9/10

Castlevania - Lords of Shadow - Test

Après une belle flopée de jeux DS très efficaces, Konami passe aux choses sérieuses. Un très bon premier essai pour la saga au pays de la HD. Envoûtant, beau et d'une durée de vie exceptionnelle pour ce type de jeu. Merci à la Kojima team.

Nous n'allons pas vous refaire la saga des Belmont depuis l'arrière-petit-fils du second cousin du premier chasseur de vampires et de toute sa famille, mais sachez toutefois que l'arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père Simon est un des plus célèbres de cette race particulière de gentils protecteurs de l'humanité, et ce depuis que Konami se décidait en 1988 (Nes et Amiga) à éditer ce tout nouveau jeu de plateforme/action hérité de la tradition écrite de Bram Stoker qu'était et est encore Castlevania. Vous incarnez donc à nouveau un de ces vaillants défenseurs de la lumière au royaume des ombres.

Gabriel, c'est son nom, se rend en Transylvanie pour découvrir et éradiquer de sa sainte croix et de son fouet pieux les effets chaotiques de la source du mal sur la terre des dieux. Il est plus particulièrement motivé par la possibilité de pouvoir ainsi se réunir à sa bien-aimée, Marie, dont la mort récente l'a laissé errant comme une âme en peine dans les tréfonds de la vieille Europe.

Comme tout bon saint, Gabriel, dont les faux airs de Hugh Jackman font automatiquement penser à son interprétation de Van Helsing dans le film de Stephen
Sommers (en tout cas largement plus qu'à Robert Carlyle qui lui prête pourtant sa parfaite voix au doublage). Gabriel donc, pourfend les ténèbres de son fouet hérité de cet ordre lumineux dont on sait peu de choses mis à part qu'il s'agit d'une organisation très très très secrète. Assez vite, il rencontrera des lycans après avoir séjourné dans quelque sombre village local et la forêt maudite qui l'avoisine. Puis c'est au tour des vampires, des fées, gobelins, diablotins et autres créatures en tous genres de faire leur apparition nécessaire dans ce royaume au symbolisme touffu où les anges semblent s'être écrasés en plein vol, laissant des mares de sang, abreuvoirs pour leurs hôtes maléfiques. Mais ce n'est pas fini car viendront aussi les titans, les sorcières, corbeaux et autres spectres... Vous l'aurez compris Castlevania est un fourre-tout du jeu d'aventure au même titre que l'était le film (d'aventure lui aussi) auquel on ne peut que penser à la vue de ce qui se passe à l'écran. Ne craignez rien toutefois car le jeu ne souffre pas de cette surenchère d'éléments là où l'œuvre cinématographique elle... Bien au contraire cette variété amène beaucoup au système de jeu.

Pour être plus précis, elle fait référence à un bestiaire et des environnements bien connus des Castlevania de toutes époques, et si on ne découvre plus de petits cœurs
dans les entrailles de nos victimes, on y retrouve des objets comme les fameuses dagues de lancer qui permettent la fameuse attaque alternative. En complément de celle-ci et au choix, on trouvera au fur et à mesure de nos pérégrinations d'autres objets à utiliser allant de la sainte ampoule (d'Antioch... ou pas) d'une efficacité redoutable envers les vampires à la petite fée dans son bocal qui vous servira à distraire vos ennemis, permettant une attaque sournoise et musclée. Vous pourrez aussi utiliser un cristal qui fera apparaître une monstruosité digne des moments les plus douteux de Dante's Inferno et qui nettoie en général l'écran dans un tourbillon de cris et de sang... Rajoutez à cela les magies de la lumière et de l'ombre et leur influence sur les différents éléments de gameplay déjà disponibles si ces derniers pouvoirs sont activés. Mais aussi des artefacts, des compétences à débloquer... le double saut, les ailes de Séraphin (un peu trop God of War à notre goût mais on ne va pas s'en plaindre)...

On ne va pas se plaindre car la réalisation de cet opus de Castlevania en HD est très agréable pour nos sens et lorsqu'elle s'inspire de ses modèles de jeux d'aventure ou d'action elle n'emprunte qu'aux meilleurs et se les approprie avec goût. Les développeurs n'oublient pas non plus d'y rajouter la touche perso qui donne tout le caractère de cet épisode tout neuf à l'ancienne quête de Simon. Alors oui on
regrettera les QTE un peu redondants et les quelques petits détails de trop ainsi qu'un aliasing un peu présent,  mais ce sont des détails face aux grandes qualités du titre. Car les environnements sont magnifiques, la pression de l'action continue, l'atmosphère envoutante et même la collectionite est pour une fois utile tant en ce qui concerne la vie que le mana ou encore les upgrades des différents pouvoirs. Et surtout le ton est juste, magnifiquement amené par une narration très efficace. On se retrouve à lire le livre des ombres avec saveur, un livre aux images justes et qui fait vibrer de tension émotionnelle notre petit cœur de gamer avec brio. Pour couronner le tout on nous le sert en version longue sur plus de vingt heures et probablement quinze de plus pour les acharnés car une fois de plus dans la série on peut finir le jeu à plus de 100%. On nage dans un univers magique où les idoles prennent vie pour nous faire savourer la mythologie des Carpates au même titre que God of War nous faisait visiter l'Olympe et ses dieux. Ici le sacro saint empire des apôtres du jeu vidéo frappe d'un point lourd l'annonce des travaux de Gabriel en ce lieu de perdition, dans sa lente ascension vers la tour de Babel noire qu'est le château maudit. Et alors qu'entouré de déchus vous passez ces filets de lumière dans un bois obscur, alors que de votre fouet vous dé-drapez les rideaux de la grande salle de réception du comte pour éliminer ses enfants photosensibles, que vous résolvez les énigmes du dieu Pan ou encore que vous jouez une partie d'échec avec une enfant vampire, vous ne vous retournerez pas pour regarder l'horloge du salon car vous y êtes si près du but, aux frontières d'un irréel conquis à la difficulté digne des anciens titres de votre enfance. Seulement cette fois vous avez grandi et le héros c'est vous, pas une poignée de petits pixels.

Un excellent titre qui ne triche pas, s'assume de bout en bout dans ses excès comme dans ses faiblesses qui, arrivé au résultat final, sont somme toute très rares. Un must pour les aventuriers nostalgiques et les nostalgiques d'aventure.

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