8/10

Company of Heroes 2 - Test PC

Succès critique et commercial, récompensé par de nombreux prix, le jeu de stratégie temps réel Company of Heroes (2006) et ses deux extensions stand alone restent encore à ce jour de bien belles références du genre. Pas étonnant donc de voir débarquer une suite encore plus grand spectacle de la part des développeurs de chez Relic Entertainment – rachetés par Sega après la faillite de l'éditeur historique THQ. Après s'être concentrés sur la franchise Warhammer 40,000, ils nous reviennent finalement en force pour placer les joueurs dans le triste bain de la Second Guerre Mondiale, côté front de l'Est cette fois-ci.

Contrairement au premier opus qui mettait à l'honneur des unités militaires américaines, la campagne solo de Company of Heroes 2 nous place entre les mains de la faction Russe qui devra lutter contre les invasions de l'armée allemande (jouable en multi, et légèrement plus puissante que les Russes). Entièrement scénarisée autour d'une quinzaine de missions de longue haleine, cette campagne bien foutue et pleine de moments épiques met rapidement l'accent sur les features inédites de cet opus apportées par le nouveau moteur Essence 3.0. Cet outil de développement se distingue en effet de deux façons. D'une part, il dote le jeu d'un système dynamique (le TrueSight) permettant de gérer la vision des troupes en fonction de l'environnement. Autrement dit, si votre armée est en face d'un mur ou pénètre dans de la fumée, son champs de vision est obstruée. L'outil et son côté « brouillard de guerre » se révèle particulièrement efficace en milieu urbain et forestier pour organiser des guet-apens, se faire surprendre par un campement adversaire au détour d'un immeuble, ou échapper rapidement aux tirs ennemis en zigzagant entre les obstacles visuels. Cela renforce le réalisme des situations et la tension lors des phases d'exploration.


DR. Sous le Blizzard, au coin du feu ou à l'abri dans les véhicules et les bâtiments

D'autre part, contexte neigeux oblige, Company of Heroes 2 prend en charge les conditions atmosphériques, et multiplie ainsi les possibilités stratégiques. La technologie ColdTech simule effectivement glace et neige, avec incidences sur les mouvements des troupes (plus la neige est dense, plus lente est la progression) et la chaleur corporelle (plus la température est basse, plus les unités sont susceptibles de mourir de froid). Pour contrer les affres du blizzard qui s'abat sur la carte, la solution est de se réchauffer auprès d'un feu de camp ou de s'abriter dans un abri de fortune (véhicule, bâtiment). Le ColdTech gère également la glace d'un point d'eau, lequel peut devenir un piège pour les troupes se déplaçant dessus.

Visuellement, on pourrait presque croire que les changements sont minimes par rapport à Company of Heroes. Ce second opus gagne effectivement un poil sur tous les plans : textures plus fines, animations des soldats plus nombreuses et détaillées, destruction des décors, effets de lumière. La claque graphique à laquelle nous habitue Relic n'intervient que partiellement ici. Et principalement via ses features TrueSight et ColdTech. En contrepartie, le soft se révèle curieusement très gourmand, si bien qu'une machine de guerre ne sera pas de trop pour pousser jusque dans leurs derniers retranchements les différents paramètres graphiques. En attendant un patch pour optimiser tout cela, sans doute...


DR. Interface envahissante

Le gameplay de CoH 2 n'a pas bougé d'une iota par rapport à son aîné : place à l'action et ne jamais se reposer sur ses lauriers ! Pour ce faire, le joueur doit capturer des ressources (manpower, munitions, pétrole), lesquelles serviront à développer son armée et ses multiples unités (soldats, ingénieurs, snipers, véhicules, etc). Protéger ces points stratégiques avec des troupes ou du blindage se révèle toujours aussi primordial. Et pendant que les ingénieurs réparent/renforcent/construisent, sans temps mort, l'infanterie et les blindés doivent être envoyés sur plusieurs fronts pour contrer une intelligence artificielle très agressive. Pendant les affrontements, l'infanterie gagne de l'expérience et des compétences (à développer grâce à la collecte de ressources), ramasse des armes abandonnées par l'ennemi (mortier, machine gun...), enjambe certaines clôtures, se réfugie derrière différentes couvertures plus ou moins efficaces (barrière en bois, murets de pierre, lisière de la forêt, carcasses) ou se cache dans divers endroits (trou d'obus, bâtiments destructibles). Les affrontements sont nerveux, parfois brouillons. Ça pète dans tous les sens dès que les véhicules entrent en action.

Au chapitre des défauts, on pourrait reprocher à l'IA de manquer d'initiative lorsqu'on laisse ses troupes seules face à l'ennemi. Les temps de réactivité sont assez faibles en mode roue libre. Le simple fait qu'un squad ne puisse pas utiliser automatiquement ses compétences déterminantes (de soins, ou d'attaques spéciales comme le lancer de grenades) complique suffisamment le déroulement d'un combat pour pourrir une partie. Il faut donc avoir la tête froide et l'œil sur tout. Ce qui est fatiguant sans pause active quand l'ennemi attaque sur plusieurs fronts en même temps. Le niveau de difficulté se montre d'ailleurs assez élevé, même en la jouant facile. Le pathfinding est également un problème récurrent qui tend à rendre les déplacements parfois catastrophiques : véhicules qui défoncent des obstacles, squad qui fait des détours inutiles, etc. Ce souci est secondé par le zoom de la caméra trop proche des champs de bataille et une interface envahissante prenant le tiers de l'écran.


DR. Le Théâtre de Guerre

Ceux qui jouent encore à Company of Heroes et en sont très contents n'auront probablement pas tout de suite l'envie de se lancer dans cette version que nombreux adorateurs de la franchise qualifient de 1.5. Pourtant, l'ajout du ColdTech rend l'expérience réellement différente et la contrainte liée à cette technologie change énormément de choses par rapport à une simple partie de CoH. La micro gestion des troupes Russes et Allemandes semble également avoir été boostée aux hormones. En solo, le soft reste tout de même plaisant à tester. Pour ceux qui préfèrent l'aspect multijoueurs, Company of Heroes 2 possède un mode en ligne classique (domination, annihilation) dans lequel jusqu'à huit équipes (4x4) s'affrontent sur différentes sortes de terrain (urbain, steppe, ferme, hivernal...). Un théâtre de guerre est également de la partie et propose des défis solo ou coop tels que la capture de ressources en temps limité. Enfin, le joueur connecté gagne de l'expérience au fil de l'aventure (solo et multi), débloque de nouvelles compétences et apparences pour ses véhicules. Du gros contenu en l'occurence. Et du challenge. Beaucoup.

/!\ Jeu Steam, avec connexion internet obligatoire pour l'activation.

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