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Dragon Quest : La Fiancée Céleste - Test

Square Enix allie la technologie moderne et le old school du RPG. En ressort un jeu pas inintéressant, mais destiné aux amateurs du genre.

Un grand nombre de RPG japonais n'a jamais passé les frontières de la France, malgré leur qualité. Et pourtant, les quelques rares représentants ayant franchi l'océan n'ont pas eu à se plaindre de l'accueil, et demeurent pour la plupart dans le cœur des joueurs. Il aura fallu un projet de l'ampleur de Final Fantasy VII pour secouer un peu le cocotier, dans une mesure toute relative, alors que l'univers du RPG avait déjà révélé au monde un certain nombre de joyaux que les joueurs européens les plus impatients découvrirent en import, obligés de se mettre au japonais, ou via l'émulation et le travail de groupes de traduction amateurs. C'est de cette façon qu'un titre comme Chrono Trigger, véritable perle encensée par la critique et par le public, a pu toucher un petit pourcentage de joueurs français, à l'époque.
Square Enix, maintenant conscient du potentiel commercial mondial de ces productions, décida il y a de ça quelques années de se mettre aux portages et aux remakes, piochant sans vergogne dans les vieux titres de sa gamme pour les revendre au prix fort. Un titre comme Final Fantasy VI, sur GBA, n'a pratiquement pas été retouché, si l'on écarte sa localisation française. C'est ce que l'on appelle le portage. Pour d'autres titres, Square Enix prit la décision de les refondre graphiquement, histoire de leur donner un petit coup de jeune, comme Final Fantasy III, Final Fantasy IV, ou bien la série des Dragon Quest.
La Fiancée Céleste est le cinquième opus de cette série légendaire qui n'a rien à envier à Final Fantasy, à part peut-être sa popularité européenne. Dragon Quest a en effet été longtemps la chasse gardée du japon, malgré ses qualités et sa réputation au pays du soleil levant, et c'est sous forme de remake que la Nintendo DS les accueille un par un, aujourd'hui.


Entendons-nous bien, La Fiancée Céleste est un jeu qui a déjà macéré plus de dix ans. A l'époque, les attentes et les codes du genre n'étaient pas vraiment les mêmes que maintenant, à peu de choses près. Du coup, le jeu pourra être considéré comme « old school » pour la masse, très classique dans la plupart de ses rouages techniques. Ainsi, vous voilà lâchés sur une carte du monde avec trois autres protagonistes, interrompus par un combat aléatoire tous les cent mètres, passant de ville en ville et de continent en continent pour faire avancer le scénario. En mode combat, chaque protagoniste effectue une action (attaque, défense, aptitude en échange de quelques points de magie, ou objets) qu'il aura choisi en début de tour de combat, puis subit celles des adversaires, jusqu'à élimination d'un des deux groupes. Le système de combat se résume à cela, et n'offre guère de possibilité tactique, il suffit généralement de se concentrer sur l'attaque en affectant l'une de vos ressources aux soins pour que le combat se passe bien. Il est même possible d'automatiser les actions de vos compagnons si vous avez encore moins envie de vous prendre la tête ! Bref, le peu de marge de manœuvre et le rythme un peu mou des combats nous ramènent directement au siècle dernier.
En revanche, la constitution de l'équipe présente un aspect tactique un peu plus intéressant par le nombre de possibilités qu'elle implique. Ici, vous pourrez faire votre choix parmi un bestiaire de plusieurs têtes de pipe, puisque chaque monstre que vous rencontrerez pourra potentiellement être saisi par l'envie de vous accompagner, en sachant que vous ne pourrez les contrôler pleinement que lorsque leur score de sagesse sera au dessus d'un certain nombre (tout dépend du monstre, mais il suffit d'entraîner la créature pour voir sa sagesse augmenter). Ajoutons que certains personnages importants de l'histoire viendront vous prêter main forte à l'occasion, et voilà qu'il devient important d'adapter son escouade pour faire face à toutes les situations, surtout qu'un petit nombre de monstres non utilisés en combat peut tout à fait vous accompagner passivement et bénéficier de l'expérience gagnée en combat, histoire d'augmenter de niveau.
Se taper des combats à répétition, procédure communément appelée "leveling", sera nécessaire à de nombreuses reprises, moyen le plus efficace de faire face à une difficulté assez relevée qui vous contraint à rester à jour niveau équipement et à fuir les combats qui semblent ardus. Ce n'est pas pour rien que le jeu propose une option hors combat permettant de soigner automatiquement tous vos compagnons.

Vos prétendantes.
Vos prétendantes.
Tout cela est bien joli, mais l'histoire vaut-elle le coup ? La Fiancée Céleste innove un peu dans le genre en vous proposant d'incarner un personnage sur trois grandes périodes de sa vie, en tant qu'enfant, en tant qu'adulte, et en tant que père. Ce n'est pas un spoiler, c'est même carrément là-dessus que le jeu base sa publicité, vous aurez l'occasion de vous choisir une femme parmi trois prétendantes (une de plus que dans la version originale sur Super Nintendo) et de lui faire un enfant, que vous pourrez contrôler également par la suite. Idée éminemment sympathique, même si celle-ci s'amène avec de lourds sabots de bois, à l'image d'une histoire pas mauvaise mais traitée avec précipitation. Tout fonctionne dans la hâte, les évènements se succèdent sans temps mort et sont propulsés dans l'intrigue sans ménagement. Nous aurions apprécié, par exemple, que certains épisodes importants soient traités avec plus de profondeur, sans précipitation, et intégrés plus précisément au jeu.
D'un point de vue graphique, il est évident que cette version s'avère plus agréable que son modèle. Les concepteurs ont même poussé le vice à reconstruire l'intégralité des décors en 3D pour pouvoir effectuer des rotations en temps réel, tandis que les personnages présents à l'écran demeurent en 2D. A de nombreuses reprises, il vous faudra faire tourner la caméra pour apercevoir des portes que l'on ne pouvait distinguer avec l'angle classique, ou tout simplement pour faire apparaître sur l'écran du haut le chemin qui vous attend et décider du tournant à prendre. En combat, les ennemis sont les seuls à être modélisés, votre équipe se contentant d'apparaître sur l'écran supérieur sous forme d'images, ce qui rend les combats assez austères.

A de nombreux points de vue, Dragon Quest : La Fiancée Céleste a tout du bon RPG Old School, et son remake lui fait honneur. Square Enix a en effet cherché à conserver le charme un peu désuet de la série tout en opérant une véritable refonte graphique. Le résultat est agréable à l'œil, certes, mais ne gomme pas les problèmes que traîne l'épisode depuis sa naissance. A savoir, une histoire traitée un peu par dessus la jambe malgré ses quelques points d'originalité, son grand nombre de combat aléatoire, et son leveling souvent obligatoire.

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1 commentaires

  • Anonyme

    27/05/2009 à 13h55

    Répondre

    Super jeu! La difficulté n'est pas très poussé, il est donc facilement abordable. Personellement, c'est mon préferer de la série des Dragon Quest. J'aime surtout la liberté du jeu avec le choix de la fiancée. La durée de vie du jeu est bonne. On peut arrivé dans la cinquantaine d'heure de jeu en prenant son temps. Ce qui est très facile avec toute les quêtes annexes disponible. Voilà, en gros je conseil vraiment ce jeu pour tous les fan de RPG! Pour moi ce sera un 20/20

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