7.5/10

HUE - Test PC

Le 31 mars denier, la boutique Epic rééditait sur nos ordinateurs le petit jeu HUE, déjà sorti sur Steam en 2016 et sur Switch en 2019. Réflexion + plates-formes, ça ne se refusait pas.

Depuis un certain nombre d'années maintenant, l'association a priori incongrue de réflexion et plates-formes revient régulièrement dans la création vidéo-ludique et a su faire les preuves de ses immenses qualités. L'étrange HUE n'a pas manqué le coche et mérite à mon sens la dizaine de prix et nominations qu'il a obtenus en 2015 et 2016.

Se jouant en 2D, doté d'une graphisme hyper minimaliste, HUE convainc par son concept original mais également une bande-son envoûtante et touchante, et une histoire intéressante par la dimension métaphysique qu'elle révèle dans le thème du jeu. Le jeu consiste globalement à passer d'une pièce à l'autre et à explorer 7 mondes dans lesquels un petit bonhomme dénommé Hue trouvera les lettres d'une mystérieuse scientifique chercheuse et apprendra les secrets de son histoire.


Utiliser les 7 couleurs de l'arc-en-ciel plus une (notez qu'elles sont dans l'ordre du spectre de la lumière).

Le concept ? Nous incarnons Hue dans un univers tout de gris, de noir et de blanc, sans la moindre couleur. Petit Hue découvre petit à petit les 7 couleurs du pectre de la lumière, c'est-à-dire les 7 couleurs de l'arc-en-ciel + une, le jeu ayant rajouté en plus le rose. Et ces couleurs, il a le pouvoir de les manipuler en mettant le fond du décors de la couleur qu'il veut. Quel intérêt ? Ce faisant, certains objets qui sont colorés dans le décor vont alors disparaître si le décor est mis dans la même couleurs qu'eux. Exemple : un gros bloc bleu vous barre le passage ; le fond est rouge ; Hue transforme le fond en bleu alors le bloc bleu se fond dans le décor comme s'il n'existait plus et vous pouvez passer.

De là, les potentialités comme toujours deviennent infinies en ajoutant certains outils et mécanismes assez connus dans le monde vidéo-ludique : des blocs que l'on peut bouger, des fossés mortels à traverser, d'énormes roches qui roulent vers Hue, des clés à récupérer, des ballons qui soulèvent les blocs, des crânes géants qui essaient d'écraser le petit quand il passe dessous puis remontent, des lasers mortels, des plaques mouvantes, des rocher propulseurs qui changent de couleur à chaque fois que Hue saute dessus (ça c'était terrible), des tapis roulants ou des jets de peintures qui permettent de changer de couleurs certains objets. Mettez les objets dangereux de la bonne couleur et Hue survivra ; faite apparaître ou disparaître les ballons, plaques, blocs et Hue passera. Evidemment, au fur et à mesure on passe un temps de plus en plus long à réfléchir sur comment arriver à la porte de sortie, HUE étant doté d'une belle progressivité et n'hésitant pas à combiner tous les outils à chaque fois qu'il en ajoute de nouveaux, ce que ne font pas tous les jeux malheureusement.


Toujours de plus en plus observer avant de commencer.

La dimension plate-forme ajoute également une bonne dose de difficulté sans non plus tomber dans des exigences de folie à la die & retry. Pour autant, certains niveaux demandent de la vitesse, une synchronisation serrée, une gestion millimétrée des boutons et font monter assez haut notre adrénaline. Heureusement, HUE a ajouté un mécanisme extrêmement bienvenu dans les commandes, qui aura évité de rendre le jeu trop rude : le ralenti. Ainsi quand on change de couleur avec le pad droit de la manette sur un cercle à l'écran, tant qu'on n'a pas définitivement sélectionné la couleur en lâchant le pad, tout le décor avance a très grand ralenti. Quel intérêt ? Quand vous avez 10 boules rocheuses géantes à esquiver et que chacune est d'une couleur différente et que vous ne savez plus trop où est quelle couleur sur le cercle, eh bien on est soulagé d'avoir des secondes en plus. Sinon, on aurait été obligé d'apprendre tous les emplacements par coeur. Idem, quand il y a des plaques rocheuses qui s'effritent quand on passe dessus et qu'il faut en enchaîner un vingtaine en changeant à chaque fois de couleurs.

Autre option très bienvenue : l'accès à la carte qui permet de changer de monde à loisir, ce qui permet de réexplorer certains mondes dans lesquels on a manqué des trésors cachés. Car, juste pour le plaisir, les développeurs ont eu l'excellente et classique idée d'ajouter des petites potions cachées dans des passages secrets qu'il faut dénicher.

Enfin, on apprécie aussi largement toute la réflexion un peu métaphysique abordée dans la narration et portée par la douce voix de la mystérieuse scientifique. Qu'est-ce que la réalité ? Ce que nous voyons est-il réel ? Ou est-ce nous qui transformons le réel par notre point de vue ? Ce qui est invisible est-il pour autant inexistant ? Les autres voient-ils les couleurs comme nous ? Le scénario ne casse pas des briques pour autant, mais par ces réflexions posées petit à petit donnent une véritable valeur ajoutée.


Il y a un saut presque impossible dans ce niveau ; à 3 mains, j'y suis arrivée.

On regrette également certains passages un peu longs et ennuyeux dans lesquels Hue ne fait que grimper des échelles et parcourir inutilement des couloirs. Trouver toutes les potions cachées n'apportent en outre aucun bonus et le jeu n'est malheureusement qu'en anglais. Ca n'aurait pourtant pas été compliqué de mettre des sous-titres en Français, les textes n'étant pas si nombreux.

Conclusion

Incontournable pour les fans de réflexion, HUE sait séduire par son concept très original exploité de manière assez complète, sa difficulté progressive et bien dosée, des passages plates-formes parfois millimétrés et sa bande-son musicale envoûtante, parfois nerveuse, ainsi que par sa narratrice à la voix douce. Avec une durée de vie honnête même si elle ne casse pas des briques (on peut frôler les 10H si l'on cherche tous les passages secrets) et une maniabilité bien pensée, HUE mérite ses nombreux prix, malgré sa planche graphique très minimaliste et quelques longueurs.


Et des petits passages secrets pour un peu plus de plaisir.

A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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