7.5/10

Divinity : Dragon Commander - Test PC

Divine Divinity, Beyond Divinity, Divinity 2 : The Dragon Knight Saga, et prochainement Divinity : Original Sin. Depuis 2002, Larian Studios ont bâti une franchise à l'espérance de vie exemplaire, souvent cité en référence dans n'importe quelle discussion entre amoureux de jeu de rôle tendance hack'n slash. Pour leur énième exploitation du filon Divinity, les développeurs belges ont cette fois-ci décidé d'explorer les contrées de la stratégie. Leur Dragon Commander se présente en effet comme un mélange de wargame tour par tour, deck de cartes à collectionner, phase tactique en temps réel, avec un soupçon de shoot'em up. De quoi chambouler les habitudes, et s'ouvrir à d'autres horizons. Ce n'est pas la première fois que la saga Divinitymixe les genres. Dans Ego Draconis, les développeurs avaient déjà injecté des composants de gestion (La Tour de Guerre) et de shoot (phase Dragon). C'est donc tout naturellement qu'à l'occasion de leur Dragon Commander, Larian décide de repousser un peu plus loin les limites. 


DR.
Une grande partie de la campagne solo - mettant en scène le premier Chevalier Dragon de Rivellon - se déroule à bord du Corbeau, gigantesque vaisseau de l'Empereur. A la manière du hub de Starcraft 2, différences sections seront visitables au fur et à mesure de l'histoire. Dans cette partie importante du jeu, préparation militaire et décisions politiques sont au centre de toutes les préoccupations. Ce segment plus reposant permet surtout de dialoguer avec les occupants du vaisseau, d'en apprendre un peu plus sur le background. Visuellement (texture, modélisation et animation), il faut reconnaître que les différentes personnalités du vaisseau ont bénéficié d'un beau design et d'un doublage français pro. Cela verse souvent dans la caricature volontaire, avec parfois quelques surprises et des dialogues franchement rigolos.
Presque à chaque fin de tour, le joueur sera convié dans la salle des ambassadeurs pour trancher sur les résolutions proposées par les conseillers et représentants des morts-vivants, elfes, nains, lézards et diablotins. Chaque race ayant ses préférences et coutumes, les dilemmes binaires déboucheront toujours sur un peu de mécontentement. Le jeu laisse cependant le loisir de se mettre à dos une faction ou de jouer les diplomates. Mariage pour tous, briser le plafond de verre, violence et jeu vidéo, modalité de licenciement, etc : les développeurs ont malicieusement intégré tout un tas de problématiques directement puisés des questions que se posent nos sociétés modernes. Le décalage est parfois un peu brut, presque trollesque. Mais en parfaite harmonie avec l'esprit de Larians Studios, toujours en forme lorsqu'il convient d'injecter un peu d'humour dans un monde de brutes épaisses. 

DR.
Plus tard dans le jeu, le joueur devra choisir une épouse parmi les différentes races. Ce choix permettra d'augmenter la réputation auprès d'une faction, et débloquera une quête personnelle de la Reine qui devra être résolue par le joueur à travers le dialogue (choix binaire). 
C'est au bar que vos quatre commandants entendront de taper le carton ou faire la causette. Ces illustres adjuvants, indispensables sur les champs de batailles pour gagner un combat automatique, ont également des missions personnelles qui demanderont l'attention et les conseils du Chevalier Dragon. 
L'ingénierie et les appartements royaux sont deux passages obligés pour débloquer les soixante-dix compétences (partagées entre les pouvoirs du Dragon et l'armée) et la quinzaine d'unités. Ces dernières, qu'elles soient terrestres, maritimes ou aériennes, ont chacune des disponibilités exclusives bien utiles en combat : augmentation de portée, de résistances ou de dégâts ; camouflage ou envoûtement de l'ennemi ; etc. A terme, les grenadiers se transforment en bombes kamikazes, tandis que les Troupiers se révéleront particulièrement efficace pour capturer les bâtiments adverses. 
Enfin, le Pont est la salle à partir de laquelle on accède à la carte stratégique.


