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Desperados: Wanted Dead or Alive - Test

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Desperados de Spellbound ne repose pas sur le plus original des concepts, mais face aux Commandos, le précurseur du genre stratégie / infiltration, il est capable de rivaliser à armes égales sans problème. Reprenant à son compte les principaux ingrédients (cône de vision, interface) qui ont fait le succès de la saga de Pyro Studios - certains parleront même de plagiat, tout en apportant de nombreuses améliorations significatives, ce challenger vaut surtout le détour pour son ambiance westernienne réussie et alors si peu exploitée dans l'univers des jeux vidéo.

Pistolero couillu et en quête d'une bourse encore plus d'envergure, John Cooper est bien décidé à rassembler une A-Team de rêve pour se lancer sur les traces d'El Diablo, chef impitoyable d'une bande de vermines devant les méfaits desquels personne n'ose broncher. Cette chasse de têtes au postulat sans accros va progressivement s'avérer être un véritable nid de guêpes dans lequel le traqueur se retrouvera hors-la-loi... Voilà une trame, certes classique, mais desservie par une structure narratologique recherchée et tout à fait rafraîchissante par rapport aux Commandos dont les périples se résument généralement à des objectifs de missions qui n'ont pour seul lien que le contexte de la Seconde Guerre Mondiale. Dans Desperados, au contraire, le fil conducteur est mis à l'honneur à travers une flopée de cinématiques en image de synthèse (référentielles, rythmées et bien fichues) et de mises en scène intra-muros, elles-mêmes ponctuées en cours de partie de nombreux dialogues et divers rebondissements. Tout cela au service d'une intrigue mouvementée qui aurait très bien pu faire l'objet d'un film du genre. Cette conscience du récit est d'autant plus accrocheuse qu'elle repose sur des protagonistes parfaits dans leur élément, charismatiques et caricaturaux juste ce qu'il faut.

desperados_village
desperados_village
Cinq personnages aux compétences complémentaires viendront petit à petit se joindre à Cooper. Chaque nouvelle rencontre est l'occasion d'intégrer une petite mission didactique pour favoriser leur bonne prise en main. Agitateur d'explosifs, manitou des formules chimiques, déesse du charme, videur d'ordures et de tequila : tous ont de quoi multiplier les tactiques d'approche, des plus radicales (sniper, zigouiller à l'arme blanche, éparpiller façon puzzle, empoisonner, rendre berserk) aux moins expéditives (endormir, assommer avec une pierre ou le poing, coup de pied entre les valseuses, ligoter). Ils se cachent, rampent, marchent, courent, empruntent les échelles, grimpent sur les toits et sautent sur les chevaux. D'autre part, les membres de votre A-Team, en plus de leur cinq caractéristiques respectives, disposent d'attributs additionnels très utiles tels que l'escalade, le maniement de mitrailleuses, le déguisement ou l'expulsion des adversaires d'un bâtiment. Même si la stratégie consiste souvent à faire le grand ménage, les alternatives sont assez denses. De plus, une fonction « Quick Action » permet de programmer à l'avance les initiatives simultanées de vos héros : très efficace pour orchestrer des embuscades ou des diversions.

Un rapide coup d'oeil sur les screens dispatchés un peu partout sur la Toile et vous vous rendrez compte combien les environnements 3D isométriques de chaque tableau sont variés et magnifiques. Les décors utilisés font écho aux meilleures séquences des grands classiques du Western, du village mexicain abandonné au canyon propice aux guet-apens, de l'exploitation minière au gun fight sur les quais d'une gare ferroviaire. De petits détails ont été implémentés pour enrichir les options tactiques du joueur. Ainsi, ramper dans un champ de blé en passant à proximité de corbeaux sur leur épouvantail perchés peut révéler votre présence. A contrario, une chute d'eau bruyante est idéale pour camoufler une fusillade. La direction du vent, la pluie, les zones d'ombre, la nuit et la nature du sol foulé (gravas, parquet) ont également une incidence sur certaines aptitudes de vos personnages. Après un rapide examen par le trou de la serrure, la plupart des bâtiments sont pratiques pour entreposer vos victimes ou y cacher votre équipe.

desperados_saloon
desperados_saloon
L'intelligence artificielle a été dotée de neurones inattendues. Cône de vision (perçante le jour) et acuité auditive (accentuée la nuit) sont des sens à surveiller au diapason pour ne pas attirer la vigilance. Mais ce n'est pas les seuls éléments à prendre en compte. En effet, les adversaires sont hiérarchisés, de la tête pensante (et planqué), du bourrin, de la mauviette, du paresseux. Une troupe de soldat ne sera pas aussi efficace si vous avez pris soin de neutraliser leur commandant. Si votre équipe est en surnombre face à l'ennemi, celui-ci détalle ou abdique. Les civils - qu'il ne faut en aucun cas tuer - seront à prendre avec des pincettes. Il suffit qu'ils soient témoins d'un meurtre ou d'une bagarre pour ameuter tout le monde et vous faire une sale réputation, ce qui ne sera pas voler. Ce niveau de réalisme rend la difficulté plutôt épicée et ne ravira pas les gagas de la gâchette. Faire constamment dans la dentelle, planifier à outrance, tester sans relâche des possibilités et leurs contraires, jongler entre les touches « quick save » et « quick load » pourront apparaître fatiguant à la longue pour quelques-uns. Pourtant, question arrachage de cheveux et poussage de gueulante, le titre de Spellbound est en deçà du ardu Commandos. Le dosage des obstacles rencontrés au fil de l'aventure a été pensé par des maîtres alchimistes. Les deux derniers tableaux (sur les 25, gigantesques pour la plupart) vont même jusqu'à enrichir le gameplay d'énigmes interactives et de mutations originales vers d'autres genres videoludiques.


Pour un aficionado du Western Spaghetti et fanatique de Commandos-like, croyez-le (ou pas), Desperados vaut largement les nuits blanches qu'il occasionne. Les clins d'oeil à tous ceux qui ont transposé le Far West sur grand écran ravissent, des effets sonores ou doublage français, en passant par les partitions musicales. Bien que pixelisé en gros plan, le visuel splendide du soft est à la hauteur du Mythe. Dans ce cadre au background enthousiasmant, les missions proposées sont loin d'être rébarbatives, grâce à l'implémentation de scripts redoutables. Mais pour en voir la fin, Dame Patience est de mise. Quant aux nerfs, ils devront être préalablement anesthésiés sous peine de surchauffe.

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1 commentaires

  • kou4k

    02/04/2007 à 23h27

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    Un "Commandos" version Western très réussi...

    Les missions sont très variées, presque autant que les personnages et leurs aptitudes.
    Ahhhhh.... ce que j'en ai passé des heures à travailler mon sens du timing dans ce jeu.

    Et pis, une telle vie dans les villes... les civils qui se promenent, les méchants qui réagissent selon de nombreuses variantes et dont le comportement est régi par la personnalité...
    L'IA est très bonne, et l'immersion excellente, les nombreuses scenettes, cinématiques intégrées, et dialogues des brigands... du grand art.

    Un bon jeu tactique, qui mettra vos neurones à rude épreuve.

    Et le lancer de couteau...

    Critique sympatique mister Gyzmo...

    (mais qu'est-ce qui t'arrive, au moins 10 topics en une soirée, t'es tombé sur une piqure d'adrénaline??? )

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