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Gears of War - Test

Le TPS phare de la Xbox 360 arrive sur nos PC, un an après sa sortie. Portage réussi ?

Sorti il y a un an sur Xbox 360, Gears of War s'est imposé comme la référence des Third Personal Shooters. Développé par Epic, à qui l'on doit la série des Unreal Tournament, la version PC était très attendue par nombre de joueurs, dont la crainte d'un énième portage raté (Capcom, m'entends-tu ?) était atténuée par la réputation de ce studio dans le monde PC.

Un Fenix, forcément un grand homme.
Un Fenix, forcément un grand homme.
Gears of War, c'est avant tout un scénario digne des plus grands films américains de science-fiction, comme Starship Troopers ou Ghosts of Mars. Pour résumer (mais pas tant que ça), on incarne Marcus Fenix, un ancien militaire en prison, que l'on ressort de sa cellule pour botter le cul des Locustes, une race alien qui a transformé la Terre en champ de bataille. Avec ses 120 kg de muscles et son cerveau qui crie « bagarre », il est clairement l'homme de la situation. Au sein d'une petite escouade elle aussi toute en finesse, on sait qu'on ne va pas beaucoup réfléchir, mais par contre, on va creuser un sacré trou dans le budget munitions de l'armée.

Le principe de l'action est très simple : des grandes cartes en couloirs, tout un tas de décombres pour se mettre à couvert, et c'est une véritable guerre de tranchées mobile. On se cache, on tire pour dégommer ce qui dépasse, on avance pour se cacher derrières des obstacles plus avancés, et on recommence. Inutile de se croire dans un FPS, à penser que l'on peut courir au milieu du champ de bataille, straffer, et aligner les têtes des ennemis. Marcus Fenix est bien trop lourd pour bouger correctement, et les ennemis sont trop résistants pour que l'on puisse en dégommer tout un groupe avec un seul chargeur. On reste calme, on se cache avec ses petits camarades, et on arrose. Avec des armes pouvant embarquer plusieurs centaines de munitions chacune, on se doute qu'il va y avoir beaucoup de gâchis.

Le rayon de l'Aube, la terreur des Locustes.
Le rayon de l'Aube, la terreur des Locustes.
Les armes ne sont pas extrêmements variées, on retrouve surtout les grands classiques, allant de la mitrailleuse au fusil sniper, en passant par le lance-roquettes. Bien qu'elles s'imposent comme des véritables outils de boucherie, leur puissance est loin d'être extraordinaire, même avec le petit jeu de timing au rechargement qui permet de temporairement l'augmenter. Difficile de tuer deux ennemis avec le même chargeur, et l'imprécision des contrôles ne va pas aider. La lourdeur du héros oblige à jouer suivant un rythme plus lent que ce dont on est habitué sur PC. Que ce soit l'absence du straf, les sauts lourds et difficiles à contrôler, la visée (sorte d'iron sight) très handicapant et parfois imprécis, beaucoup de limites sont mises en place pour forcer le joueur clavier-souris à rester dans les rangs, ce qui est un peu frustrant à mon goût. Le fusil sniper est accueilli comme le messie, permettant de retrouver nos chers headshots, mais là encore, il n'est pas rare de se retrouver face à un ennemi qui ne succombera pas à la première balle entre les deux yeux.

Comment un seul corps peut-il contenir autant de sang ?
Tant de sang dans un seul corps...
Une fois que l'on s'est habitué à jouer en suivant le rythme imposé, le jeu se montre très fun, mais tout de même un peu répétitif. Si le manque de variété des armes et des ennemis n'aide pas à passer outre cet aspect, Epic a heureusement mis quelques phases de gameplay un peu plus variées, à défaut d'être très originales. On se retrouvera donc au volant d'un véhicule, aux commandes d'une tourelle, à faire avancer une plate-forme tout en dégommant les ennemis, etc. Du grand classique, mais c'est toujours appréciable entre deux phases de shoot pur. Il arrive aussi que les chemins se séparent, et on sera amené à choisir celui que l'on veut. Une idée qui aurait pu être sympathique, si ces choix étaient plus nombreux, et que les chemins ne se rejoignaient pas dans la minute qui suivaient. Cela aurait pu inciter à la rejouabilité, mais il n'en est rien. Et pour un jeu aussi court que Gears of War, un peu plus de rejouabilité n'aurait pas été du luxe.

Boumbo, Boumbo, petite automobile-bile...
Boumbo, Boumbo, petite automobile-bile...
Pour étendre cette durée de vie, le multijoueur arrive à la rescousse. Avant l'arrivée de Halo 3, c'est Gears of War qui tenait la tête du peloton des jeux les plus joués sur le Xbox Live. Et en bon ambassadeur de la série Games for Windows, on se retrouve une fois de plus sur le Live, avec un jeu disponible pour les formules Silver (gratuite), et bien entendu Gold (payante) pour les amateurs de parties classées et de statistiques. En multijoueur, c'est un peu comme les parties de cache-cache quand on était gosse, à ceci près que, à moins d'avoir des parents très permissifs, on ne pouvait pas cribler de balles ses petits camarades de jeu quand on les avait trouvés. Mais le principe est là, c'est rigolo, mais encore une fois, le rythme de jeu est imposé. On pourra aussi reprocher le déséquilibre des armes, qui peut rendre très puissant le joueur qui trouvera l'une des rares armes disponibles sur la carte. Le jeu se déroule en manches, sans respawn possible (mais avec la possibilité de relever un allié blessé pendant quelques secondes, si son adversaire n'a pas pris soin de l'achever définitivement), avec un paquetage contenant une mitrailleuse, un fusil à pompe, un pistolet, et une grenade fumigène. Il manque juste un bon bouquin pour patienter jusqu'à la fin du round, si on succombe et que les derniers restants sont trop frileux pour sortir de leur cachette.

