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Etherium : intelligence artificiellement prolongée

Un jeu de stratégie en temps réel avec un côté space opéra, ça vous évoque quelque chose ? Sûrement, puisque les titres de ce genre foisonnent, de Command & Conquer à Endless Space, en passant par les Starcraft … On se demande alors comment Etherium va bien pouvoir survivre à l’ombre de tels géants.

Ouf, j'ai enfin récupéré mon PC... Voyons voir ce que j'ai bien pu manquer... Aaaaargh : mai-juin, une période où les éditeurs tournent à plein rendement et livrent les titres par pelletées de douze. Il faut dire que les vacances scolaires approchent et que nos pauvres petites têtes blondes ont bien besoin de se divertir avec l'été pluvieux qui s'annonce. Je commence donc par rattraper mon retard, en sélectionnant un petit jeu de stratégie en temps réel concocté par nos amis de Focus et de Tindalos. Son petit nom : Etherium. Une heure de test plus tard, je regrette déjà d'avoir réparé mon ordinateur.

Le scénario ? Une fanfiction de bas étage écrite par un écolier bourré au Red Bull et aux Marlboro mentholées... Il y a un super empire humain galactique (le Consortium, que nous baptiserons le temps de ce test les Terrans), une race extraterrestre de vieux sages bouddhistes assassins (les Intari, que nous appelerons Protoss) et enfin un... Truc... Bizarre... avec des insectoïdes faiblards qui ont troqué leurs carapaces chitineuses pour des MEGAMACHINESDEGUERREQUITUENT (les Vectides, que nous ne nommerons pas) ! Et puis y a aussi des gros machins qui font éclorent d'autres bidules et puis les bidules produisent de l'Etherium. Et comme l'Etherium, c'est très rare et très pratique comme arc scénaristique, nos trois factions font la guerre. Voilà... J'ai appelé NRJ12, ils ont refusé mon histoire...Etherium ne prétend certes pas avoir la profondeur d'un Endless Space, mais faudrait voir à ne pas pousser mémé dans la fosse à Zerg !


Les joies de la carte  Contre-ordre : pousser deux flottes ennemies à s'entretuer

Les guerres de l'Etherium

Une partie du mode Conquête se déroule en deux volets, un modèle rappelant les Total War, avec une carte de campagne au tour par tour et des batailles en temps réel. Lors de ces dernières, vous commencez avec un QG, puis développez vos forces, prenez le contrôle de zones, certaines offrant des ressources (le fameux Etherium), afin de développer votre petit complexe militaro-industrialo-technologique. Avant de tomber sur l'ennemi, à moins qu'il ne vous ait rossé auparavant. Ce gameplay rappelle légèrement Command & Conquer, ou du moins ma façon de jouer à C&C. C'est plaisant, sans prise de tête et plutôt évolutif entre un côté bourrin et un côté bourrin, mais en plus subtil.

Ah, détail intéressant, en début de partie, les laboratoires sont inutiles : vous n'aurez pas encore débloqué les technologies nécessaires à l'amélioration de votre troupe... En campagne, Etherium offre la possibilité de dépenser les points gagnés pour certaines actions en recherches scientifiques. Débloquer des technologies donnent accès à plus d'unités, plus de bâtiments… C'est une des bases du STR, ici relativement bien exploitée. Néanmoins, les technologies s'avèrent très onéreuses et l'arbre des technologies, même si ses branches sont courtes, se remplit trèèèèèès lentement. Mais nous reviendrons un peu plus loin sur la question de la lenteur dans Etherium.


Oui, ceci est un arbre... de l'espace

Ah oui, vous voulez parler des flottes ? Comment dire… Elles sont au moins aussi utiles que le H de Hawaï, pour citer un grand penseur du XXIème siècle. Les combats entre deux flottes sont affreusement mous et ne mettent jamais le joueur en danger. Même en jouant comme un pied. Au moins, vous autorisent-elles à voguer de planètes en planète, colonisant peu à peu l'univers connu. On trouve ensuite les cartes « politiques », des avantages dont vous pourrez profiter à chaque tour. Certaines sont d'ailleurs honteusement « cheatées » : « Contrordre » permet par exemple de décider du mouvement d'une flotte ennemie. Il suffit de l'envoyer sur une flotte appartenant à la troisième faction pour se débarrasser sans mal de deux épines potentiellement enfoncées dans votre voûte plantaire.

