6.5/10

Days Gone - Critique PS4

Présenté à l'E3 2016, la dernière exclusivité en date pour la console de salon de Sony est enfin sortie. Surfant sur la vague de popularité des univers post-apocalyptiques à base de zombie, le jeu de Bend Studio tire-t-il son épingle du jeu ?

Deacon St John était un motard comme un autre qui aimait se balader à la cool avec ses potes bikers et sa copine jusqu'au jour où les Freakers, des mutants proches des zombies, sont venus mettre le bazar dans sa petite ville tranquille de l'Oregon. Pensant la sauver, Deacon a envoyé sa petite amie se réfugier au camp militaire le plus proche avant qu'il ne se fasse attaquer par une Horde, ne laissant à priori aucun survivant dans le camp. Depuis ce jour, Deacon est triste et il survit comme il peut avec son (dernier) ami motard Boozer.


La route est impraticable ? Il faudra passer par la forêt au risque de croiser quelques zombies ...

Nous prenons le contrôle de Deacon plus de 700 jours, soit environ 2 ans, après le début de l'invasion des Freakers dans un Oregon qui reprend un peu plus chaque jour son aspect sauvage avec une faune un poil plus agressive qu'avant. Heureusement, Deacon, Boozer et leurs motos respectives ne seront pas seuls pour affronter cet univers hostile : l'énorme map du jeu abrite de nombreux environnements variés tels des villes abandonnées, des magasins ou usines désaffectés mais aussi et surtout, des camps de survivants. Deacon devra interagir avec eux soit pour recevoir des missions, soit pour réparer/améliorer sa moto ou son équipement. Au cours du jeu, on croisera quelques survivants attaqués par des Freakers que vous pourrez sauver (ou pas) puis envoyer dans l'un des camps, chacun ayant sa spécificité : l'un cherchera des esclaves pour s'agrandir, l'autre tentant de reconstruire un semblant de société. Il faudra alors bien choisir où les orienter pour s'attirer les faveurs de telle ou telle faction selon nos besoins car, même si Deacon refuse de les rejoindre, elles sont primordiales à la survie et on ne pourra s'en passer. Il est possible de trouver des armes et autres équipements dans la nature, notamment en démantelant des camps de brigands, mais les réelles améliorations ou nouveautés se trouveront uniquement dans ces camps. En bon survivant qui se respecte, Deacon pourra fabriquer des armes explosives, munitions ou soins via un menu d'inventaire accessible en temps réel assez bien fait.


Quelques flashbacks tenteront d'apporter de la profondeur au personnage de Deacon

L'immersion est renforcée par une météo dynamique pouvant changer en un clin d'oeil pour passer du soleil resplendissant, accompagné de très beaux effets de lumière, à l'averse qui baissera fortement la visibilité et rendra les routes moins sûres. L'aventure sera encore plus compliquée de nuit : les Freakers "hibernent" en journée dans des nids que vous pourrez détruire et sortent principalement la nuit, rendant les virées nocturnes particulièrement risquées... on préférera parfois se reposer pour attendre le lendemain tranquillement plutôt que de risquer de s'aventurer dehors avec notre moto dont le réservoir se vide très vite, surtout au début du jeu. Car, si on se retrouve en panne sèche de nuit face à trois ou quatre Freakers, on peut commencer à faire nos prières : ils ne sont pas particulièrement intelligents mais comme toujours, la force du nombre augmente les risques d'y passer face à un petit groupe alors on vous laisse imaginer la peur que l'on ressent lorsqu'on se retrouve face à notre première horde en pleine nuit. Il faudra d'ailleurs éliminer ces hordes mais pas avant d'avoir obtenu quelques armes et améliorations. Les Freakers humains et "basiques" ne seront pas vos seuls adversaires : en plus des enfants appelés Newt, des Hurleurs, des tanks etc., on trouvera des loups infectés mais aussi des ours et même des corbeaux, chacun ayant sa spécificité.


Des brigands tenteront de vous attaquer au détour d'un chemin. A vous de les annihiler !

Open-world oblige, la durée de vie de Days Gone dépasse facilement les 50 heures pour qui voudra le boucler à 100% mais il faudra se farcir des missions secondaires, parfois obligatoires pour progresser, qui vont très vite tourner en rond : détruire des nids, décimer des camps d'humains qui attaquent tout ce qui bouge, éliminer une horde, récupérer des provisions/médicaments dans un camp de l'agence gouvernementale NERO (un protagoniste un peu louche dans toute cette sale affaire ...) et j'en passe. C'est sympa mais comme dans tout monde ouvert, ça tourne vite en rond et on s'en lasse. La conduite de la moto est elle aussi frustrante : molassonne au début du jeu, elle s'améliore lentement, sans jamais avoir des sensations folles mais tout en conservant un réservoir un peu léger. Heureusement que des bidons d'essence, miraculeusement remplis, se trouvent un peu parfois sur la map. L'intelligence artificielle des Freakers comme celle des humains est parfois à la ramasse, parfois divine tellement ils sont forts pour savoir où on s'est caché, ça manque d'équilibrage tout ça !


Pas mal le camp de base de Deacon & Boozer

L'histoire, quant à elle, ne sort à aucun moment des sentiers battus du récit zombie-apocalyptique : la trame narrative ne surprend pas, les personnages sont caricaturaux et prévisibles, conférant un manque de relief à l'histoire. Petit détail qui dérange : les humains sauvés des griffes des Freakers ont des apparences différentes mais une seule et même phrase lorsque Deacon leur parle, on sent que les devs ne se sont pas foulés pour ça. Dernière ombre au tableau et pas des moindres : les environnements sont variés mais les graphismes commencent à accuser leur âge, les bugs sont encore présents sans être nombreux, à l'inverse des temps de chargement au lancement du jeu qui sont horriblement longs ...


"Mais pourquoi j'ai accepté de bosser au service Réclamations de la SNCF !? Y'a trop de clients pas contents !"

On pourrait résumer Days Gone à la simple équation (The Walking Dead + Sons of Anarchy) x Open-World = Days Gone tant on a l'impression que le jeu de Bend Studio est un concentré des univers qui marchent auprès du public. Cela serait réducteur car on prend réellement du plaisir à suivre la quête de Deacon qui parcourt cet Oregon zombifié à moto et doit naviguer entre les zombies mais aussi les différentes factions humaines, pas toujours commodes. Malheureusement, le syndrome du "premier jeu d'une nouvelle licence" (coucou Assassin's Creed) est bien là lui aussi : on sent que l'univers manque de maturité et que les développeurs auront du pain sur la planche pour sortir un Days Gone 2 plus complet et équilibré. Allez, c'était pas mal pour un coup d'essai, rendez-vous dans quelques années pour une suite !

A propos de l'auteur

Métalleux confirmé // PlayStation lover // Bouffeur de manga // Cinéphile mais pas zoophile // Codeur professionnel // Lecteur électronique et câlineur de chatons since 1987.

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