Headshot!
Headshot!
J'ai laissé de côté l'un des plus gros arguments du jeu, celui qui a permis de montrer que la Xbox 360 en a dans le ventre, et il s'appelle « Unreal Engine 3 ». Car Gears of War, c'est une véritable démo technologique. Un jeu de toute beauté, même un an après, il rivalise sans peine avec les gros jeux du moment (et vous serez mignon de ne pas venir me dire que Crysis est le seul jeu graphiquement au top), et en tant que tel, il demande une configuration assez musclée. Au niveau audio, rien de très renversant, mais du très bon tout de même, avec cependant une VF assez mauvaise, pour changer.

Gears of War est un incontournable sur Xbox 360, mais sur PC, c'est une autre paire de manches. Il reste un très bon jeu, mais dont le gameplay s'éloigne un peu de nos standards de joueurs clavier-souris. Un peu d'originalité ne fait jamais de mal, c'est vrai, mais il faudra supporter une maniabilité qui ne répond pas toujours au doigt et à l'oeil, et un rythme de jeu strictement imposé. On se retrouve là dans la configuration où c'est Gears of War qui vient à imposer au joueur un style de jeu, et non l'inverse. En ce qui me concerne, je le trouve sympathique, mais pas inoubliable. Du coup, je retourne sur Unreal Tournament 3.

Configuration de test : Intel Core 2 Duo E6600, 2 Go de DDR2, GeForce 8800 GTX

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4 commentaires

  • nazonfly

    03/12/2007 à 13h32

    Répondre

    Ouais enfin Crysis est quand même vachement mieux.*


     Gears of War, j'ai essayé sur XBox 360 il y a quelques temps. J'ai rien compris au mode de déplacement/caméra du jeu. Je me suis rendu compte que j'étais vieux.


    (je n'y ai évidemment jamais joué) 

  • Fen-X

    03/12/2007 à 13h50

    Répondre

    Personnellement, je me fais quand même royalement chier sur Crysis. Comme sur Far Cry en fait.

  • Anonyme

    03/12/2007 à 18h57

    Répondre

    Autant le controle est pas mal au paddle, autant j'ai du mal à
    concevoir l'intérêt du portage de Gears of War sur PC. Brider la
    maniabilité me semble une étrange méthode d'adaptation, à tester donc
    pour me faire une idée de ce que cela peut donner.

  • Koub

    10/02/2008 à 14h10

    Répondre

    Hop, ma pitite critique perso


    GEARS OF WAR 


    La Xbox 360 est une
    console surpuissante. On le savait. Mais entre la vague idée qu'on s'en fait et
    la débauche graphique de ce Gears of War, il y a un monde. Gears
    est en effet une prouesse de technique, c'est une véritable leçon de
    programmation pour la profession. Exploitant le bestial processeur de la Xbox
    360 comme jamais, contournant habilement son unique tare (seulement 512 MO de
    RAM), Epic Games redéfinit le sens du mot “spectacle” avec ce Gears of War.


    Alors, certes, Gears
    n'invente rien. Ca n'est qu'un bête jeu d'action ultra bourrin, mais sa
    plastique parfaite et son exceptionnel système de couverture en font un
    classique instantané. En fait, Gears est très clairement le meilleur jeu
    d'action que l'on ait vu depuis Resident Evil 4.


    D'une violence inouïe, Gears
    est un hommage au sang frais et bouillonnant, tellement gore et visqueux qu'il
    en noircit l'écran après que l'on ait tronçonné en deux un extraterrestre
    belliqueux.


    Gears n'est pourtant pas sans
    défaut. Le scénario réussit la double prouesse assez pendable d'être
    extrêmement basique ET super mal expliqué. Et puis, il fallait s'y
    attendre de la part des créateurs d'Unreal, on se traîne des personnages
    patibulaires comme pas possible, engoncés dans des armures aussi larges que des
    camions et équipés d'après-ski en titane d'un goût pour le moins douteux.


    On pardonnera cependant
    volontiers ces quelques travers, tant Gears est profondément jouissif.
    Plus problématique est la durée de vie, terriblement courte: si vous êtes
    motivés, et vous ne manquerez pas de l'être tant la bête est immersive, le jeu
    se plie en une petite nuit. Gears, ou le syndrome du saut à l'élastique
    vidéoludique.


    De combats de rue entre
    de vieux immeubles défoncés jusque dans les entrailles sombres et suintantes de
    la planète, en passant par des intérieurs ravagés où tout menace de s'effondrer
    ou par des scènes de nuit et sous la pluie, Gears ne vous laissera aucun
    répit. Quant aux ennemis – les terribles Locustes –, bien que peu variés, ils
    se fondent parfaitement dans cet univers post-apocalyptique au design
    extrêmement soigné.


    Gears, c'est gore, c'est
    violent, c'est puissant et c'est épuisant. Et, putain, qu'est-ce que c'est bon.

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