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Bravely Default - sans défauts ?

Le coup de foudre existe, je l'ai rencontré ! Il s'appelle Bravely Default, il est apparu au Japon en octobre 2012, et il fait parler de lui depuis sa naissance ! Vu de loin, pas grand chose de nouveau à se fourrer entre les mains, Bravely Default est un JRPG assez vieille école, avec des combats au tour par tour, des rencontres aléatoires, une musique assez classique, des tartines de dialogues, un scénario relativement neuneu, et une difficulté assez importante. La bonne nouvelle, c'est que cela ressemble à des défauts, mais que dans le cas de Bravely Default, ce sont des qualités !

C'est bien simple, c'est comme si un Game Designer était rentré en salle de réunion et avait déclaré devant ses collègues : "Les gars, aujourd'hui j'ai envie de faire un JRPG, mais un PUTAIN de JRPG dont tout le monde se souviendra encore dans dix ans ! On va tout prendre, le tour par tour, les combats aléatoires, les jobs, et on va faire en sorte d'être les meilleurs dans le domaine ! Qui est avec moi ? " Et le plus beau dans tout ça, c'est que ce type, Kensuke Nakahara, a choisi la 3DS pour utiliser précisément les spécificités de la portable ! Alors, quand on est de bonne foi et qu'on ne prend pas les joueurs pour des idiots très nostalgiques, forcément on se récolte une bonne note. Dans tous les tests.


DR.
Oui, Bravely Default a des combats au tour par tour.
Mais il n'entend pas faire du copier coller. Chaque personnage réalise une action par tour, décidée au début et résolue selon les vitesses des protagonistes. La nouveauté, c'est qu'il est possible de mettre son personnage en mode Default (en défense) et de garder une action en réserve. À un tour prochain, il suffit de mettre son personnage en mode Brave pour disposer de deux actions au lieu d'une, et le procédé peut être utilisé jusqu'à quatre actions en un seul tour. Encore plus pervers, on peut consommer des actions en mode Brave à l'avance, mais votre personnage ne pourra plus agir tant qu'il n'aura pas payé sa dette. Allez-vous tout balancer d'entrée de jeu au risque de ne pas jouer pendant quatre tours, ou défendre dans un premier temps avant de balancer la purée ?

Oui, Bravely Default est jouable sur 2DS. Mais vous allez y perdre. Utiliser la 3D sur la console portable est généralement assez incommodant, mais dans le cas de Bravely Default, elle devient un petit plaisir à consommer néanmoins avec modération. Outre les grands zooms arrières pour admirer le paysage, certains décors (notamment la ville de Ancheim) utilisent des scrollings parallèles pour simuler une profondeur. C'est à dire que vous n'allez pas explorer avec une vue de haut, mais avec une vue de côté. Très joli. Il n'est pas rare que dans un nouveau décor, on active la 3D pour admirer un peu le paysage, même si on la désactive quelques secondes plus tard pour jouer dans de bonnes conditions.

Oui, Bravely Default utilise le système de combats aléatoires. C'est-à-dire qu'à intervalle régulier, dans les phases d'exploration ou sur la carte du monde, des ennemis viendront déclencher des affrontements. Certes, dans certaines situations c'est assez pénible, mais Bravely Default vous met entre les mains une véritable boîte de Pandore : la possibilité d'ajuster la fréquence de ces rencontres. En d'autres termes, en un tour de menu vous pouvez à N'IMPORTE QUEL MOMENT réduire ou augmenter les apparitions aléatoires, même les supprimer si vous voulez. Mais le revers de la médaille est évident : moins vous vous battez, moins vous gagnerez de niveaux - et plus vous galèrerez contre les boss. À vous de choisir votre stratégie :  vous préférez explorer tranquillement et faire du leveling, ou parcourir les niveaux au gré du hasard ?


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Oui, la musique de Bravely Default est plutôt classique. 
Mais des classiques comme ça, j'en veux tous les jours. On se croit revenu à l'âge d'or des Final Fantasy, avec des morceaux épiques, du piano, du violon, des cuivres, bref de la bande originale de compétition. Normal donc que celle-ci soit proposée à part dans l'édition collector.

Oui, le scénario de Bravely Default est assez cul-cul. Enfin en partie. L'histoire s'articule autour de cristaux et de prêtres qui prient tout autour. Un mouvement anti-cristaux commence à germer parmi la population, alors que le pouvoir des cristaux diminue, rien de moins pour partir à l'aventure avec des inconnus ! On se retrouve alors avec des stéréotypes de personnages qui vont permettre au jeu de se créer une ambiance particulière. Nous avons Agnès, la vestale du vent un peu niaise, Tiz le bouseux courageux, Ringabel l'amnésique en rut, et Edéa la noble au caractère bien trempé. Il y a des notes d'humour, des dialogues un peu ambigus, des passages un peu plats, mais tout se traverse le sourire aux lèvres. Et de plus, les quêtes secondaires de Bravely Default sont des vraies quêtes, avec une histoire, des dialogues, de l'exploration, du combat, et un regard annexe sur le scénario principal.

