9/10

Child of Eden - Test

La dernière création de Mizuguchi Tetsuya est à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre du bonhomme : sublime, audacieux, corsé et empreint d'humanité.
Un incroyable trip qui, dix ans après Rez, sonne comme la quintessence d'un parcours vidéo-ludique exemplaire, et le premier jeu à enfin vraiment tirer parti du kinect en termes de gaming !

Étonnamment, Child of Eden est aussi simple à jouer qu'il est complexe à expliquer. Et pour cause, l'histoire qui y est racontée se joue, justement. Elle n'est pas présentée sous la forme de cut-scenes entrecoupées de phases de jeu, et sa forme de narration est si particulière que pour ceux qui ne s'y sont pas essayé il est difficile d'appliquer la simple formule introduction/développement/conclusion.


Lumi, gardienne de la mémoire de l'humanité
dans l'Eden
A la base de Child of Eden, il y a un homme un peu particulier, Mizuguchi Tetsuya, connu par certains pour avoir été le producteur de Sega Rally Championship et être l'auteur de Space Channel 5, Every Extend Extra, Lumines et, surtout, Rez, un rail-shooter atypique où il s'agissait de locker et tirer en rythme avec le tempo musical du jeu et ainsi participer à une expérience assez unique et rapidement addictive.
Pour ceux qui connaissent Rez, il suffirait de dire que Child of Eden est en quelque sorte sa suite spirituelle. Il se présente lui aussi sous la forme d'un rail-shooter et le principe de base à appliquer est relativement le même que dans Rez : on locke ses cibles en maintenant une touche enfoncée et lorsqu'on la relâche on fait feu. Mais là où l'expérience diffère, c'est que, à la différence de Rez qui présentait un univers froid où on se focalisait sur le score, Eden implique beaucoup plus le joueur au sein d'un univers organique et dans une expérience sensorielle qui est la base même de la compréhension de son histoire, celle de Lumi, jeune fille née de l'espace et reconstruite par la science dans l'équivalent du futur de ce qu'est internet, appelé ici Eden (qui était déjà le cadre de Rez). Ce cyber-espace contient la mémoire de toute l'histoire de la Terre et est attaqué par un virus, que le joueur va devoir éradiquer. Telle est la trame de Child of Eden, et c'est là que je me rends compte qu'il est difficile de présenter ce postulat pour ceux qui n'ont pas joué au jeu.
Heureusement il y a le gameplay, qui va me permettre de faire la transition, et vous amener, peut-être, à comprendre où se trouve l'intérêt d'Eden.


Un plaisir des yeux (et des oreilles) de chaque
instant
D'abord, il faut savoir qu'Eden peut se jouer au kinect. Pas doit, mais peut, et que c'est là la plus jouissive façon de le parcourir. Parce-que la sensation de puissance qui émane dès lors du titre et la symbiose qui est provoquée, celle de vraiment prendre part à l'action en cours, est absolument unique. Elle justifie même à elle seule l'investissement dans le capteur à reconnaissance de mouvements de la 360, tant il est naturel de faire d'un geste arrondi un octa-lock (on peut verrouiller jusqu'à huit cibles) de la main droite avant de balayer l'écran d'un simple geste, et ensuite, de la main gauche, lancer le tracer, un tir continu destiné à anéantir les tirs ennemis et faire sauter les défenses qui entourent certains virus, toutes ces actions influant bien entendu sur la bande son (rythmée par la musique des Genki Rockets, groupe fondé par Mizuguchi, et dont on peut débloquer des vidéos au cours du jeu). On n'imagine pas avant de s'y être essayé à quel point le titre de Q Entertainment est sans doute le premier à vraiment faire entrer le joueur au sein d'une nouvelle façon de jouer, j'entends par là que l'adéquation est ici telle que l'on prend conscience très rapidement et naturellement de l'importance du facteur sensoriel et, à partir de là, de ce qu'interagir directement avec ce qui se passe à l'écran peut apporter de nouveau en termes de plaisir de jeu pur.


