6.5/10

Dora L'exploratrice - Dora Puppy - Test

Un Nintendogs bas de gamme, qui a pour seule caractéristique de se dérouler dans l'univers de Dora. Certainement agréable pour les trois ans, parfaitement imbuvable pour les autres. 

Lorsque l'on est jeune, et un tant soit peu adepte de jeux vidéo, on ne rêve que d'une chose : travailler dans le monde du jeux vidéo, si possible comme chroniqueurs. Au premier abord, être testeur semble être la belle vie : on reçoit plein de jeux, gratuitement, on passe sa journée à jouer, et on reçoit un salaire en échange - moyennant tout de même quelques lignes griffonnées par ci par là. Il y a encore quinze ans, le rêve semblait inaccessible, les places étant chères et difficiles à atteindre.
Un monde très fermé qui s'est démocratisé avec l'arrivée d'Internet, où chacun pouvait exercer sa plume et parler de sa passion à travers des structures plus ou moins élaborées et plus ou moins professionnelles. Mais ce monde idéal a son revers, dont on prend conscience en y mettant concrètement les pieds. On ne reçoit pas toujours ce que l'on veut, et la plupart du temps, le testeur est contraint de tester un titre qui ne l'intéresse pas, qu'il ne connaît pas, qui ne présente aucune qualité, ou qui n'est pas adapté à son intellect. Le rêve se brise et devient une sérieuse prise de tête où l'objectivité doit savoir se marier avec la subjectivité. Tout cela pour dire que critiquer Dora Puppy n'est pas si facile qu'il n'y paraît, puisque le jeu est clairement destiné à un public en bas âge. Il m'est nécessaire d'être objectif, en essayant de diviser mon âge par dix, tout en conservant ma subjectivité. C'est pourquoi, vous trouverez deux parties à ce test : la première, ce qui suit, se veut objective et devrait convenir à tout type de lectorat ; quant au dernier paragraphe, en italique, il représente la réaction d'un trentenaire à qui l'on offrirait ce type de produit. 

Sous couvert de la franchise Dora, vous voilà parti pour vous occuper de Puppy, l'adorable petit chiot de la célèbre exploratrice. 
A travers une interface très simple, et muni de votre stylet, vous devrez jouer avec Puppy, le laver, nettoyer ses bêtises, le nourrir, l'habiller (...), et le sortir pour qu'il puisse joyeusement arroser les plantes du jardin - avec pour finalité de remporter le concours local du plus beau chien. Le jeu, destiné aux trois ans, se veut bien sûr pédagogique, mais dans une certaine mesure. Inutile de penser qu'il va apprendre à votre enfant à s'occuper d'un chien, les « activités » à réaliser avec Puppy sont très simples et ne prennent en compte que les aspects de premier plan : nourrir, jouer, laver. Puppy exprime parfois ses besoins, graphiquement, mais ne pas les satisfaire ne conduit pas au moindre désagrément. Si Puppy a soif, et que vous négligez cette demande, il stoppera toute activité jusqu'à ce que son écuelle soit remplie. S'occuper de Puppy rapporte des « jetons Ouaf », qui serviront à la boutique pour acheter des vêtements, accessoires, et obstacles de parcours. 

Dora Puppy est à l'image de la série, il n'est pas proprement instructif, mais se constitue plutôt comme une activité d'éveil. Vous vous occupez de Puppy, certes, mais l'interface met à contribution les couleurs, les formes, et même les langues pour ne pas se restreindre à une simple activité de divertissement. Il faudra sélectionner les balles de couleurs demandées, identifier les objets les plus petits / longs, ou bien encore compter en anglais avec Dora ; il faudra également se familiariser avec les fonctionnalités de la DS, en utilisant le micro, et en jouant du stylet pour reproduire des formes simples et effectuer certaines actions.
Il y a également une part de créativité, matérialisée par la possibilité d'acheter des vêtements et des accessoires, et de prendre des photos à décorer avec des sortes d'autocollants. Au bout du compte, on s'aperçoit qu'il n'y a pas grand chose à faire, mais le jeu se veut « occasionnel ». L'interface récupère la charte graphique de la franchise Dora, et fait en sorte que le jeu soit le plus accessible possible. Aucun texte, Dora s'adresse directement au joueur pour lui dire quoi faire, en français. On est parfois à la limite de l'abrutissement, la petite gamine répétant sans cesse les mêmes phrases au fur et à mesure des activités, mais au moins l'enfant peut être autonome devant son écran. Il lui faudra d'ailleurs s'adresser directement au chien par le biais du micro, un peu trop souvent si vous voulez mon avis, surtout que la console ne reconnaît pas les mots prononcés mais plutôt le volume - souffler ou hurler n'importe quoi suffit alors à remplir l'objectif. Les différents lieux et activités sont eux représentés par des pictogrammes explicites. La jouabilité se veut simple mais s'avère être un peu lourde et parfois franchement inadaptée. Tapoter pour tirer une corde ? Gribouiller pour verser des croquettes ? L'intérêt n'est pas d'être cohérent, nous l'aurons compris. 

Dora Puppy se positionne comme une activité d'éveil crédible, assez bien construit pour que l'enfant soit vite autonome avec la console. La lourdeur (graphique et sonore) de l'interface et le faible intérêt des « mini-jeux » ne le destine pas à une classe d'âge dépassant les quatre - cinq ans ; mais en dessous, l'enfant pourra travailler ses formes et ses couleurs, et se familiariser avec quelques mots d'anglais, dans la béatitude rose bonbon du monde de Dora. Un peu cher tout de même au regard du contenu. 

L'avis plus subjectif : Le clébard a une sale tête, c'est indéniable. Et avec un sweat rose, une casquette bleue, et un foulard rouge, c'est pire. J'essaierai bien autre chose, mais il faut de l'argent pour cela. Alors, je trouve l'activité la plus rentable niveau temps / prix, et je la reproduis à l'infini : remplir l'écuelle d'eau. Au bout d'une dizaine de rasades, le chiot demande à sortir, puis je reprends mon activité. En moins d'une demi-heure, j'ai tout acheté, et j'ai rempli mon tableau de récompenses. Entre temps, j'ai coupé le son, Dora me gave, et j'ai appuyé frénétiquement sur A pour passer toutes les phases de parlotte au micro. Et je lui aurais bien jeté toutes les balles pour aller plus vite, mais Puppy n'en veut qu'une d'une certaine couleur. J'ai passé l'âge de m'éveiller aux couleurs, mais les daltoniens pourraient être mis en difficulté. L'ennui me guette très vite. Je range le jeu, et j'oublie.


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