A DECOUVRIR
8.5/10

Valkyrie Profile - Test

Français, françaises, fans de RPG, vous avez eu droit aux Final Fantasy, aux Secret/Legend of Mana, et à quelques autres titres beaucoup plus anecdotiques. C'est bien, mais qu'en est-il des Chrono Trigger, Chrono Cross, Xenogears, Dragon Quest, et de ce Valkyrie Profile, c'est à dire les plus gros chefs d'oeuvre de la catégorie ? Hein ? Hé oui, car nous autres pauvres "fromages qui puent" sommes considérés comme trop ignares pour apprécier ce type de jeu, apparemment. Alors qu'on nous ment ! On nous spolie ! (C'est vrai, quoi…)


Si Square Soft est la firme de RPG la plus connue par chez nous (citons les Final Fantasy bien sûr, les Secret Of Mana, les Chrono Trigger/Cross, Parasite Eve, etc.), au pays du soleil levant il doit faire face à un concurrent de taille : Enix. La série phare de cet éditeur, les Dragon Quest, n'a rien à envier à la saga des Final Fantasy. Mais point de dragon aujourd'hui, nous allons plutôt nous intéresser à Valkyrie Profile, sorti en 2000 chez les nippons et désespérément absent des listes d'arrivées en France. A plus d'un titre, il méritait pourtant une place de choix dans toutes les bonnes boutiques de vente PSX.
Valkyrie Profile s'inspire des légendes nordiques. Les forces du Vanir se rassemblent aux frontières du Valhalla, le pays des Dieux, annonçant le Ragnarok (la fin du monde). Odin invoque alors l'une des trois déesses de la destinée, la Valkyrie Lenneth, pour l'envoyer sur Midgard (la Terre des humains), afin qu'elle y recrute des héros capable de défendre le Valhalla...


Lenneth est une déesse. Premier atout : Elle vole, ce qui facilite grandement les déplacements sur la carte du monde. Deuxième atout : Elle peut entrer dans une sorte de transe afin d'entendre les colères, espoirs/désespoirs des humains juste avant qu'ils ne meurent. Plus qu'à descendre et à ramasser l'âme, dira-t-on, ce qui se révèlera plus facile à dire qu'à faire. Cette transe permet en outre de détecter les endroits infestés par le mal, afin de les nettoyer.
Votre tâche va être de récupérer des humains, les entraîner en vue de la bataille finale, puis les envoyer au Valhalla. Plus ils sont forts, mieux cela se passera. Alors pour les faire évoluer, il faut se battre, leur faire gagner de l'expérience, ce qui les améliorera d'une part, mais aussi leur allouera des points de capacité. Ces points permettront d'accroître certaines de leurs caractéristiques (par exemple tactiques militaires, ou soin automatique), mais aussi de corriger certains traits de leur caractère. Tout cela en vue de faire monter leur ' Hero Value ', autrement dit d'en faire des braves petits héros (= 'Einherjar').


L'histoire est divisée en plusieurs chapitres, eux-mêmes divisés en périodes. Les périodes correspondent au temps passé dans un endroit (2 pour un niveau, 1 pour une cité). L'avantage, c'est que vous pouvez tout à fait remettre un level à plus tard, quand vou serez plus fort (par contre, il faut avoir découvert l'endroit grâce à la transe, et tout dépend du chapitre dans lequel vous vous trouvez). Une fois toutes les périodes d'un chapitre utilisées, il se termine et fait place à une phase de transition, la 'Sacred Phase'. Freya, déesse de la fertilité, vous fait alors un petit topo sur la guerre qui se déroule en haut, et sur les héros que vous avez précédemment envoyés. C'est toujours agréable de voir qu'un de nos ex-petits protégés se débrouille super bien. Egalement, Freya ' passe commande ', c'est à dire vous demande un héros doté de certaines capacités qui pourra influer sur la bataille (pour être bien vu, il vaut mieux la contenter, mais ce n'est pas obligatoire). Puis vous enchaînez avec le chapitre suivant, et re-belote.
Chaque âme à recruter dispose de son histoire, de sa destinée, que Lenneth viendra immanquablement troubler. L'omniprésence de la mort impose au jeu une approche plus adulte, plus mature. Il n'y qu'à regarder Lenneth écouter les cris d'agonie d'enfants ou assister aux suicides/meurtres des héros pour s'en convaincre. En sachant qu'il y a 26 personnages à recruter et que chacun a eu droit à un travail sérieux sur sa personnalité, on imagine bien dans quel état on se retrouvera après tout cela. Car au départ, tout est relativement simple, mais quand vous devez gérer une dizaine de personnages tout en les équipant, en prévision de la bataille finale, cela devient vite paniquant. Bon, honnêtement, on se consacrant sur une seule équipe, le jeu est largement finissable, il suffit de temps en temps d'en remplacer un pour pouvoir entraîner une 'commande'.