L'univers d'Eden est bien plus organique que
celui de rez
Mais Child of Eden n'en reste pas moins un shooter, et un pas facile de surcroît (bien que tout le monde puisse y trouver son compte puisque le jeu propose un god-mode). Car oui, réel challenge il y a - comme Yoda dirait - et pour ce qui est de scorer à donf' sur le titre, il n'y a pas photo, c'est le bon vieux contrôle au pad qui permet de vraiment faire du point. Ne nous méprenons pas, la reconnaissance au kinect fait merveille, mais, à l'instar de Rez, Eden est un rail-shooter où la caméra à beau être dirigée, elle bouge néanmoins sur son axe suivant les mouvements du joueur. Et c'est ainsi que parfois on perd ses repères après avoir déclenché un « euphoria » (nettoyage complet des ennemis à l'écran) au kinect, action qui s'obtient en levant les deux bras simultanément en l'air. De même quand on se laisse emporter et que l'on se perd un peu entre l'utilisation du lock et celle du tracer (on ne peut pas utiliser les deux en même temps). Dans ces deux cas et vu la réelle difficulté du jeu, ça peut être fatal, donc si l'on compte jouer les super-player, mieux vaut utiliser le pad, d'autant plus que comme la musique a une importance énorme dans Eden et que pour faire des combos il faut shooter en rythme avec le tempo de la bande son, c'est bien plus simple quand on peut se référer aux vibrations de la manette (et, détail amusant, on peut aussi couper la poire en deux en jouant kinect/pad. Pour cela il suffit de s'accrocher la manette quelque part – à vous de choisir où, bande de coquins - et on bénéficie alors de la pulsion rythmique pendant qu'on bouge les bras).


Lumi apparait. L'Archive est sur le point d'être
purifiée
Mais quelle que soit la manière de jouer choisie, Eden reste une expérience sensorielle unique, parce qu'en participant à la libération de Lumi à travers cinq niveaux - appelés ici Archives - aux « paysages sonores » d'une splendeur absolue (plus un sixième à débloquer, Hope, spirituellement et visuellement un ancêtre de Rez – les fans seront aux anges !), on purifie plus qu'on ne détruit. Bref on est là pour ramener l'espoir, et cette sensation est d'autant plus présente qu'à chaque fin de niveau Lumi (représentée par une véritable actrice et non en images de synthèse, ce qui a son importance) commence à nous apparaître, et avec elle un sentiment de joie, celui d'être sur le point de vraiment sauver Eden.
Aux dires de son créateur Child of Eden est un titre qui « devrait amener à celui qui y joue un sentiment de bonheur, et l'éclairer en ces temps de chaos ».
Et c'est exactement ce que l'on ressent une fois ce fantastique voyage terminé, avec en plus le plaisir de se dire que l'on pourra de nouveau l'entreprendre et y retrouver à coup sûr la même intensité (et profiter d'un bonus non négligeable : de nouveaux effets visuels, changeant radicalement l'aspect des Archives).

En définitive Child of Eden n'est pas seulement un grand jeu et une expérience sensorielle à part entière, c'est carrément une véritable date dans l'histoire du jeu vidéo. Rien que ça.

Les plus Les moins

+ Un voyage à travers un univers époustouflant

+ La bande-son hypnotique des Genki Rockets

+ Un vrai challenge

+ Enfin un réel potentiel du Kinect

+ Contrôle quasi parfait au Kinect ou au pad

+ L'énorme replay-value

+ Et bien sûr beaucoup d'amour

- Perfectible au kinect si on veut scorer

- Ne plaira pas à tout le monde

A propos de l'auteur

4 commentaires

  • Plax

    12/07/2011 à 09h15

    Répondre

    Une belle réussite !http://jeux-video.krinein.com/test- ... 16611.html

  • OuRs256

    12/07/2011 à 10h23

    Répondre

    Ca a l'air "achement" sympa ce truc là ! Bon après, j'ai pas de 360...

  • Guillaume

    17/07/2011 à 18h54

    Répondre

    J'en suis à une demi-heure de jeu pour le moment. C'est encore trop tôt, mais mes toutes premières impressions ne sont pas aussi positives. Notamment au niveau de Kinect. Passer de longues minutes le bras tendu en faisant régulièrement des à coups pour tirer. Arrrrrgh. C'est pas que ce soit peu précis, c'est au contraire pas si mal... mais j'essaie d'imaginer un pilote de chasse qui devrait garder un bras tendu pendant qu'il canarde... et je me dis que niveau ergonomique c'est franchement difficile à justifier.

    La manette va être mon amie

  • Mandark

    29/07/2011 à 13h10

    Répondre

    Tout le secret réside dans le fait de faire des gestes "arrondis", voire amples. Une fois qu'on a choppé le truc ça va tout seul. Et les à-coups n'ont pas besoin d'être violents.

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