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Electroplankton - Test

Après le programme d'entraînement cérébral du Dr Kawashima, on n'imaginait pas que Nintendo irait encore plus loin dans la recherche de toujours plus de nouveauté. Voilà que c'est finalement chose faite avec Electroplankton : après les OVNI, voici les JEVNI : jeux vidéo non identifiables. Car là, ça y est, nous sommes obligés de l'admettre, Electroplankton ne peut pas être qualifié de jeu, à moins de considérer que faire des tap tap ou des tournicotis avec le stylet, ou enregistrer des bruits ou des voix, soit un jeu. Mais alors le jeu a 2/10 et une durée de vie de 2 jours.

Qu'est donc alors Electroplankton et pourquoi en parler quand même ?


Une oeuvre d'art

Devant Electroplankton, il est difficile de rester insensible : ses douces et délicates sonorités, portées par un univers océaniques, vous enivrent à la manière des musiques douces de magasins de nature. Electroplankton repose et détend l'utilisateur qui se sent comme tranquillement affairé dans son jardin, bercé par le carillon qu'il a installé sur sa terrasse, le vent dans les arbres et le chant des oiseaux.

Voyez plutôt : Site Officiel

Si les graphismes sont plutôt des formes circulaires extrêmement simples, on n'y voit pas une paresse du créateur, mais plutôt une résonance de la simplicité des sonorités sur les dessins. De même, les couleurs, peu mélangées, de 3 types différents au grand maximum, conservent le même ton de simplicité.


On sent la signature d'un artiste, même si cet artiste reste totalement inconnu pour un européen ou un néophyte. En l'occurrence, Electroplankton est signé Toshio Iwai, artiste mondialement connu dans le domaine du média interactif, gagnant du Grand Prix d'art contemporain japonais en 1985, du Grand prix du festival Arts Electronica en 1997 (catégorie arts interactifs), de la médaille d'or du Interactive Media Design Review I.D. Magazine à New York en 2000, et collaborateur du très célèbre Hayao Miyazaki (Princesse Mononoke, Le Voyage de Chiiro).

Toshio Iwai lui-même vous expliquera que, lorsque Nintendo l'a invité à créer quelque chose avec la Nintendo DS, il a décidé d'associer tout ce qui l' « avait capté au fil des ans : observer des planctons au microscope, enregistrer ma voix et les sons qui m'entourent avec un magnétophone, créer toutes sortes de sons avec un synthétiseur et contrôler des images et des sons et avec la NES. Et cela a donné Electroplankton » (commentaire de Toshio Iwai, mode d'emploi d'Electroplankton).


Un outil créatif d'un genre nouveau

Electroplankton ne se contente pourtant pas d'être une oeuvre à admirer sans aucune interactivité avec le spectateur. Toshio Iwai veut nous faire devenir compositeur ou chef d'orchestre, selon ce que chacun préférera comme terme. En associant l'image ou le geste au son, voilà que l'orientation d'une feuille d'arbre ou le tracé d'un trait sur votre écran permet à l'utilisateur de créer des sonorités différentes jusqu'à faire une véritable mélodie, ou une petite cacophonie... bien que le résultat ne soit jamais vraiment catastrophique ou désagréable à l'oreille.

Mettant du coeur à l'ouvrage, Toshio Iwai nous surprend par ses stupéfiantes associations d'idées qui, cerise sur la gâteau, sont même teintes d'une certaine dose d'humour voire d'hilarité totale.

Le seul et immense regret de cet outil créatif est qu'il ne permet pas de sauvegarder ses créations, aussi médiocres soient-elles. C'est d'autant plus dommage que la motivation de l'utilisateur s'en verra d'autant plus diminuée. L'outil créatif reste ainsi en arrière-plan et seul le véritable passionné ira jusqu'à faire des branchements sur son ordinateurs ou sa chaîne hi-fi pour conserver ses créations. Mais le véritable passionné qui aura déjà synthétiseurs et autres accessoires performants, ne considérera-t-il pas lui aussi Electrolankton comme juste une oeuvre et non un outil créatif ?

Par sa qualité graphique et sonore, sa créativité délirante et son univers océanique totalement fantasque, Electroplankton méritait quand même que l'on en parle. Mais que les choses soient bien claires : seuls des musiciens (amateurs ou professionnels) pourront en saisir tout le potentiel et en développer les myriades de possibilités créatives, au détail près que cela sera peut-être pour eux trop basique ; tout néophyte en musique ne passera-t-il pas quant à lui extrêmement vite à autre chose et ne verra-t-il pas dans Electroplankton qu'une bête curieuse amusante ne méritant que quelques minutes d'attention ?

Mais les impressions de chacun seront peut-être plus variées qu'il n'y paraît. En art, rien n'est jamais acquis.

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2 commentaires

  • hiddenplace

    19/11/2008 à 13h41

    Répondre

    Eh bien je ne serai pas aussi sévère qu'Islara, en ce qui concerne ce "jeu" vraiment original et mettant à profit les fonctionnalités de la DS (le tactile et l'enregistrement de sons)


    Déja, comme l'a souligné Islara, la principale qualité du programme, c'est son atmosphère totalement zen, avec ses petites formes organiques et pas très loin de l'abstrait, (normalement le plancton est invisible à l'oeil humain de toute façon^^) ses couleurs lumineuses et chatoyantes. Et puis ce qui me plaît beaucoup, c'est la grande place laissée au hasard, comme s'il suffisait de presque rien pour produire des choses pourtant très jolies.


    Pour un peu, on se prendrait presque pour Björk et ses insatiables expérimentations d'objets divers et de human beatbox


    Personnellement, le fait de ne pouvoir enregistrer ne me dérange pas du tout, car lorsque qu'on passe sa main dans un carillon, on ne peut pas enregistrer non plus^^ Vous allez me dire que vu le prix du jeu et de la DS, on pourrait en attendre un peu plus... mais moi je ne vois de toute façon pas Electroplankton comme un jeu mais comme un simple outil de création, à la fois visuel et sonore, et je me le garde pour le soir, après une journée fatigante et pleine de bruit... et ça fait du bien !

  • Islara

    03/03/2009 à 14h32

    Répondre

    Je n'étais pas si méchante, je ne pouvais tout simplement pas mettre une note à un jeu qui n'en est pas un. ^_^' Finalement, on en a toutes les deux retiré la même impression et la même sensation.   

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