6/10

Grand Chelem Tennis 2 - Test

EA se lance à l'assaut du tennis sur consoles HD, sur les terres du seigneur Top Spin 4. Grand Chelem Tennis 2 saute le pas, après un premier épisode Wii, pour tenter une approche plus axée simulation, en espérant ajouter une corde rentable à son arc labellisé EA Sports. Le problème, c'est que parfois la concurrence est rude. EA a longtemps souffert dans l'ombre des PES avec son FIFA (mais a largement rattrapé le coup depuis), et son NBA Elite a tout simplement disparu de la circulation face à la qualité des NBA 2K. Tenter de s'attaquer à 2K de nouveau, et son Top Spin 4 est limite du suicide, mais l'expérience de EA Sports peut faire des merveilles. Après tout, les NHL de chez EA ont vaporisé la concurrence...

Grand Chelem Tennis 2 attaque au filet avec une modélisation des joueurs réussies, au dessus de ce qui se fait ailleurs dans ce sport. L'ambiance
"Yeah!"
graphique est tout à fait dans le ton, avec des courts réalistes, des effets de lumière qui illuminent le terrain et des ralentis plus vrais qu'à la TV. Le casting est de 23 joueurs (ou joueuses) : c'est correct sans être extraordinaire. De nombreux joueurs “classiques”, c'est la mode, sont dans la place, pour titiller de la raquette avec les stars d'aujourd'hui : un petit Tsonga-McEnroe ça vous tente ? Les modes de jeux sont dans la norme également, sans fioriture. Des matchs rapides en simple ou double, un mode de jeu en ligne pour se la péter (la cheville) sur le Xbox Live, un mode scénario sur les plus grands matchs de l'histoire (enfin du moins ceux qui font participer les joueurs disponibles dans le jeu) et enfin un mode carrière jouable sur 10 ans.

10 ans ! Mais cela va être énorme, on va pouvoir arrêter d'avoir une vie sociale, et s'éclater comme un fou à développer son futur pro ! Plouf, j'ai envie de dire. Pour faire simple, le mode carrière est une déception. Les années passent très vite, et en suivant toujours la même mécanique : 4 grands évènements (Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon et US Open) avec leurs nombreux tours
"Han!!!"
de qualifications avant d'atteindre la finale face à quelques stars et surtout beaucoup de joueurs fictifs, une session entrainement avant chacun d'entre eux pour booster ses aptitudes, et la possibilité de jouer un match d'exhibition ou un petit tournoi, afin de se chauffer pour faire le Grand Chelem. EA est parti du principe que la difficulté en carrière augmenterait au fil des saisons en même temps que votre avatar. Certes, il est classique dans les jeux de sports, de galérer comme pas possible en début de parcours, pour au final éclater tout le monde avec son extraterrestre de sportif. Ici, c'est limite l'inverse. Résultat, avec un avatar tout pourri qui a 35 de général (sur 100), et bien faire le Grand Chelem les deux premières années est une formalité. Par contre, bizarrement, les saisons suivantes, on galère... Un choix étrange, sans doute voté pour attirer le néophyte, pour ne pas le décrocher devant une difficulté trop poussée, mais là, au final, on s'ennuie ferme, surtout que le jeu ne propose pas de chalenge original : c'est classique, cyclique et barbant.

Il faut dire aussi que le gameplay n'est pas une franche réussite. Alors certes, on ne peut pas dire que le jeu n'est pas jouable, on arrive parfaitement à placer nos coups, que ce soit avec les boutons à l'ancienne, ou tout au stick (un
"Mmmhhhhh"
concept très EA Sports). En fait, le souci vient qu'on a l'impression que le jeu est cheaté dès qu'on privilégie les attaques au filet. Après quelques matchs, on comprend vite que cela ne sert à rien de développer un joueur spécialiste de fond de court, non, il faut juste un type bon (ou pas d'ailleurs) au filet, afin que les points s'enchainent vite. Je vous raconte pas en match en ligne, les joueurs ont vite compris le point faible du titre, vive les matchs de ping pong devant le filet. De temps en temps un petit lob vient casser l'ambiance, mais cela n'empêche pas de recommencer au point suivant. Il est loin le gameplay riche et technique de Top Spin 4. L'avantage c'est que les joueurs occasionnels s'amuseront sur ce titre, par son accessibilité évidente. Mais au bout d'un moment, on a surtout envie de passer à autre chose. Surtout que l'ambiance sonore n'est pas là pour nous réveiller.

D'accord, le tennis c'est sobre, mais EA Sports a inventé le somnifère sous forme de commentateur, je veux bien sûr parler de Guy Forget. Vous voulez des commentaires répétitifs, monotones et répétitifs (oups j'ai trop joué moi) et bien
"Haaaa"
tentez l'aventure avec Guy dans Grand Chelem Tennis 2. Moi, je lui ai dit “Forget me” et le fond de ma pensée est que EA et le tennis c'était pas encore tout à fait ça. Allez, peut-être que si les erreurs de jeunesse sont corrigées, on pourrait avoir dans le futur un concurrent qui tienne la route, et qui ne soit plus le filet entre deux raquettes, car à vouloir prendre les meilleures idées de Virtua Tennis et de Top Spin, cela ne donne pas un Top Tennis, mais plutôt un Virtua Spin, et d'un coup, ça ne veut plus trop dire grand chose. Comme dirait Guy : “C'est pas comme ça qu'on pourra battre les meilleurs!” Et oui...

Partager cet article

A propos de l'auteur

Le fanboy Xbox de l'équipe

    0 commentaires

    Participer à la discussion

    Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

    Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

    Krinein jeux vidéo c'est des tests de jeux vidéo et de l'actualité. Le dernier Mario sur Nintendo 3DS, le dernier Zelda sur Wii U, le dernier Assassin's Creed sur Xbox One, le dernier Infamous sur PS4, vous attirent ? Lisez ce qu'on en pense !

    Rubriques