça fait pas plaisir -, des bateaux) que vous ne trouverez pas  forcément très maniables (pas de moqueries messieurs les rédacteurs de Krinein…Je sais que les clichés ont la peau dure :  « femme au volant… ! » Remarquez, y en a qui sont là rien que pour critiquer, il paraît !)

Parlons un peu des différents niveaux : ils sont au nombre de 14 ( plus 4 niveaux bonus ).
Le premier niveau ne correspond à aucune scène du film, il sert de tutoriel et permet de découvrir un peu les armes et la manière de s'en servir. Pour le plaisir je vous le raconte, de toute façon comme c'est au tout début juste après le générique, c'est pas non plus comme si je dévoilais un secret mystérieux.     James Bond traverse Londres dans son Aston Martin en se croyant visiblement dans Taxi 1-2-3-4 et même 5 (y'a pas de 5 ? Je sais pas j'ai pas vu les autres non plus). Il arrive à la soirée de l'ambassadeur espérant se goinfrer de chocolats à la noisette et à la pâte à tartiner, mais non ! Ce n'est pas la soirée de l'ambassadeur mais celle du Premier ministre ! D
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u coup « pas de bras pas de chocolat » et 007 se console en réclamant son « dry-martini, au shaker pas à la cuillère ». Bon on va pas passer la soirée à s'enivrer, va falloir que ça bouge un peu, non ? En fait, James, il est pas là pour faire tapisserie ou se rincer le gosier aux frais de la princesse (de la reine en fait) mais pour protéger la fille du Premier ministre (une blonde sûrement évaporée - ma jalousie féminine s'exprime -) car elle est menacée d'enlèvement (et elle a l'air de pas mal s'en balancer vu comment elle glousse devant un parterre d'hommes). Bien sûr la menace se réalise et des hommes en tenues de combat débarquent pour mettre la pagaille à la soirée chic. Et là on a envie de dire : 1 / bien fait, 2 / on va pouvoir commencer à jouer, et c'est effectivement à ce moment là qu'on prend notre James en main (si je puis dire).
Le deuxième niveau correspond au pré-générique du film avec une exploration d'un labyrinthe végétal et des méchants cachés partout dans les recoins. Pour le coup je ne vous raconte pas la fin du niveau qui peut être déroutante ( 2 secondes ) pour qui n'a pas vu le film...
Le reste correspond fidèlement au déroulement du scénario ce qui permet de relativement varier les situations (course poursuite en voiture dans les rues d'Istanbul, défense du camp gitan, combats dans une gare).
Les niveaux bonus sont déblocables grâce à des récompenses à obtenir au fil du jeu car chaque niveau recèle des documents secrets à trouver. Il faut par ailleurs compléter le niveau en mode « espion 00 » , tuer un certain nombre d'ennemis, finir le niveau dans un temps limité et enfin accomplir « l'exploit 007 » différent à chaque stage (pour les fainéants comme moi qui tentent tout en « novice », faudra refaire ! On va dire que ça augmente la durée de vie du jeu).

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Un mode « multi-joueurs » est aussi disponible, et disons qu'il est plutôt anecdotique. Il se compose de 2 types de matchs : « survie royale » où on peut jouer une série de manches,  et « jouer maintenant » qui se joue en une manche unique. 3 styles d'affrontement sont disponibles : « classique » où il faut éliminer ses adversaires, « sabotage » où il s'agit d'aller poser une bombe chez l'adversaire, qui bien entendu tente de faire de même ; la première bombe qui explose fait évidemment gagner son équipe (on peut bien sûr tenter de désamorcer la bombe posée par l'adversaire). Et enfin, il y a le mode « combat aérien », qui est comme le mode classique mais en jet-pack (bonjour la maniabilité !). Ce mode « multi-joueur » peut être vite lassant. Mais bon, personnellement j'aime bien ma petite tranquillité et jouer toute seule dans mon coin exactement comme quand je lis un bouquin, et je n'ai pas de carte « bon client multi ». En plus, il faut convaincre un volontaire de son entourage et passionné de James Bond de jouer avec soi – car sur PS2, pas de possibilité de jouer en ligne.


À l'époque ce jeu m'avait laissé un agréable souvenir mais en le reprenant aujourd'hui pour le chroniquer, je me rends compte des défauts qui, sur le coup, ne m'avaient pas plus choqués que ça. Peu importe néanmoins, je pense qu'on peut le conseiller à ceux qui aiment l'univers de James Bond et aux curieux pas trop stricts sur l'aspect «  espionnage/infiltration/jeu de tir ». Car finalement il s'agit plus d'un jeu d'action mettant l'accent sur la retranscription de l'ambiance du film, et sur ce point on peut dire qu'on est vraiment plongé dans le charme des films « à l'ancienne », dans les James Bond du début qui font maintenant partie de la culture collective.  Bons baisers de Russie se comprend comme un film à jouer et je pense que c'est précisément là son intérêt, certains diront son SEUL intérêt, ce qui n'est pas faux mais je trouve que c'est déjà bien. En tout cas jouer à être le James Bond d'origine, c'est plutôt plaisant. Surtout si vous avez acquis le jeu pour une somme modique. Payer plein pot aurait effectivement été décevant.

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