7/10

Greedfall - Critique PS4

Spiders et Focus Home interactive nous proposent en ce mois de septembre un bel Action-RPG 100% Made in France : Greedfall ! Cocorico ?

Trois ans après la sortie de The Technomancer, les français du studio Spiders, soutenus par leur compère de longue date Focus Home Interactive, viennent nous proposer leur nouvel Action-RPG : Greedfall. Le jeu nous met aux commandes de De Sardet, nièce ou neveu (libre à vous de choisir) du Prince d'Orsay qui règne sur la cité portuaire et commerciale de Sérène. De Sardet s'apprête à partir vers l'île récemment découverte de Teer Fradee afin d'y exercer la fonction de légat (diplomate) de la Congrégation marchande avec son cousin préféré Constantin d'Orsay, fils du prince et futur gouverneur de l'île depuis la cité fraîchement construite de New Sérène. Teer Fradee est une île très convoitée car la faune et la flore sont radicalement différentes de celles trouvées sur le continent et tout le monde espère y trouver le remède contre une nouvelle maladie ravageuse : la Malichore, touchant princes et pauvres sans distinction, à commencer par la mère de ce(tte) pauvre De Sardet. Mais gare à vous, la Congrégation n'est pas seule dans la place puisque plusieurs autres factions seront de la partie : l'Alliance du Pont, des scientifiques orientaux, sont en guerre ouverte sur l'île contre les religieux de Thélème, pendant que les natifs de l'île ne sont pas vraiment contents qu'on vienne mettre le bazar chez eux. La Garde et les Nautes (les navigateurs) sont les autres factions présentes dans le jeu mais moins critiques que celles citées précédemment. Et c'est donc au milieu de ce joyeux bazar, dans un univers très typé XVIIIème siècle, que vous évoluerez en prenant soin de ménager la chèvre et le chou, en bon diplomate que vous êtes.


Le bestiaire est original mais me fait penser à un certain Bloodborne ...

Le premier contact avec Greedfall est plutôt plaisant : une petite customisation de votre personnage et vous voilà à arpenter Sérène pour quelques missions didacticielles/introductrices de personnages avant de lever les amarres vers Teer Fradee et le gros du jeu. La modélisation de la ville est plaisante et cohérente, les personnages bien faits malgré des animations faciales faiblardes, un peu comme les graphismes qui commencent un peu à dater mais rien de grave. Les premières missions nous permettent de vite comprendre plusieurs aspects du jeu : la diplomatie nécessitant de ménager chacune des factions, la possibilité de mener une quête à bien de plusieurs façons (brutales, diplomates, furtives) et surtout le système de combat, via des affrontements simples avec des humains ou contre une bête ramenée de Teer Fradee (cf capture ci-dessus) qui vous donnera du fil à retordre. Petite note sur le système de combat : équipé d'une épée et d'un pistolet, De Sardet peut tirer pour étourdir son adversaire puis le rouer de coups à l'épée. Ce système rappelle Bloodborne, le dynamisme en moins : De Sardet étant assez lourd(e), les combats sont moins nerveux et plus lents. Une autre similitude troublante avec le chef d'oeuvre de From Software vient du bestiaire avec notamment la créature ci-dessus qui me fait penser au premier boss du jeu, la Cleric Beast mais passons, c'est sûrement une coïncidence...


Ah mais le voilà, le problème : c'est tous des vampires par ici !

Le système de combat n'est donc pas des mieux réussi mais après tout, qui dit Action-RPG dit aussi RPG. Et là, c'est déjà un peu plus réussi ! Passons sur l'inventaire assez classique, géré depuis le menu de pause et qui vous donne aussi la main sur l'équipement de vos compagnons d'arme. Votre équipe s'élargira rapidement au fil du jeu mais vous serez limité à deux compagnons à la fois, veillez donc à choisir des profils complémentaires mais gare à vous si vous faites équipe avec un alchimiste et que vous tentez d'entrer dans un bâtiment de Thélème : il n'y sera pas le bienvenu et vous devrez trouver un camp pour changer votre équipe. Vous aurez également la possibilité de crafter différents objets si vous trouvez les établis disséminés dans les différentes villes que vous visiterez. À ce propos, les villes disposent chacune d'une identité propre, au même titre que les PNJs, mais de nombreux intérieurs ainsi que visages sont réutilisés, parfois à outrance, ce qui peut nuire à l'exploration d'un bâtiment que l'on visite pour la 15ème fois... La gestion des compétences est quant à elle une vraie réussite : la partie commence en choisissant un profil de base (Guerrier, Technique et Magie) mais vous n'y serez pas cantonné par la suite et vous pourrez développer les talents qui vous intéressent.


Bien conçu, cet arbre des compétences !

Parlons maintenant de ce qui peut faire ou défaire un RPG : le scénario ! Bien introduit, il a le mérite de nous tenir en haleine pendant deux bons tiers de la quête principale (comptez une trentaine d'heures) en introduisant des personnages, problématiques et même des environnements bien construits ayant chacun une identité propre (ville, forêt, camps, etc.), nous laissant croire qu'une trame globale avec un antagoniste ou une problématique majeure se dessinerait à un moment. Malheureusement, une fois ces deux tiers passés, on sent que le jeu souhaite résoudre toutes les problématiques initiées précédemment et se précipite pour le faire, se prenant les pieds dans le tapis...


"Ohé ! Y'a quelqu'un !? C'est quoi ce marché sans personne !?"

Greedfall est au final un jeu ambitieux avec une réalisation et une écriture honorables mais il pêche par un manque de finition sur ces deux aspects. Il n'en reste pas moins un bon jeu, prenant et doté de vraies bonnes idées à côté desquelles il serait dommage de passer si vous appréciez les Action-RPG ou le Made in France (cc Arnaud Montebourg).

A propos de l'auteur

Métalleux confirmé // PlayStation lover // Bouffeur de manga // Cinéphile mais pas zoophile // Codeur professionnel // Lecteur électronique et câlineur de chatons since 1987.

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