4/10

Final Fantasy XIV Online - Test

Square Enix retente sa chance sur le terrain du MMORPG, place forte menée de main de colosse par World of Warcraft. Manque de discernement peut-être, l'éditeur se prend les pieds dans la toile et livre un produit non fini.

Testé à partir de la version du 28/10.

Annoncé en milieu d'année 2009, alors que le treizième opus se faisait encore attendre de part et d'autre de la planète, voici que Final Fantasy XIV nous arrive déjà dans les dents, après une période de bêta-test plutôt mouvementée. A l'image de Final Fantasy XI, le jeu se présente comme un MMORPG qui aura pour particularité d'être porté sur PS3 (mars 2011). Ou plutôt, si nous voulons être exact, que la version PC se définit comme un portage en anticipé de la version PS3. Ca ne change rien ? Au contraire, ça change tout.

Il y a quinze de cela, une nouvelle menace frappa le monde d'Éorzéa : L'empire de Garlemald. Celui-ci fit tomber la cité-état de Ala Mhigo, mettant fin à une longue période d'affrontements entre les douze cités-états. Ces dernières s'allièrent contre le nouvel ennemi, mais n'eurent jamais à prendre les armes : l'empire de Garlemald repartit aussi vite qu'il était venu. La nouvelle alliance décida de créer une armée régulière, mettant au placard les nombreux mercenaires habitués à défendre les cités-états. Ces derniers se regroupèrent en une organisation vouée à utiliser leurs compétences : les « aventuriers »...


Ne vous fiez pas trop aux configurations minimale et recommandée réclamées, Final Fantasy XIV demande d'en avoir sous la souris, et pas qu'un peu. Posséder une configuration « moyenne » ne détériorera pas seulement l'aspect graphique du software, mais bien toute l'expérience de jeu - à moins qu'il ne s'agisse de troubles de programmation ? Nous constatons alors un temps de latence quasi-constant dans toutes les actions effectuées par le personnage, que ce soit se déplacer, attaquer, dialoguer, ou même prendre pour cible. Lourdingue, ce délai l'est encore davantage quand il s'agit d'afficher à l'écran les autres protagonistes, il faudra parfois attendre plusieurs secondes pour qu'une zone apparemment très peuplée (si l'on en croit la mini-carte) affiche enfin son contenu. Ce n'est peut-être pas très grave pour ce qui concerne les autres « personnages joueurs », mais ça l'est un peu plus lorsque l'on parle des marchands et des autres interlocuteurs gérés par l'ordinateur, puisqu'il sera impossible de dialoguer avec eux avant leur apparition physique.

Quant à l'interface proprement dite, elle nous rappelle que le jeu sortira sur PS3 à la fin du premier trimestre 2011. Si les contrôles se font au duo clavier / souris avec plus ou moins de bonheur, rien n'a été fait pour adapter effectivement la jouabilité au monde du PC. Par exemple, pour communiquer avec un Éthérite - action très fréquente dans le jeu - la logique voudrait que l'on puisse cliquer dessus, mais non : il faut s'en approcher, cliquer sur le petit icône apparu en haut de l'écran, ce qui ouvrira le menu principal de jeu, ce dernier contenant désormais l'interaction avec l'Éthérite. Et pourquoi ne pourrait-on pas simplement naviguer sur la carte du monde en glissant le curseur avec la souris, comme un bon vieux google maps, au lieu d'utiliser des touches du clavier ? Et pourquoi ne pourrait-on pas attribuer ses compétences et son équipement avec un simple glisser / déposer ? A mesure que le temps s'écoule, on a plutôt l'impression d'être les parents pauvres du MMORPG, obligé de se coltiner une interface imbuvable pour un joueur PC qui se respecte. Quand on pense que le genre MMO est né sur le PC...
En dehors de ça, avec la machine adéquate, l'écrin est assez joli à regarder : de jolis espaces verdoyants, quoiqu'un peu vides, de très beaux effets de lumières et de particules, Square Enix a vraiment mis le paquet pour faire de son titre une joli vitrine technologique agréable à parcourir. Le point fort sera certainement la musique du jeu, très épique, qui nous rappelle que la série a toujours eu d'excellents compositeurs à sa botte.


Comme tout bon RPG qui se respecte, vos premiers instants de jeu seront dédiés à la création de votre avatar. Cinq races sont disponibles, chacune portant une désignation fleurant bon la fantasy :
- Les Hyurs : les plus proches des humains classiques, ils sont les plus nombreux à vivre dans le monde d'Éorzéa.
- Les Miqo'tes : des humanoïdes mi-femme mi-chat, reconnus pour leurs talents de chasseur.
- Les Lalafells : de petite taille, ce peuple se prédestine surtout à l'agriculture et au commerce.
- Les Élézens : plus grand que la moyenne, la taille et la forme de leurs oreilles fait inévitablement penser à des elfes.
- Les Roegadyns : massif et franc, le Roegadyn peut être mercenaire ou pirate, mais est avant tout un marin de grande expérience.
L'interface permet également, outre ce choix, de modifier légèrement les caractéristiques physiques du personnage, dans le plus profond respect des codes de la fantasy selon Square Enix. Ainsi, outre les couleurs d'iris et de cheveux, les différentes formes de nez et d'yeux proposés ne seront que de menus détails altérant à peine le physique de votre personnage.
Impossible d'imaginer des monstruosités dignes des pires moments de création de Sims, les habitants d'Éorzéa seront de sveltes personnes, avenantes et typées.
Après la définition physique, il restera quelques étapes à assurer avant de commencer effectivement à jouer. Il faudra évidemment choisir un patronyme, mais également une date de naissance, une sorte de signe astrologique, et une ville de départ - ces trois derniers choix étant réalisé un peu au hasard, puisqu'il n'y aura (apparemment) pas de conséquences directes sur votre personnage fraîchement créé.

