8.5/10

Dragon Age : Origins - Test

Un grand JdR pour un jeu graphiquement poussiereux malgré une modélisation des visages experte et un bestiaire aux petits oignons. Un excellent titre tactique également qui aurait mérité un travail un poil plus poussé.

Une semaine après la sortie de Dragon Age : Origins sur PC et Xbox 360, le jeu vidéo RPG le plus attendu de l'année nous fait l'honneur de s'adapter à la capricieuse console de Sony (en terme de développement de titres multiformats). Sept petits jours de plus pour peaufiner un jeu qui fait entre temps beaucoup parler de lui essentiellement en bien mais parfois avec un pointe ou une larme de déception de la part de la population qu'il l'attendait en palpitant. Ce n'est certes pas en sept jours que le développement graphique à été repris bien évidemment mais est ce que ce portage est au moins aussi bon que ses jeunes ainés?

Et il faut avouer que des qualités Dragon Age : Origins en a un paquet à commencer par une composante nécessaire et probablement suffisante à savoir son univers et son roleplay qui y engage les interactions entre PJ (personnages joueurs pour les non initiés) et PNJ (personnages non joueurs). A ce niveau le tableau est particulièrement bon. On ne vous dira pas que c'est parfait mais c'est
particulièrement bien travaillé. Si les membres de votre groupe réagissent entre eux de manière savoureuse en se balançant des piques pendant les longues marches en forêt par exemple, il ne s'agit ici que d'un bonus fort agréable, d'un trait d'humour qui allie esprit et efficacité scénaristique. L'essentiel de l'excellent travail de dialogues est concentré sur le journal des quêtes. En effet, ici l'alignement, les phrases utilisées sont particulièrement sensibles dans l'histoire et influent de manière concrète sur les événements. Une fois une action perpétrée il est tout simplement impossible de la défaire (mis a part en utilisant ces techniques honteuses de triche à la sauvegarde). Ainsi il vous faudra payer les conséquences de vos paroles et de vos actes auprès des PNJ et des populations qu'ils représentent et ce dans un scénario assez agréable à suivre mais aussi auprès de vos compagnons d'armes. Ces derniers si ils ne sont pas homogénéisés à votre caractère se retrouveront, à terme,  à vous déserter ou encore à essayer de vous poignarder.  Il est donc important de s'entourer convenablement et de bien choisir lorsque la croisée des chemins vous offre le bon comme le moins bon choix. On ne tarira pas d'éloges sur cet aspect du jeu particulièrement bien huilé et qui vous emmènera jusqu'à des sommets rarement atteints dans le plaisir d'immersion.

Au delà de cela on note une progression d'une savante difficulté qui sait s'équilibrer grâce à un gameplay tactique lors des affrontements auxquels il vous sera demandé de participer. Ici tout moment d'inadvertance peut se révéler fatal et il est une fois de plus important de responsabiliser le joueur. Un gros bourrin qui fonce tête baissé sera une simplification pour les quelques premières heures de l'histoire mais se retrouvera
très vite limité si il ne s'entoure pas de camarades avec des compétences complémentaires aux siennes et qu'il faudra savoir paramétrer ou utiliser à bon escient. C'est donc une fois de plus de haute voltige, assez pour nous embourber encore plus dans ce sentiment d'appréciation qui nous unie à la galette au couleurs de sang de dragon. L'univers de Ferelden n'est pourtant pas bien vaste et les quelques origines que l'on vous propose si elles sont particulièrement bien senties ne rajoutent que quelques gouttes de bonheur à cet ensemble de joies. De plus on est en présence d'un graphisme dépassé quand on se rapproche de la bestiole. Si le design fait un travail de cache misère phénoménal et que la modélisation des visages dans les cinématiques de discussion sert à merveille des gros plans magiques et des travellings bien positionnés pour travailler sur le flou artistique, il n'en reste pas moins que les textures sont très inégales et que certaines modélisations et arrières plans sont tout simplement honteuses pour des machines de cet ordre.   

Adeptes du crafting vous serez probablement déçus alors que les fanas d'aventure et d'exploration seront ravis. Vous autres qui vous attendiez à une révolution graphique de la part d'Electrinic Arts et Bioware soulagez vous puisque l'ambition de ce soft reste exceptionnelle. Les mécanismes de jeux de rôle sont ici particulièrement bien
sentis et servis dans une histoire particulièrement bien ficelée et pleine de quêtes à la texture narrative délicieuse. L'ambiance sonore qui accompagne ces doux moments de brutalité sanguine, une sauvagerie que l'on apprécié aux taches de sang qui peuplent nos armures rouillées, est d'un grand régal épique sans être pénible un seul instant. Bref, les principaux intérêts du genre sont sauvegardés et magnifiés par le jeu des origines qui si il ne rapporte pas énormément au niveau de la durée de vie (encore que le charisme aidant on aura envie de continuer à faire vivre son nain et son elfe dans un univers parallèle) est un plaisir immersif rare. Les personnages se retrouvent d'une histoire à l'autre et se confondent dans les diverses origines sociales que contient un monde inconnu. C'est avec une certaine maturité qu'on aborde les différents états et statuts sociaux entre autre, comme un jeu de microcosme un poil plus violent que de nature grâce à ses composantes heroïc fantasy fortes. 

Par contre, et une fois encore, on se rend compte du désir flagrant de nous voir débourser un max avec des quêtes à extension magique que l'on pourra nous servir indéfiniment. Il est un peu dommage d'en avoir la certitude de manière aussi prononcé avec du contenu déjà téléchargeable deux semaines après la sortie et tout particulièrement quand un jeu se vend 70 euros en magasin sans ces derniers. Mais le jeu seul se suffit à lui même et se retrouve bien au delà de ses concurrents quoi qu'il en soit.

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