Humains, Protoss et Langoustines

Les capacités spéciales de chaque faction… On oublie, tout pareil. En vérité, les trois races, leurs unités et leurs compétences sont totalement interchangeables, aucune n'a vraiment de personnalité sur le champ de bataille ou en campagne. Il y a bien trois factions secondaires, qui apparaissent uniquement lors des batailles. Elles apportent à Etherium un certain cachet, plus de diversité et un enjeu supplémentaire lorsqu'il s'agit de les rallier à votre cause. Pour autant, elles n'ont aucune autre utilité : elles ne vous attaquent pas et vous pouvez très bien complètement les ignorer sans que votre expérience de jeu n'en soit changée.


Sauras-tu trouver Charlie ?

Les combats se déroulent en mode pierre-feuille-ciseaux : une unité A a un avantage sur une unité B, qui est efficace contre une unité C, laquelle vient aisément à bout de l'unité A. Là encore, c'est basique, c'est efficace. Quant au terrain, il n'a généralement aucune influence sur le déroulement des combats… Au contraire, les évènements météorologiques sont un vrai plus. Dans Etherium, les planètes à conquérir ont différents types de climat : les ouragans cloueront les aéronefs au sol, le gel d'un cours d'eau permettra de contourner les défenses ennemies… C'est un des points les plus intéressants du jeu.

En outre, on ne pourra pas ôter à Etherium une IA extrêmement agressive lors des batailles. Contrairement à de très nombreux STR sortis ces dix dernières années, le titre développé par Tindalos présente des adversaires vindicatifs : impossible, en solo, de vous contenter de vous développer tranquillement dans votre base de départ avant de balancer toutes vos forces contre une IA passive. Ici, votre ennemi vous enverra presque en permanence des troupes, harcèlera vos avants-postes et détruira votre ravitaillement. Ce niveau de difficulté élevé enrichit fortement le gameplay, bien que l'on puisse déplorer que les tourelles défensives soient littéralement cheatées... Pour plus de challenge, n'en construisez pas plus d'une par territoire.

Plus c'est long...

Attention, nous allons toucher là au vrai problème d'Etherium : il est artificiellement long et, en conséquence, terriblement ennuyeux. Loin de moi l'idée qu'un STR doit être court, mais le contenu doit être adapté à la longueur de sa campagne. Problème : tout semble fait pour que la partie dure un peu plus longtemps. Prenons un exemple tout bête : vous vous emparez d'une planète (enfin, d'une des trois zones composant chaque astre), votre adversaire vient vous la reprendre, vous ripostez… En d'autres termes, les chances de livrer trois à quatre fois de suite une bataille sur la même carte avec les mêmes unités sont beaucoup trop élevés. La même situation se répète encore et encore, parfois sans possibilité de sauvegarder entre deux batailles et on se lasse. Ajoutez à cela, un développement à mon goût beaucoup trop lent (en début de partie, peu d'unités sont à votre disposition, ce qui rend chaque combat un peu plus répétitif) et vous finirez par abandonner définitivement votre conquête spatiale.


Pour le Vectide, l'aventure est terminée

Ce jeu a des qualités indéniables : il emprunte, inconsciemment ou non, des éléments à quelques grands titres de la stratégie, l'univers est attrayant malgré un scénario quasi-inexistant et le système de campagne a le mérite d'explorer de nouvelles pistes. Malheureusement, ses trop nombreux défauts font que la sauce ne prend pas. Etherium est à conseiller en attendant les prochains titres du studio, notamment Battlefleet Gothic Armada, mais pas indispensable.

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