7.5/10

Fable III - Test

On saute la case du numéro deux pour arriver au numéro trois ! On se demande bien pourquoi, mais qu'importe finalement, le jeu est un bon passe-temps et saura divertir le temps qu'il faudra.

Rappelons, en tout début de propos, que Fable II n'est jamais sorti sur PC. Quelqu'un sait pourquoi, mais n'a probablement jamais voulu le dire, et du coup, personne ne le sait. Est-ce cette même personne qui a quand même décidé d'adapter le troisième opus pour la souris et le clavier ? Mystère, mais il y a un avantage à tout ça : pas de redite. Ou pas trop. Certaines plates-formes spécialisées ont en effet pointé du doigt les grosses similitudes entre Fable II et Fable III, défaut que nous autres PCistes pouvons tout à fait mettre de côté grâce à notre ignorance. Le revers de la médaille, c'est que scénaristiquement, nous subissons un grand bond dans le temps qui nous propulse dans une ère industrielle qui ne ressemble pas du tout à l'Albion que l'on connaissait du premier épisode. Apparemment, le Roi local n'est pas des plus populaires, et la révolution gronde. Manque de bol pour votre temps libre, vous êtes le frère du Roi et donc la personne la mieux placée pour prendre sa place. Nous y voici, le chemin vers la couronne ne fait que commencer !


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Dans un premier temps, il faudra fuir le château et ses commodités pour battre la campagne et rassembler des partisans. Nous nous retrouvons alors avec un Action-RPG de la même trempe que le premier Fable, avec certes une simplification totale de l'interface et du système de jeu. Faire des quêtes, principales ou non, vous rapportent des sceaux de guilde qui constitueront votre stock d'expérience - il est également possible, de manière plus lente, d'en acquérir par le combat. Ces sceaux pourront être dépensés sur un chemin mystique représentant votre progression, via des coffres de compétences qui vous octroieront au choix des niveaux supplémentaires pour vos armes / magies, des expressions interactives, ou des capacités plus spécifiques (comment acheter des biens immobiliers, comment mieux préparer des tartes, etc.). La forme change, le fond demeure ; il s'agit toujours d'engranger le maximum d'expérience pour augmenter sa puissance d'attaque et survivre aux combats.
Trois styles de combat s'offrent à vous. Vous pouvez tout d'abord opter pour le corps à corps et tabasser vos adversaires avec une épée ou un marteau, il suffira alors de cliquer frénétiquement pour enchaîner les coups, et à l'occasion de parer quelques attaques. Une pression prolongée permet de sortir une attaque plus puissante mais évidemment un peu dangereuse pour votre personne lors du temps de charge. A distance, un pistolet ou un fusil se portera volontaire, avec la même fonctionnalité de charge et éventuellement une petite option de visée longue. Et en troisième, via des gantelets, votre héros pourra utiliser jusqu'à deux sorts simultanés et faire du gros dégât de zone - autant dire que ça sera certainement votre principale source de dommages vers la fin du jeu.
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Ces trois aspects du combat sont interchangeables en temps réel, et n'ont pas de limite : pas de munitions, pas de jauge de magie ou de vie. Si vous commencez à approcher de la mort, le jeu vous prévient et ternit un peu les couleurs de l'écran - il vous faudra alors esquiver le combat quelques instants pour redevenir fringuant et endurant.
Histoire d'être moins seul sur les routes, votre chien vous accompagnera, et le terme choisi ici est bien le plus judicieux - car en combat, il ne sert grosso modo à rien - mais il pourra éventuellement renifler des objets de quêtes ou des trésors enfouis. 
Obtenir des expressions en lieu et place de niveaux d'attaque supplémentaires est loin d'être superflu, puisqu'ils seront votre vecteur de communication avec le peuple. Vous pourrez bavarder, chatouiller, étreindre, ou bien menacer et insulter, selon la ligne de conduite désirée. On hérite ce système de Fable premier du nom, à ceci près que les interactions sont moins nombreuses et ne sont plus affectées à une quelconque touche, il suffit d'engager la conversion pour voir apparaître les options disponibles, souvent au nombre de trois : action gentille, action méchante, ou bouffonnerie (faire le poulet, roter, etc.).


