5.5/10

Enquêtes de Nancy Drew : Dernier train pour Blue Moon Canyon (Les) - Test

Le premier contact avec un Nancy Drew ressemble fortement à la découverte dans un miteux grenier poussiéreux d'une vieille photo de notre enfance. Avec une petite pointe de nostalgie, le souvenir impérissable de nos émois informatiques refleurit et nous ramène au temps où 128 de Ram était un rêve presque inaccessible, et où la 3DFX régnait en maître.
A partir du moment où l'on écarte ces petites mièvreries sentimentales, le constat est sévère : Nancy Drew est une arriérée, une de celles qui refusent l'évolution technique et se permet de proposer une charte graphique à milles lieues de ce qui est proposé actuellement, même dans le cas d'un point'n click. Le point positif, c'est que personne ne devra changer sa machine pour faire tourner le soft, et personne ne perdra de temps à configurer les options graphiques. Nancy Drew, c'est du 800X600 obligé, et du graphisme tout juste acceptable il y a 5 - 10 ans.
Au moins, l'équipe de doublage reste inchangée, et cela s'entend. Dommage que la musique soit plutôt capricieuse et apparaisse un peu n'importe quand, sans logique aucune...

Dernier Train pour Blue Moon Canyon a beau être le quatrième opus à fouler le sol français (pas moins de dix titres de la même licence sont dispos outre atlantique), l'évolution ludique n'est toujours pas de la partie, un bien comme un mal avec le recul. Le mal, c'est que les allergiques aux précédents volets ne trouveront rien à sauver dans celui-ci ; et à contrario, le bon côté, c'est que les adeptes s'y attelleront avec le sourire. Bien sûr, les tribulations de la jeune enquêteuse se réservent toujours à un public relativement jeune, qui ne recherche ni la violence ni l'action électrique, et qui apprécieront le côté calme et réflexif de l'intrigue. La recette est presque inchangée : succession de tableaux fixes, on clique un peu partout, on ramasse des trucs et des machins, et on se coltine du dialogue à n'en plus finir. Des mini-jeux assez simples brisent un peu la monotonie de l'ensemble, et la présence du « portable appareil photo » apporte un peu d'originalité dans certaines situations.

Rien de bien transcendant également côté scénario. Déjà, il faut remarquer qu'une enquête dans un train ne pouvait pas apporter beaucoup d'espace à visiter, les développeurs l'ont bien compris. A cet effet, quelques escales sont prévues, mais rien qui ne puisse étendre significativement la durée de vie. Alors, on se tourne sur ce que l'on peut. Chaque personnage dispose de son caractère à lui, bien trempé et quasi cliché, et donnera lieu à quelques efforts d'humour bienvenus. L'histoire en elle-même (et les décors) nous ramène forcément aux intrigues imaginées par Agatha Christie, même si la comparaison ne vaut pas tripette. Ce qui n'enlève en rien à l'enquête son intérêt, relativement élevé, qui permettra aux curieux de finir l'aventure avec le sourire, plus ou moins rapidement selon son degré d'expertise en la matière.

Au final, un épisode dans la grande lignée des précédents, présentant une enquête peu originale mais aussi bien menée qu'à l'habitude. Les partisans y trouveront certainement leur compte, à ce prix là (environ 30€), les autres pesteront contre la monotonie de l'intrigue, les dialogues à rallonge, le moteur 3D préhistorique, et certainement deux trois autres points plus ou moins justifiés.

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