Oui, Bravely Default va vous assommer avec des kilomètres de dialogues. Mais encore une fois, Bravely Default vous laisse le choix. Les dialogues principaux peuvent être ignorés ou défiler automatiquement sans action du joueur, et les dialogues secondaires sont soumis à la bonne volonté du joueur. Le jeu vous invite, de temps en temps, à appuyer sur une touche pour découvrir une discussion entre les personnages principaux, mais vous n'êtes pas obligés de le faire. Ces échanges permettent généralement d'apprendre des mécanismes de jeu ou de fouiller un peu plus le background de tel ou tel personnage.


Voici Agnes. Elle est belle et elle sent bon.
Oui, la charte graphique de Bravely Default n'a rien d'exceptionnel.
Et pourtant, on kiffe. Le character design est mignon, les villes sont splendides, les ennemis assez diversifiés, il n'y a guère que les donjons qui nous laissent un peu froid. Chaque personnage a son petit lot d'expressions faciales et d'attitudes qui permettent d'habiter un peu les dialogues. Et si il n'y a pas vraiment de cinématiques, il y a souvent un effort de mise en scène dans ces passages scénarisés. Au delà de tout ça, sans déconner, vous n'avez pas déjà envie de mettre Agnès Oblige en fond d'écran de votre ordinateur ? Non ?

Oui, Bravely Default est difficile. Mais c'est pour votre bien. A l'image des combats aléatoires, le jeu vous propose de toute façon trois modes de difficulté réglables à tout moment. Donc si vous être en difficulté, il est toujours possible de revoir vos exigences à la baisse. Mais cette difficulté est également un bon moyen d'exploiter le jeu au maximum. Vous allez devoir gérer précisément votre équipement et vos objets, prendre chaque combat au sérieux, porter attention aux jobs et compétences de vos personnages, et ne pas foncer tête baissée comme un gros panda sous amphétamines. Et progresser dans un jeu sans torcher tous les combats, c'est finalement agréable et valorisant.

Oui, Bravely Default est un JRPG. Et un bon. Un très bon même. Il ne vous fera peut-être pas changer d'avis sur les JRPG, mais l'amateur y verra une petite pépite que l'on ne pouvait trouver que sur 3DS. Les caractéristiques passives de la console sont également utilisées à bon escient. Les consoles rencontrées via StreetPass vous octroient des villageois œuvrant pour la reconstitution d'un village. Plus vous avez de villageois, plus vite cette reconstruction ira : on alloue un nombre d'ouvriers à un chantier, le jeu détermine un temps de construction selon ce chiffre, et l'on bénéficiera de cette nouvelle bâtisse plus tard. Il faut donc penser à ouvrir sa console régulièrement pour optimiser ses travailleurs, les petits bougres travaillent aussi quand la console est en veille ! On peut aussi enregistrer des copains pour les faire intervenir pendant les combats ou entraîner notre escouade, récolter des points d'actions spéciaux (en attendant huit heures ou en les achetant avec de l'argent réel, beurk) pour réaliser des actions gratuites en combat, on peut même utiliser des cartes RA pour découvrir des cinématiques 3D assez sympas ! Ce jeu a tout pour lui, TOUT !

Je vous en prie, achetez le jeu. Il est nécessaire, que dis-je, VITAL que l'on fasse savoir qu'il y a une clientèle pour ce type de jeu. Oui, messieurs les éditeurs, on aime les jeux bien faits, réalisés avec amour et intelligence, longs, beaux, merveilleux à écouter. On aime être pris au sérieux, on aime quand le jeu s'adapte à nos envies, on aime s'attacher aux personnages, et on aime y passer cinquante heures (car le jeu a une durée de vie importante, attention !).


DR.

A propos de l'auteur

3 commentaires

  • Akashinai

    06/12/2013 à 08h03

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    Ca fait depuis l'annonce de sa sortie en France que j'hésite vraiment à le prendre...Ca va me plaire, c'est sur et certain, mais je n'aurais certainement pas le temps d'y jouer beaucoup ou en tout cas de l'exploiter à fond...

  • Canette Ultra

    06/12/2013 à 11h04

    Répondre

    j'ai testé la démo et difficile de résister à ce jeu ! Riche, très riche et incroyablement chronophage pour ceux qui veulent tout découvrir !

  • Anonyme

    07/12/2013 à 00h14

    Répondre

    Je l'ai commandé sur fnac.com, chez certains vendeurs, le jeu dépasse 45 euros. Abusé !

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