7/10

God of War : Ghost of Sparta - Test

Chapeau bas pour ce Fantôme de Sparte que les développeurs ont su allonger en durée par rapport à Chains of Olympus et qu'ils ont su maintenir au haut niveau de ses prédécesseurs, même si c'est un cran en dessous en raison du vide scénaristique.

D'emblée, il est nécessaire d'informer notre aimable lecteur que cet article ne sera pas un test comme les autres. On pourrait l'intituler : « Rencontre du 3ème type - Quand une fan de jeux d'enquête/réflexion et de Nintendo joue à God of War ». Nom de Zeus ! Le pari est risqué. Mais comme toute action risquée, si elle réussit, la récompense n'en est que plus grande. « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » pourrait dire un Spartiate (même si cette phrase n'est pas née dans la bouche d'un Spartiate et a été prononcée à une autre époque). Car si un jeu d'action aussi gore, violent et brutal que celui-là arrive un conquérir le public qui lui est en principe réfractaire, alors c'est qu'il est vraiment de très bonne facture. Résultats des courses ?


Des évidences : des graphismes et sons grandioses, soutenus par un scénario nébuleux

Même lui s'arrête pou regarder...
Même lui s'arrête pour admirer...
Le résultat des courses pourrait se découper en quatre temps. Primo, une évidence : que c'est beau de jouer à un titre God of War ! Les développeurs ont un tel souci du détail et de la précision : de la goutte de pluie ou de sang, à la fumée des ruines du carnage, en passant par les étincelles des lames ou les éclairs de l'orage, les yeux ne savent plus où donner de la tête. On découvre des décors si somptueux, si différents qu'un sifflement, et non un mot, vient à l'esprit pour résumer l'idée. Tant et si bien que, parfois, on ne revient au jeu que pour se replonger, s'immerger à nouveau dans cet univers fascinant, s'évader du monde réel pour voyager dans ce monde aussi séduisant que virtuel. Même les différents monstres et ennemis du bestiaire mythologique sont esthétiques dans leurs aspects disgracieux et leur laideur. Sachez d'ailleurs qu'on y trouve des sirènes, des chiens-loups, des méduses, des phoenixs, des guerriers squelettes, des minotaures et, tout simplement, de très gros tas aquatiques, terrestres, métalliques ou pyro dont on ignore le nom. Les vidéos ponctuent quant à elles l'action de manière si fluide qu'il faut un temps de réaction pour réaliser que c'est à nous de jouer et que la cinématique est finie. La quasi absence de temps de chargement, si ce n'est au lancement du jeu, ne gâche en rien cet agréable voyage, pour peu que l'on ait pas trop l'âme sensible (l'interdiction aux mineurs est plus que justifiée). Quant à la caméra, elle gère plutôt bien les angles de vue, s'avère réactive sur les changements de direction et laisse suffisamment de champ de vision pendant les combats. On regrette juste qu'on ne puisse pas disposer d'une commande pour la braquer nous-même à certains endroits afin d'admirer les paysages apocalyptiques.

Un seul bémol en définitive ternit ce tableau doré rouge-sang : on aurait aimé de temps en temps avoir des décors plus lumineux pour y voir un chouilla plus clair. Même avec la luminosité à fond, ça ne suffit pas toujours et, à la longue, on se lasse un peu de ces vues sombres. Quant à la paralysie permanente des deux arcades sourcilières de Kratos, elle ne compte pas dans les points faibles car on peut admettre qu'elle fasse partie intégrante du personnage, mais il faut bien avouer qu'elle confine au ridicule dans certaines scènes.

La bande-son soutient magistralement cet univers par une bonne musique orchestrale comme on en entend dans les bons peplums, et par une foultitude de sonorités, notamment, métalliques, accompagnant les combats et autres actions variées de manière très harmonieuse. Seule la voix choisie pour Kratos surprend un peu. Un peu chevrotante et éraillée, elle aurait été bien plus convaincante avec un timbre plus grave et plus limpide. La prononciation "Démos" du nom de son frère Déimos écorche aussi un peu l'oreille.


