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Collar X Malice - Test Switch

Le célèbre Collar X Malice, édité sur Vita en 2017, revient sur Switch pour celles et ceux qui seraient passés à côté. Mais peut-être ne connaissez-vous pas en fait. Explications. NB : jeu uniquement en anglais.

Collar X Malice est un visual novel, genre propre à nos amis japonais dont j'ai déjà parlé à de nombreuses reprises, certains titres ayant passé avec grand succès nos frontières. La particularité est que celui-ci est de type Otome. Kezako ? Cela veut dire qu'il s'adresse en principe à un public féminin par sa dimension romantique poussée. Les Japonais sont très forts pour faire des catégories, que ce soit pour les mangas (seinen, shônen, shôjo, kodomo etc...), mais aussi les jeux vidéo . Je dis en principe, car même au Japon, les gens savent passer outre ces catégories, qui sont en définitive plus des lignes éditoriales voire une espèce d'équivalent PEGI que des lignes figées générées par des idées préconçues sur les hommes et les femmes, même s'il y a un peu de ça quand même.

Bref, pour en revenir à nos moutons, Collar X Malice avait su en 2016 au Japon puis en 2017 en Europe sortir du lot des visual novels et se hisser relativement haut par son scénario solide, basé sur une association d'enquête, de terrorisme et d'histoires d'amour. Il méritait donc bien une petite réédition sur Switch.


5 alliés pour l'héroïne qui mènent à 5 "routes".

L'introduction est particulièrement frappante par sa violence mais aussi la dimension confinement de l'histoire - drôle de coïncidence par les temps actuels. Le célèbre quartier chaud de Shinjuku et ses habitants ont été bouclés car un groupe terroriste appelé Adonis y a accompli et revendiqué une série de meurtres particulièrement brutaux appelés X-Day Incidents, et qu'il a même dotés d'une mise en scène. Comme tout groupe terroriste, Adonis a une motivation , des projets politiques qu'il exprime et des exigences. En résumé, ses revendications portent sur l'inefficacité de la police et de la Justice. Dépassées, les autorités n'ont pas trouvé d'autres mesures à prendre que de boucler le quartier et d'autoriser la population à porter une arme même si elle ne peut être utilisée qu'en cas de légitime défense. Ça calme bien tout ça.

Là-dessus, arrive le personnage qu'on incarne, une jeune policière de 21 ans nommée Hoshino (on choisit le prénom). Un soir, pour une raison qu'on ne s'explique pas du tout, le groupe Adonis l'enlève et lui place un collier empoisonné autour du cou, en lui intimant de n'en parler à personne, sous peine d'être exécutée, tout en soulignant qu'elle est d'une grande importance à leurs yeux. Elle se réveille dans une église entourée de 5 hommes mystérieux, faisant tous partie d'une organisation d'anciens policiers qui enquête sur Adonis et avec lesquels elle va coopérer. Autant dire que le mystère est à son comble et qu'on a bien envie de comprendre toutes ces apparentes contradictions ou événements dépourvus de tout sens.


La police a failli, alors Adonis l'exécute.

L'originalité centrale de Collar X Malice réside dans le système de jeu qui est divisé en "routes" liées aux personnages, le tout sur 6 chapitres numérotés de 0 à 5. En début de jeu, on doit choisir sur quelle partie des meurtres on va enquêter, ce qui nous mène à être associé à un des 5 personnages masculins. On découvrira tous ses secrets puis on recommencera l'histoire avec un autre et ainsi de suite, jusqu'à découvrir un personnage supplémentaire qui nous mènera à la vraie "route" et la vraie fin, pour un total de 32 fins diffrentes dont des mauvaises fins sans compter les game over (oui, oui, on meurt de temps en temps sans le voir venir).

En bref, on a les scénarios alternatifs, on a les différentes fins sauf que c'est lié aux personnages, on a un scénario solide, des tas de mystères assez incompréhensibles, un jeu d'acteur via un excellent doublage des personnages : on est bien dans un bon visual novel. L'arborescence manque à l'appel, mais il y a un système de retour dans l'historique des dialogues qui permet de revenir à une scène de choix quand on pense qu'on s'est loupé. On s'en aperçoit assez vite d'ailleurs quand on a fait le mauvais choix, car le personnage extérieur nous le fait bien sentir. Au pire, on essaie tout, tout de suite et on voit alors ce qui est le mieux. Le nombre important des unités de sauvegarde permet aussi de compenser mais ça n'aurait pas suffi tout seul.

Là où Collar X Malice est quand même un peu moins convaincant que les meilleurs jeux du genre, c'est d'abord sur la narration et les dialogues, qui souffrent de lenteurs récurrentes. Les scènes romantiques manquent aussi cruellement d'intensité et de profondeur, notamment parce que Hoshino est un peu la caricature de la gentille fille, un peu timide, manquant de confiance en elle, et que l'un des personnages, Okazaki, se fera le devoir de protéger. Autant dire que la route avec ce personnage est un peu ennuyeuse et assez téléphonée. J'étais peut-être un peu trop mature pour elle. Mais les ados peuvent largement adorer.

Egalement, Collar X Malice manque trop d'actions de jeux. On examine des scènes de crimes de temps en temps, mais pas assez. On a des choix, mais pas assez souvent. Il y a quelques scène de tirs mais pas non plus assez.

Enfin, si des thématiques intéressantes sont abordées par le jeu, elles ne sont au final développées que de manière un peu trop superficielle alors qu'il y avait du potentiel. Les questions métaphysiques d'Hoshino semblent ainsi parfois un peu à côté de la plaque.

Il faut donc s'armer d'un peu de patience pour savourer toute la force du scénario, porté en prime par un doublage en japonais magnifiquement interprété et une bande-son efficace, mais le jeu en vaut largement la chandelle et vous tiendra en haleine plusieurs dizaines d'heures.

NB : ne commencez pas par la route ennuyeuse d'Okazaki.


Images figées comme dans tout visual novel mais très belles planches graphiques.



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A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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