DR.
Avec son design soigné, la carte stratégique en 2D se présente comme n'importe quel wargame, façon Risk. Le but est de dominer l'échiquier grâce à ses unités. Et ce, au tour-par-tour. Le joueur et ses adversaires déplacent leurs pions sur les différentes régions, construisent des bâtiments pour développer leur armée ou augmenter les chances d'emmagasiner des ressources utiles à l'expansion (or, point de recherche). Au fil du temps et des captures, le joueur gagne également des cartes à jouer, pratiques pour tourner une situation mal barrée à son avantage. Celles-ci débloquent diverses compétences : bonus territoriaux, unités mercenaires supplémentaires, compétences automatiquement débloquées pour un ou deux tours, etc. Les sortir au bon moment peut réellement sauver de la défaite en approche ! Lorsque les unités pénètrent le territoire adverse, l'écran de préparation au combat s'ouvre, avec sa fenêtre d'estimation de victoire, ses possibilités de combat automatique (via ses généraux), et ses emplacements de deck pour cartes à jouer. Si le joueur décide de participer à l'affrontement – sous forme de Dragon – le jeu offre en plus la possibilité de sélectionner les pouvoirs du bestiau parmi la trentaine débloqués auprès du mage Maxos.


DR.
Au cœur du combat se déroulant en temps réel dans des environnements 3D, à l'aide de ses unités déployés, le joueur va devoir capturer différentes fondations pour y construire les éléments de sa base : bâtiments de construction d'unités (terrestres, aériennes, maritimes), tourelles en tout genre, locaux pour augmenter la taille de son armée. Le déroulement des affrontements se développe de la même manière que la plupart des jeux de stratégie temps réel (STR). On décuple ses forces, on tabasse l'ennemi, on écrase son territoire : victoire. C'est du classique, mais Dragon Commander est assez riche en la matière pour plaire aux joueurs qui aiment ce genre d'action. La variété des unités et de leurs compétences, ou l'intelligence artificielle plutôt agressive ont de quoi tenir en haleine ceux qui aiment les challenge. Le soucis viendra plutôt de la répétitivité des environnements, à la longue toujours les mêmes. Ainsi que de la bêtise de ses troupes qui voient rouge et foncent parfois dans le tas - malgré les ordres donnés, et n'utilisent pas leur compétence unique automatiquement... ce qui peut très vite devenir compliqué lorsque des tonnes d'unité sont « sous contrôle ». Heureusement, le Dragon veille au grain ! C'est d'ailleurs ce qui fait la particularité du titre : son unité légendaire en mode shoot'em up. La possibilité de s'incarner en Dragon était déjà intégrer dans Ego Draconis. Ici, la créature ne perd pas au change et se révèle même encore plus agréable à manipuler. Les sensations de vitesse, sa puissance, ses animations : tout est une belle réussite. pour superviser les opérations et filer un gros coup de main à son armé, la forme du Dragon est idéale. Pour se faire, il faut d'ailleurs posséder un minimum d'unités. D'où la nécessité de prendre le contrôle de certaines fondations. Ensuite, l'invocation du dragon passe le jeu en vue à la troisième personne. Depuis les hauteurs, le contrôle de son armée peut se faire via les raccourcis du clavier, en sélectionnant son armée entière, ou partiellement. La prise en main n'est pas tout de suite optimale, ni très précise. Mais une fois qu'on a compris le système, le jeu devient assez vite intéressant à pratiquer ainsi. Seul soucis, l'impossibilité de commander à ses troupes l'emploi de leurs compétences spécifiques. Dans la peau du Dragon, si vous voulez qu'un Troupier capture un bâtiment adverse, il faudra revenir en mode STR et ré-invoquer le Dragon la tâche manuellement exécutée. 

Dragon Commander reste donc dans la lignée et l'esprit de ce que nous avait donné à voir les précédents Divinity. De l'action, de la gestion, des phases planantes. Avec Ego Draconis, Larian Studios avaient opéré à un léger virage du côté de la gestion et du shoot. Dans Dragon Commander, les développeurs enrichissent une franchise et un background qui se prêtent parfaitement à l'exercice. Et si vous n'êtes pas fâchés contre les temps de chargement franchement énormes sur PC, et n'avaient pas peur de la répétitivité des maps en mode STR, il se pourrait bien que le soft vous charme de très nombreuses heures. Comme il charmera sans doute les fans de la licence avec cet opus en marge, et bienvenu.

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