Tais-toi, de toute façon, y a pas de scénario
Tais-toi, de toute façon, y a pas de scénario
Secundo, une autre évidence : le scénario n'existe pas. Ou plutôt, pour être exact, il est conçu pour n'appartenir qu'au décor, soutenir l'objet essentiel du jeu : l'action. Donc, n'attendez rien de ce côté-là, car il n'y a rien, on n'y comprend même pas grand chose si ce n'est qu'on se situe juste après l'épisode 1, puisque Kratos vient de prendre le trône de dieu de la guerre d'Arès, qu'il doit aller sauver son frère qu'il croyait mort et que les dieux de l'Olympe lui ont menti (sans blague ! Ne passent-ils pas en principe tout leur temps à se mentir entre eux ?). Des personnages inconnus viennent nous parler de temps en temps pour ressasser la même rengaine de mise en garde, sans que l'on ne sache comment ni pourquoi ils sont au courant de l'affaire et se donnent la peine de nous avertir. Le jeu tombe encore plus bas, je crois, lors de la partie de baise sur prostituées. Une telle équipée aurait pu passer si elle avait été une simple scène clin d'oeil dans cet univers ravagé par la guerre et la mort.  Mais en faire carrément un jeu où il faut appuyer comme un malade mental sur les boutons L-R puis O pour faire gicler les orbes rouges, c'est limite malsain (désolée pour les termes crus, mais il faut désigner les choses par le nom qu'elles méritent, sans quoi l'on est hypocrite).  Bref, côté scénario, God of War : Ghost of Sparta est en régression car les autres épisodes auraient fait plus d'effort. Mais si ça empêche cet opus d'accéder à un statut exceptionnel, cela ne le prive pas d'être bon quand même, surtout si l'on n'a jamais touché à la série.


D'excellentes surprises : un subtil dosage entre action et combat, secondé par des commandes bien pensées


Alors, je fais quoi là ?
Alors, je fais quoi là ?
Tertio, une très bonne surprise : la place laissée à la recherche. Les jeux beat'em all ne sont en principe pas réputés pour leur dose de réflexion et l'équilibre à trouver entre temps de recherche et temps d'action. Bien souvent, certains titres tombent même dans la répétitivité et nous abrutissent par leur trop-plein de combat. Ici que nenni ! On se pose parfois des questions et on se dit : « Mais, euh, par où je dois passer là ? Je suis bloquée ? ». Qui l'eût cru ? On peut être bloquée à un jeu d'action. Et oui, parfois il faut regarder un peu autour de soi et penser un minimum à réfléchir, même si ce qu'il fallait faire c'était tout simplement exploser le mur devant nous pour continuer à avancer, ou enflammer ses lames pour faire fondre la glace sur le mur. Mais quand le plancher s'écroule derrière soi, on n'y pense pas immédiatement à taper dans un mur (et encore faut-il taper dans le bon mur) et on est déjà mort avant d'avoir eu la bonne idée. Il est également très amusant de finir par découvrir qu'il faut parfois achever un malheureux survivant, en écrabouillant avec une grosse pierre le mur où il est coincé, pour mettre ensuite son cadavre sur une dalle afin d'ouvrir une fenêtre, à laquelle on accède en remontant sur la fameuse grosse pierre (c'est vrai que Kratos n'est pas un héros, mais un anti-héros sans conscience ni morale). La jaquette ne ment donc pas : un peu à la Resident Evil 4, il faut être observateur et attentif, garder son sang froid, aguerrir ses réflexes pour appuyer sur le bon bouton aux moments cruciaux et ne pas oublier de farfouiller dans les petits coins pour trouver les orbes de santé, de magie, de feu, les yeux de Gorgone, Plumes de Phoenix, Cornes de Minotaure, Brassard de Callisto, Hibou d'Athéna et autres bonus d'amélioration du personnage.

