7.5/10

Hitman : Absolution - Test PC

Lorsqu'une franchise à succès enchaîne les opus, il arrive parfois qu'un détournement de gameplay soit envisagé par ses développeurs pour raviver la flamme, surprendre la communauté, voire coller aux exigences de la mode du moment. Avec Splinter Cell Conviction, Ubisoft avait relayé au second plan les mécanismes d'infiltration si caractéristiques de la saga en misant plutôt sur le brut de décoffrage du légendaire Sam Fisher. Amorcé dans le précédent Double Agent, ce total virage avait déçu de nombreux fans, allant jusqu'à même instaurer du pessimisme quant au devenir du genre. Alors quand le cinquième épisode de Hitman vient d'être installé sur sa machine, une certaine appréhension pointe irrémédiablement le bout de son nez : 47 sera-t-il à la hauteur de sa réputation ? A la question qui brûle les lèvres, le présent article pourrait d'emblée répondre qu'en terme d'attirail, de déguisements, d'alternatives assassines, d'observation capitale des routines avant passage à l'acte, de challenge (mode Expert et Puriste uniquement) ou de foire à l'humour noir, Absolution reste une épisode respectueux de l'ADN d'origine. A quelques détails près.


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Jusqu'à Blood Money, Code 47 n'était pas un exemple de souplesse au niveau des animations et des possibilités. Dans cet opus, la panoplie de mouvements du personnage s'étoffe : ramper dans les conduits d'aération (et jeter un œil à travers les grilles), se mettre à couvert derrière des éléments du décor et rouler d'une planque à l'autre automatiquement, faire semblant de se rendre pour mieux mettre au tapis son agresseur, séance de QTE pendant les affrontements au corps-à-corps (pas vraiment mises en valeur dans les épisodes précédents), se fondre dans la foule pour passer inaperçu. Mais au chapitre des nouveautés, c'est surtout l'instinct qui retiendra toutes les attentions, et fera couler plus d'encre que les autres. L'instinct est une énergie consommable qui se recharge chaque fois qu'une action spécifique est réalisée, tel qu'un tir dans la tête ou une neutralisation silencieuse. Plus ou moins cheatée suivant le niveau de difficulté choisi par les joueurs, cette compétence débloque trois fonctions. D'abord, le « Tir Réflexe » (façon Conviction) est un bullet time revisité qui ralentit le temps afin de cibler tranquillou ses victimes (ou les objets explosifs/inflammables qui les entourent). Autant dire que cette feature ne sera jamais utilisée par les tueurs en herbe qui ont la manie de viser l'assassinat parfait. Ensuite, l'instinct permet de tromper temporairement la méfiance (symbolisée par une jauge à l'écran) des adversaires lorsque 47 porte un déguisement de leur corporation. Car oui : dans Absolution, même si vous enfilez une combinaison complète ne révélant aucun signe distinctif, vous attirerez tout de même l'attention, l'Intelligence Artificielle étant absurdement paranoïaque. Enfin, en tant que remplaçant officiel de l'ancienne carte stratégique si prisée par les habitués de 47, l'Instinct octroie la faculté surhumaine de voir à travers les murs toutes sortes de choses : les pnj, le trajet des rondes, les items interactifs. Des ajouts « dans l'air du temps » qui ne plairont pas aux fans de la première heure.


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Le jeu, découpé en trois gros chapitres, prend souvent place dans de beaux environnements, riches de clins d'œil, de conversations entre personnages, de situations uniques : quartier bondé de Chinatown, rue principale d'une petite ville à la Twin Peaks, hôtels luxueux, complexe industriel, champs de maïs, etc. Là où le bât blesse, c'est dans le saucissonnage permanent du déroulement des événements. Contrairement aux immenses zones labyrinthiques (sans temps de chargement) de chaque contrat dans Blood Money, Absolution n'hésite pas à découper ses décors en multipliant les phases redondantes de cache-cache et de scènes d'action ultra scriptées. Chaque mission ainsi charcutée prend alors une tournure linéaire qui réellement ne colle pas toujours avec l'esprit « bac à sable » de la franchise. Évidemment, tout ne vire pas au cloisonnement et les développeurs – malgré leur manque flagrant de folie des grandeurs - exposent des belles aires de jeu dans lesquelles 47 peut laisser libre cours à son imagination. Un système de succès révèle d'ailleurs toutes les subtilités offertes pour remplir son ou ses objectifs. Et même si l'intégration d'un scoring totalement bancal vous fera perdre plus d'un cheveux sur la tête, Absolution embarque de quoi considérablement accroître la durée de vie initiale (une bonne vingtaine d'heures lors d'un premier run) ! Cette segmentation détonante trouve toutefois sa justification dans l'envie de IO Interactive de raconter une histoire structurée autour de nombreuses cinématiques. Et si leur scénario sans surprises ne vole jamais bien haut, il faut reconnaître aux développeurs un certain talent pour mettre en scène une galerie de personnages charismatiques et fracassés dont les prestations resteront en mémoire longtemps après avoir terminé le soft.


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Sans pour autant trahir les fondations des Hitman, Absolution se révèle beaucoup moins décevant qu'un fan de 47 aurait pu le craindre. Outre ces petites scènes surprenantes parfaitement dans le ton de la saga, les nombreux moments à rallonge inutiles où 47 virevolte entre ses couvertures – à défaut de liquider tout ce qui bouge – valent le temps perdu. Même si on s'en serait bien passé. Car une fois que l'on débouche sur le véritable cœur du jeu (l'assassinat de cibles), le périple délivre enfin le meilleur de sa substance (en mode Expert et Puriste, rappelons-le). Cerise sur le gâteau parfois indigeste : Hitman : Absolution intègre hors aventure principale un nouveau mode de jeu pour se lancer des défis entre joueurs. Les outils étant rudimentaires (pas d'éditeur de niveaux, impossible de modifier la structure ou les items de la map servant d'arène), ne vous attendez pas à élaborer du contenu unique. Mais la présence de ces « Contrats » et les challenges que chacun pourra imaginer auront sans doute de quoi vous tenir en haleine quelques mois.

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