Vous voilà lâché dans la ville précédemment choisie, prêt à embrasser le monde gigantesque qui ne semblait attendre que vous. Les premiers instants de votre existence sur Éorzéa se révèlent alors très déconcertants : rien ne vous sera expliqué.
On jette un petit coup d'œil au manuel pour voir si, une fois n'est pas coutume, celui-ci avait pour but de vous inculquer le fonctionnement du jeu, mais non, ce sera à vous d'user de votre imagination et de votre logique pour comprendre quoi faire et comment le faire. Et comme rien n'est intuitif pour un joueur PC, voir plus haut le paragraphe sur les commandes, il faudra déjà un certain laps de temps avant de déclarer avoir saisi les principes basiques du gameplay. Le plus grand moment de solitude interviendra lors de l'ouverture du menu principal, qui vous proposera alors une quinzaine de liens. Certains seront explicites, d'autres non, mais dans les deux cas il sera très facile de s'y paumer ou de ne pas y trouver ce que l'on y cherche. Et ne comptez pas sur les autres joueurs pour vous expliquer, ceux-ci semblent être enfermés dans une bulle de silence. Bonne chance pour créer une équipe, à partir de là.

Final Fantasy XIV
apporte néanmoins une grosse nouveauté qui pourrait être son principal argument de vente, dans le futur. Vous aurez beau choisir une classe à la création de votre personnage, celle-ci sera loin d'être figée. Tout dépend de l'arme que vous portez en main, puisque ce sera celle-ci qui déterminera votre job. Un personnage gladiateur, monté au niveau 20, deviendra instantanément pêcheur niveau 1 en empoignant une canne à pêche - et pourra retrouver son niveau 20 en récupérant sa grosse épée, le but étant d'accumuler des compétences et de créer véritablement un profil unique. Il sera néanmoins nécessaire de ne pas trop se disperser, puisque les points de caractéristiques ne sont pas illimités et il sera difficile de faire grimper chaque attribut de manière uniforme. Le choix sera effectué parmi 18 jobs répartis en quatre thèmes : guerre (explicite), magie (explicite aussi), terre (récolteurs, pêcheurs, etc), main (artisans).

Ici bas, les quêtes se nomment « mandats », et se récupèrent généralement auprès d'un représentant de guilde. Jusqu'à présent, je n'ai rien vu de plus original qu'un banal massacre de monstres, ou une récolte précise (genre, de la poiscaille). Le système n'a donc rien de bien nouveau, à ceci près qu'il est possible d'échanger les mandats terminés pour augmenter les récompenses des mandats suivants. Tout ceci serait évidemment bien trop simple en l'état, Final Fantasy XIV se charge donc d'alourdir le procédé : pour réaliser un mandat, il vous faudra rejoindre la zone correspondante et l'activer auprès du gros caillou nommé « Éthérite ». Pas trop contraignant, si ce n'est qu'il n'est pas possible de lancer plusieurs mandats en même temps, et qu'il faudra donc se coltiner des allers-retours à l'Éthérite pour vider sa réserve de missions, au lieu de les enchaîner sur le terrain.
Heureusement que la fin d'un mandat vous propose de vous téléporter gratuitement à l'Éthérite !
Se battre est relativement simple : on sort l'arme, on cible, on appuie sur la touche correspondante, et on attaque jusqu'à ce que la mort intervienne dans l'un ou l'autre camp. Ca ne marche pas trop mal, si on exclut évidemment le fait de devoir réitérer l'attaque constamment et les temps de latence qui produisent parfois quelques bizarreries (le jeu annonce quelquefois la mort de l'ennemi avant la résolution des dégâts). Les récoltes sont, elles, déjà plus délicates à aborder, et il faudra posséder de base une certaine patience pour s'investir dans cet aspect du jeu. Pour comparer, un mandat de guerrier débutant me prend en moyenne deux minutes, alors qu'un mandat de pêcheur débutant me dure environ 25 minutes - compréhension du mini-jeu comprise. Je ne suis même pas sûr d'avoir bien saisi le système de jeu, puisque je rappelle que rien n'est réellement expliqué. Quant à l'artisanat, nous entrons également dans un système un peu pendable où la frustration est quasiment constante, tellement les paramètres et les chances d'échecs sont nombreux - surtout qu'il n'est pas rare de perdre les matériaux impliqués, parfois durement acquis, dans un déboire retentissant.

Ambitieux sur le papier, Final Fantasy XIV se révèle être un énorme pétard mouillé, pour deux raisons principales :
- le jeu semble inachevé : techniquement à la ramasse, occupations frustrantes et redondantes, pas d'explications,
- le jeu est prévu pour tourner sur console : jouabilité non adaptée au PC, énervante et hermétique.
En définitive, compte tenu du fait que la version PS3 est censée sortir au mois de mars, on serait prêt à affirmer que la sortie PC est au yeux de Square Enix une deuxième phase de bêta-test. En attendant les mises à jour qui vont bien, et en admettant qu'elles arrivent à jour, la note est forcément dépréciative.

Affaire à suivre, néanmoins.


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