En outre, l'action en elle-même n'est pas constituée que de combats furieux avec des ennemis. Entre escalades de murs, saut sur de la roche en fusion, esquive de boules de feu pendant une grimpette, descente rapide sur une corde ou en rappel avec nos lames, progression du bout des doigts le long des rebords, course sur le plancher qui s'écroule derrière nous, balancier sur des filins à la Spider-man, équilibrisme sur une poutre, nage en eau glacée et l'enchaînement de tout cela à la fois, une très grande variété est au rendez-vous et maintient l'intérêt de manière prononcée. L'échappée du volcan et le long affrontement avec Erinyès, la fille de Thanatos, sont sur ce point tout simplement exaltants.

L'échappée du volcan exaltante
L'échappée du volcan exaltante
Quarto, un seconde bonne surprise : les commandes. Revenir 5 ans en arrière, après des années passées sur un écran tactile et jouer avec des boutons comme il y a 20 ans, c'est initialement très rebutant. Mais on s'aperçoit vite que les développeurs ont habilement contourné l'apparente pauvreté de cette façon de jouer, entre autres parce que l'action est variée, mais pas seulement. N'oublions pas que la PSP dispose quand même de 11 boutons, avec parmi eux un petit pad très maniable. Celui-ci est le pilier du maniement et tout le reste est dosé de manière assez équilibré pour que ne s'emmêlent pas trop les doigts de la main droite. Les textes à l'écran aident en outre à s'y retrouver et la difficulté progressive, allant de découverte en découverte sur les différentes possibilités, permet de s'adapter et de s'habituer. Sur les combats en eux-mêmes, les combinaisons elles aussi s'ajoutent au fur et à mesure, comme le reste, et sont assez nombreuses sans l'être trop. Ainsi, à l'usage, ces commandes deviennent intuitives et ne bloquent donc pas l'immersion générée par le travail graphisme et sonore, bien au contraire.


Au final, donc, avec ses 4 niveaux de difficulté (mortel, héros, spartiate, dieu), et 9 bonnes heures pour finir la partie aventure en mode mortel, ce God of War et son anti-héros Kratos donnent, même à une joueuse réfractaire, largement de quoi s'amuser et ce, pour longtemps. C'est sans hésitation qu'on va au bout de l'aventure pour débloquer les bonus et jeux annexes du menu Trésors et qu'on relance la partie sur le niveau de difficulté suivant pour tester les nouveaux objets. Alors chapeau bas pour ce Fantôme de Sparte que les développeurs ont su allonger en durée par rapport à Chains of Olympus et qu'ils ont su maintenir au haut niveau de ses prédécesseurs, même si c'est apparemment un cran en dessous. Il prouve que le genre beat'em all, peut-être trop répandu et de moyenne qualité dans l'ensemble, peut disposer de très bons éléments en termes vidéo ludiques.

 

Crédits

Liste des adversaires les plus emblématiques (attention, comme pour Kratos et Déimos, l'authenticté par rapport à la mythologie grecque n'est pas du tout respectée)

- Scylla (monstre aquatique)
- Callisto (mère de Kratos qui se transforme en immonde créature)
- Erinyès (fille de Thanatos)
- Lion de Pirée
- Roi Midas
- Déimos
- Thanatos


Liste des armes

- Lames d'Athéna : arme par défaut faite de deux épées larges, courbes et courtes reliées à des chaînes ;
- Fléau de Théra : enflamme les lames de Kratos, augmente les dégâts et permet d'attaquer les blindages métalliques ou de glace ;
- Œil de l'Atlantide : pouvoir magique qui produit un long et large éclair pendant quelques secondes ;
- Fléau d'Érinyes : pouvoir magique produisant des orbes jaune-claires qui se dirigent automatiquement vers les adversaires ;
- Armes de Sparte : bouclier + lance ; peuvent être interchangées avec les Lames d'Athéna ; permettent notamment les attaques à distance et de se protéger contre les éléments ;
- Corne de Borée : arme magique générant un souffle glacial autour de Kratos qui  protège celui-ci et gèle les ennemis.

 

Solution complète de God of War : Ghost of Sparta

En Français : PlayFrance

En anglais et plus détaillée : GameFaqs

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