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Nous entrons alors dans un schéma on ne peut plus classique où il faudra enchaîner les quêtes, suivre le petit chemin lumineux qui matérialise votre destination (très dirigiste), et se trouver des partisans. Ceux-ci vous rejoignent après l'accomplissement de missions souvent périlleuses et longues, et en échange d'une promesse qu'il faudra tenir ou non plus tard dans le jeu. Pendant les deux tiers de votre partie, on parcourt donc l'Albion en tuant du monstre, en sauvant untel ou untel, et en promettant monts et merveilles à la population. Encore une fois, ce n'est pas l'originalité qui vient crever le plafond, mais la progression est loin d'être ennuyeuse grâce au système de combat dynamique et à la qualité des dialogues et des doublages. Et puis, on n'attend qu'une chose : la couronne !
A un moment ou à un autre, vous serez couronné, et voilà que les vrais problèmes commencent. Il vous faut de l'argent, beaucoup d'argent pour sauver le royaume, et un certain nombre de décisions difficiles vous attendent, sans compter les promesses. Nous entrons alors dans une phase très binaire du jeu : soit vous êtes sympa, et vous n'aurez pas d'argent ; soit vous la jouez crevard, et vous en aurez. Simpliste, n'est-ce pas ? Vos décisions influeront sur la perception du peuple et sur le paysage de l'Albion, et il faudra faire parfois des choix très difficiles, mais toujours selon cette logique binaire. Orphelinat ou bordel ? Allocations ou pas allocations ?
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Le jeu promettait beaucoup sur ce point, mais le résultat s'avère un peu décevant. Vous pourrez toutefois, malgré vos occupations royales, continuer à explorer le monde et à draguer à tout va.
Car Fable n'a aucun souci avec la polygamie. Vous pouvez avoir une femme et des enfants dans chaque ville si ça vous chante, mais il faudra les entretenir et passer un peu de temps avec eux. Il s'agit d'une des occupations qui pourra vous divertir en dehors de votre mission principale, mais il y en a d'autres. Comme enchaîner les mini-jeux ennuyeux pour récolter de l'argent, acheter de l'immobilier et définir les loyers et les prix des boutiques, ou réaliser les nombreuses quêtes annexes (beaucoup se borneront à aller chercher tel ou tel objet).  Si le "cœur" vous en dit, vous pourrez également désactiver le friendly fire et massacrer du villageois.

Même en niveau de détail très bas, l'Albion a une belle tête, il faut se l'avouer. Les chemins de traverse ne sont pas si nombreux, mais la construction des villes et villages est riche et étendue. La configuration demandée est assez standard pour l'époque, et une machine de deux ou trois ans devrait sans peine pouvoir faire tourner la bête. Pas de ralentissements à déplorer, si ce n'est pendant le déferlement pyrotechnique des associations de sorts à haut niveau, et le jeu se permet même quelques petites envolées plastiques d'une très jolie composition. Certaines scènes ont d'ailleurs fait l'objet d'une remarquable mise en scène que l'on appréciera à sa juste valeur. 
Il faudra bien une dizaine d'heures pour voir le bout du jeu, mais c'est là tout l'avantage d'être en Albion, les choses à faire sont nombreuses et peuvent prolonger la durée de vie. Pourquoi d'ailleurs ne pas recommencer une partie en choisissant le côté obscur ?
Facile, le jeu l'est malheureusement. Il n'y a que peu de combats qui pourront vous inquiéter, et vos partenaires sont carrément immortels. Et puis, d'un point de vue personnel, je trouve dommage de traiter d'un sujet aussi mature en l'enrobant d'un univers délirant où le roi himself peut se déguiser en poulet pour amuser la communauté. Les goûts et les couleurs...

Simplifié à l'extrême, le jeu devient accessible à la masse et promet de nombreuses choses, comme son héros. Le résultat est un peu décevant, beaucoup trop facile et très limité dans ses prises de décisions. Fable reste néanmoins une bonne adresse sur PC, parfaitement adapté au support, assez prenant, et doté d'une grande richesse de contenu pour peu qu'on s'attarde dessus.

A propos de l'auteur

2 commentaires

  • Guillaume

    24/05/2011 à 18h57

    Répondre

    C'est marrant, on dirait que c'est VRAIMENT Fable II, avec une phase de décisions en plus via le trône.

    On peut mourir, pour de vrai ?

    Dans le II, on ne mourrait pas vraiment... on attrapait juste quelques cicatrices...http://jeux-video.krinein.com/test- ... 16121.html

  • Canette Ultra

    25/05/2011 à 09h00

    Répondre

    Pas de mort dans celui-ci non plus. Au pire ... une ... cicatrice !

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