Tiens, j'ai oublié de parler du système de combat et de l'équipement. Réparons, vite. Dans les niveaux et les cités, vous vous déplacez selon un scrolling horizontal. Vous pouvez également passer à un scrolling parallèle par certain chemin. Lorsque vous vous attaquez au mal, vous disposez d'un bouton de saut, d'un bouton d'attaque, et d'un bouton d'envoi de cristal. Car les niveaux sont des petits labyrinthes souvent ponctués de séquences plates-formes plus ou moins simples, d'où le bouton de saut. Les cristaux ont plusieurs utilités, comme faire des points de saut sur les murs, ou pouvoir geler vos ennemis quelques instants. A ce propos, les ennemis sont apparents, c'est à dire que vous pouvez à loisir les esquiver ou y faire face. Si vous attaquez un ennemi au moyen de votre épée, la phase combat commence et vous démarrez l'affrotement. Si c'est l'ennemi qui vous touche d'abord, c'est lui qui démarrera la combat.
En phase de combat (tour par tour), chaque membre de votre équipe est attitré à un bouton de la manette. L'idée va être d'appuyer dans un certain ordre (en faisant attention à la vitesse de chacun) pour faire le combo le plus efficace (en faisant également attention aux attaques multiples et à leur portée/hauteur). Une petit jauge se remplit selon l'efficacité de votre attaque : si elle atteint 100, vous pouvez lancer une purification avec un de ceux qui ont participé à l'offensive, une grosse attaque spéciale genre ' j'appuie sur le bouton, puis je regarde '. Il est difficile de bien décrire ce système de combat, à la fois simple par ses rouages et complexe par ses possibilités.


L'équipement n'est pas à acheter, ou pas vraiment. En fait, lors de la phase sacrée, Freya vous fait don de ' Material Points ' selon vos performances. Ces points vous permettent de créer les objets dont vous avez besoin, selon une liste. Il sera possible ensuite plus tard de les transmuter, c'est à dire en faire d'autres objets selon l'équipement dont vous disposez (pas super-facile non plus à expliquer, surtout qu'il y a plusieurs niveaux de transmutation).
L'ensemble du jeu est réalisé en 2D, avec un faux effet de perspective, à part la carte du monde qui elle est en 3D. L'ensemble des personnages importants ont été doublés, ce qui donne au jeu un caractère plus inquiétant. Car autant lire un cri d'agonie est passable, autant l'entendre directement impose de suite une autre atmosphère. Cette particularité audio ne sert pas seulement à écouter des personnages pleurer ou raconter leur vie, mais aussi à les faire vivre en combat. Cris de douleur, d'attaque, d'encouragement, ou simplement d'intro (' Come to me, Dark Warriors, Battle awaits us ! ' ; ' No mercy ! ')… Un effort remarquable a été fait également sur les animations des personnages, qui se rapprochent de petits dessins animés ambulants, et sur certaines purifications absolument magnifiques (mais parfois un peu trop longues).

D'un point de vue objectif, il paraît clair que ce jeu ne plaira pas à tout le monde. D'abord l'ensemble est vraiment très scénaristique, c'est à dire qu'il y a quelques moment où vous passez bien 10 minutes à regarder sans interférer. De plus, en dehors des éléments de scénario, vous n'allez presque que combattre. Mais le système est tellement agréable à utiliser, possède tellement de ressources qu'il ne peut pas être considéré comme un défaut. De plus, l'univers choisi, c'est à dire ici la mythologie nordique, est très intéressant et se prête à merveille à ce type de jeu.
Un joueur relativement motivé pourra le finir en environ 25 heures. Mais quel dommage que la dernière partie (le fameux 'Ragnarok') ne soit qu'un vulgaire gros chateau avec son gros big boss, et que la fin se résume à quelques félicitations (du genre 'Ouais, on a gagné, merci, bon travail, tu peux aller retourner te reposer.' THE END). Toutefois, j'ai cru comprendre qu'il y avait plusieurs fins différentes...
En conclusion, Valkyrie Profile s'adresse principalement aux souvent négligés RPG - gamers. Si vous en faites partie, nul doute que ce jeu va vous passionner au point de le finir d'une traite. J'ajouterais qu'il est rare qu'un RPG se dote d'une ambiance aussi forte...

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2 commentaires

  • Mandark

    26/08/2009 à 22h47

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    Bel article pour un vrai chef-d'oeuvre.

  • Anonyme

    29/03/2010 à 17h22

    Répondre

    Ton test est faussé par une mauvaise connaissance du jeu.Tout se passe dans la fin A, et juger le jeu sans même l'avoir faite et en être conscient, c'est un manque de professionalisme très grave.

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