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Half-Life 2 - Episode One - Test

Au commencement, il y eu Half-Life, le Saint Graal du FPS pour nombres de joueurs se remémorant la folle épopée de Gordon Freeman au sein de l'apocalyptique centre Black Mesa, et pour les accros du jeu en ligne plantés devant Counter Strike. Six ou Sept ans plus tard, forts d'une notoriété toujours aussi vivace, les concepteurs du bijou (Valve) annoncent la sortie prochaine de la suite tant attendue du FPS (First Person Shooter) et se forgent une réputation de maîtres incontestables en présentant quelques vidéos bluffantes de son gameplay. La presse crie au génie, les joueurs piaffent d'impatience, le monde du jeu vidéo tremble de plaisir. En bref, les prémisses d'un conte de fées.
Et pourtant, cette annonce sera le point de départ de la seconde vie de la licence Half-Life. La sombre, la pas jolie, celle qui restera dans les mémoires comme la plus consternante aventure vidéo-ludique de tous les temps : reports successifs du jeu, contradictions récurrentes entre Valve et Vivendi Universal, et vol d'une partie de code source par un petit futé d'internet (version officielle). Près de douze mois s'intercaleront entre la date de sortie initialement prévue (septembre 2003) et l'effective (novembre 2004).
Malgré tout cette agitation commerciale, le jeu enfin sorti plait aux masses et frôle la révolution vidéo-ludique. Bien sûr, les défauts n'en sont pas totalement absents : durée de vie limitée, énorme gouffre à ressources, et scénario pas clair ne sont que quelques exemples qui n'entachent qu'à peine la qualité du produit. Cela valait le coup d'attendre, en fait...

Pas étonnant donc qu'à l'instar de son ancêtre, Half-Life² se dote d'un add-on. Tradition oblige, l'idée initiale fut annoncée, réfutée, modifiée, et retardée, dans le désordre. Dans un premier temps annoncé pour mars 2006 en un seul morceau nommé Aftermath, le soft n'apparaîtra dans les bacs qu'en début de mois de juin, dans une version morcelée baptisée Episode One. A l'instar de Sin Episodes, Valve prend la décision de découper son produit en plusieurs parties distinctes, plus courtes mais également moins cher, qui permet donc de communiquer sur le titre plus longtemps pour un effort à peine plus soutenu. On nous promet évidemment veaux, vaches, cochons, historique de Freeman, et couvées, des engagements qui nous semble, en dépit de la qualité du jeu, moyennement respectés...

Episode One commence là où HL² s'était arrêté : la destruction de la citadelle, et un gros point d'interrogation très frustrant. Par bonheur, Alyx et Gordon s'en sortent, ne demandez pas comment, mais les réjouissances sont de courte durée : le coeur de la citadelle est sur le point d'exploser. Rebelote donc, Gordon et son amie prennent la décision de retourner dans la bâtisse en morceaux en espérant pouvoir au moins retarder l'inévitable.
Pour vous frayer un chemin, une seule arme : le désormais mythique pistolet anti-gravité, capable de soulever de plus ou moins volumineux objets d'un simple clic. Ravissement, celui-ci passera dans son mode de fonctionnement supérieur en quelques dizaines de minutes, vous donnant l'opportunité d'envoyer valser tout ce qui aura le malheur de croiser votre chemin.

Citadelle, super-pistolet, Alyx ? Ne dirait-on pas les dernières heures de HL² ? Effectivement, Episode One semble être construit sur un schéma inverse à celui de son prédécesseur, surtout que celui-ci propose les mêmes décors, les mêmes ennemis (à part une nouvelle tête de monstre, très kamikaze), et les mêmes armes (que vous récupérez tout au long du jeu de manière un peu expéditive). Néanmoins, ce n'est pas pour autant que vous ferez la même chose, et sur ce point, Episode One se défend royalement. Outres les échauffourées avec la flicaille locale, Gordon devra faire face à des nuées d'araignées vindicatives s'échappant sans cesse de leurs nombreux terriers, qu'il faudra donc boucher avec ce que vous avez sous la main (en l'occurrence, des carcasses de voitures, parfois délicates à récupérer dans le contexte) ; et il devra évoluer dans de nombreuses zones privées de lumière, la lampe torche à la main (n'espérez même pas que vos ennemis soient découragés par le manque de luminosité...).

L'autre grosse nouveauté vient du fait que pour une fois, vous ne serez pas seul. Pendant toute la (courte) durée du jeu, Alyx vous secondera avec ce tout ce qui lui tombera sous la main (des armes, si possible), vous prodiguant de nombreux conseils et piratant les systèmes informatiques pour vous permettre d'avancer. Cette coopération relativement élaborée (lui éclairer les cibles pour qu'elle puisse les shooter, la doter d'un fusil sniper pour qu'elle puisse vous couvrir en terrain dégagé, etc) apparaît comme un élément fondamental de l'immersion que ressent le joueur, même si la petiote se révèle vite immortelle et parfois un peu neuneu.

Il ne nous reste plus qu'à paraphraser ce qui a été dit sur HL² : bien sûr, le Source Engine est une prouesse en son genre, remarquable pour les expressions faciales et la dynamique gravitationnelle de l'environnement, mais la configuration qu'il demande pour tourner à plein régime reste très élevée, même dans le contexte actuel (prévoyez un poil plus haut que la config minimum de HL²) ; la musique reste anecdotique, quoique très bien intégrée au jeu, tandis que les doublages audio ont leurs hauts et leurs bas ; et quant aux chargements, ils sont toujours présents dans leur version longue, à notre grand dam. Dans l'ensemble, donc, rien qui puisse entacher notre plaisir.

Maintenant posons-nous LA question : le traitement épisodique vaut-il le coup ? Pour un développeur de jeux vidéo, il est apparemment clair que la réponse est oui : il peut fournir des petits morceaux de son travail régulièrement, qui reste d'actualité tant qu'il y a des épisodes ; un argument qui va également dans le sens d'un éditeur, toujours friand de communication, et qui pense dur comme fer que l'acquisition d'un épisode sera suivi de l'achat de tous les autres (et notamment des anciens). Mais pour le joueur, qui ne s'occupera que quelques heures avec le soft (environ 5 heures), 20€ ne parait-il pas un poil exagéré, si on remarque que HL² se finissait en 15 heures pour 50€ ? Fort heureusement, la licence Episode One comporte le mode multijoueur d'HL², en double emploi cependant pour les possesseurs du jeu original.

Episode One peut constituer un excellent moyen de tester HL² dans de bonnes conditions, pour ceux qui hésitaient encore à se le procurer en version complète. Le challenge se montre intéressant et bien pensé, mais évidemment trop court même pour une somme aussi réduite. En bref, un jeu pas réellement indispensable, malgré une qualité digne de son prédécesseur, mais qui a le mérite de faire passer un bon moment à moindres frais.

P.S. : telles une série télévisée ou un film en plusieurs parties, Episode One offre en bout de course une petite vidéo présentant l'épisode suivant...

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1 commentaires

  • tyler

    17/07/2006 à 17h54

    Répondre

    Je n'ai pas joue a l'episode 1 mais j'aimerais juste pousser un coup de gueule contre Valve qui certes fait de bons jeux mais qui ne trouve pas de bonne augure de donner la moindre expliquation au scenario car franchement, j'ai vraiment eu du mal a comprendre HL2 du premier coup !!

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