6.5/10

Chevaliers de Baphomet IV (Les) - Test

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George Stobbart est avocat dans une agence de cautionnement qui a du mal à prospérer. Un soir de pluie autour d'une pizza qu'ils ne mangeront jamais, son associé Virgil et lui ont la visite de la belle Anna-Maria. Avec elle, une occasion en or de reprendre du poil de la bête. En effet, la demoiselle serait en possession d'un manuscrit latin qui menerait à un formidable trésor. Et pas des moindres : celui des Templiers. Ah ah ! Comme c'est bien fait : George est justement THE spécialiste de ces messieurs ! Que dis-je ? George TwoB TwoT fût même consacré Chevalier de l'Ordre, oh ! Seul hic : le manuscrit est également l'objet de désir de mafieux pas très futés mais dangereux. Décidément, George n'a pas fini d'en voir des vertes et des pas mûres...

12 heures et 20 minutes n'est pas le moment idéal de l'apéro. Cette indication totalise le temps qu'il m'aura fallu pour dévorer le quatrième épisode de la franchise des Broken Sword, saga dont vous trouverez de rapides aperçus ici et . 12h20 d'aventure, donc, pour quelqu'un qui a déboursé la coquette somme de 50€, ça ne fait pas beaucoup. Et lorsque revient en mémoire le plus ou moins indigeste Manuscrit de Voynich, qui d'ailleurs a laissé bon nombre d'entre nous sur la faim, il y a de quoi se demander si les gens de Revolution Software ne sont pas partis en vacances depuis lurette ? Question à la dent dure, je vous l'accorde. D'autant que l'Ange de la Mort n'est pas aussi catastrophique que ne le suppose mon introduction balourdette.

Tout d'abord, et sans faire de la redite, l'aspect visuel du soft est respectable pour un jeu d'aventure 3D : de belles textures, de jolies modélisations, de chouettes éclairages. Toutefois, les symptômes du « trop vide et rectiligne » se révèlent une fois encore, perpétuant une espèce de virus artistique dans les artères tridimensionnelles. Les environnements full 3D des Gardiens du Temple de Salomon montrent par la même occasion que le style point'n click n'y est pas encore à l'aise, faute à des déplacements d'une gestion ingérable par moment. Ainsi, il suffit que votre personnage se retrouve dans un endroit trop exigu pour que la promenade devienne un calvaire. Et si le retour de la souris fait tout de même plaisir par rapport au Manuscrit de Voynich, les flèches directionnelles du clavier sont d'une aide précieuse pour combler les carences du gameplay et surmonter les nombreux heurts (passages aléatoires de portes, obstacles mal placés sur le terrain, changements perturbateurs d'angle de caméra, manque de visibilité), tous réellement agaçants à la longue.

Autre élément susceptible d'éveiller la contrariété : un niveau de difficulté des énigmes considérablement revu à la hausse. Le jeu ne s'autorise aucune gradation dans ce domaine, juxtaposant sans transitions séquences faciles (et logiques) et séances impitoyables (et logiques aussi, bon, mais moins quand même). L'hermétisme pourrait bien faire quelques apparitions aux yeux des joueurs distraits. Car oui, il faut être très attentif et concentré pour avancer sur certaines embûches. Cela dit, les brainstormers ne sont pas allés chercher bien loin leurs mystères et vous êtes sûr de tomber sur du recyclage maison tout au long d'une partie. Les passages de piratage informatique - grand classique du genre aventure - illustrent parfaitement ce rabâchage gonflant qui met à l'honneur les prises de tête plus que de raison. Charles Cecil aurait-il décidé de s'amuser avec nos nerfs ? Sans nul doute. Et au grand dam des néophytes qui lâcheront peut-être l'affaire devant les ressources neuronales mobilisées par certains puzzles.

Pour ceux qui ne seraient pas arrivés au terme des Gardiens du Temples de Salomon, je tiens cependant à dire que l'aventure ne restera pas dans les annales. Vous vous rappelez de ce troisième opus qui lorgnait un peu trop du côté de la légende Arthurienne mixée à celle d'Indiana Jones ? Hé bien le quatrième va jusqu'à piller l'Arche Perdue de ce dernier, le mafieux !, en replaçant cette contrefaçon dans le contexte des Templiers, manière d'être en accord avec les premiers pas de George. Evidemment, et comme d'habitude si je peux dire, le scénario baigne dans une ambiance agréable et ce, en grande partie grâce aux dialogues fendards et personnalités décalées de l'ensemble des protagonistes (George est vraiment en pleine forme !). L'action est moins soutenue que dans Voynich et se rapproche plus de l'itinéraire pépère d'une Ombre des Templiers. Quelques intervalles de stress par-ci, quelques longueurs par-là. Mais la trame se tire rapidement dans les deux pieds tant sa structure semble maladroite et un peu expéditive : les rebondissements sont prévisibles, la mise en scène saoule jusqu'au final qui fait plouf.

George Pensif, Virgil Cul par Terre et Anna-Maria Brazécartés face à un lourd dilemme : pizza avec ou sans anchois ? (et surtout : qui va payer ?)
George Pensif, Virgil Cul par Terre et Anna-Maria
Brazécartés face à un lourd dilemme : pizza
avec ou sans anchois ? (et surtout : qui va payer ?)
Finalement, avec la réhabilitation du style point'n click et l'abolition des phases d'action / infiltration, les Chevaliers de Baphomet IV se révèle meilleur que son prédécesseur sans pour autant arriver à la cheville des deux premiers épisodes. D'autre part, entre le casting vocal foireux, les bruitages inexistants et les absences de doublage sur certaines répliques, je dois avouer que la version française est techniquement l'une des plus minables qu'il m'ait été donné d'entendre dans un jeu vidéo. Certes, les éditeurs THQ ont eu le réflexe de sortir un DVD multilangues. Cela dit, être obligé d'installer la version anglaise pour contourner ce bâclage énervant (indépendant du studio de développement, paraît-il) et passer à côté de la si familière voix d'Emmanuel Curtil, ça a le chic pour vous priver d'un petit plus réconfortant... Dommage, la révolution ludico-technologique de George sera sans doute pour la prochaine. Espérons.

Nb : Les Chevaliers de Baphomet : Les Gardiens du Temple de Salomon est l'un des tout premier jeu à bénéficier de la technologie amBX de Philips, un dispositif matériel (et onéreux) qui permettrait de plonger le jouer dans une ambiance réaliste. Pour en savoir plus, c'est par là...

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