7/10

Hyrule Warriors - Quand Zelda met des coups de tatane…

La série des Musou (Dynasty Warriors) continue ses déclinaisons les plus improbables en s’attaquant à une véritable légende, celle de Zelda. Juste avant Dragon Quest, l’éditeur Tecmo Koei se frotte donc à une licence vidéoludique déjà existante et surtout bien établie dans les mémoires des joueurs. Monstres en tout genre, équipements secondaires à ne plus savoir qu’en faire, cet opus nous réserve quand même quelques surprises.

Du fanservice et des boss. 

Qui ne connaît pas Link ? Cet elfe vert qui, tantôt jeune garçon, tantôt adulte, se lance dans une quête où l'avenir du monde est en jeu depuis plus de vingt ans… En général, il se doit de sauver la Princesse Zelda, détentrice de la Triforce de la Sagesse (l'un des trois morceaux d'une relique sacrée). Eh bien ici, que nenni. On commence l'aventure avec cette idée d'aller la sauver mais on se rend compte très rapidement que la jeune femme peut se débrouiller toute seule ; c'est limite si elle n'est pas plus agréable à jouer que le héros de la légende ! L'histoire change donc un petit peu et il faut avouer que c'est assez agréable de ne pas jouer uniquement pour aller délivrer la princesse. Ici, même si la narration n'est qu'un prétexte à tout casser et à casser du monstre, le tout reste assez fluide et permet même de repasser par de nombreux lieux chers aux amoureux de la saga maintenant chapeautée par Aonuma. 


La Princesse envoie du bois !

En ce qui concerne le gameplay, les mécaniques des précédentes occurrences de la saga Musou sont conservées. Les forts, les généraux, les missions… tout cela ne change pas et c'en est presque frustrant ! Les joueurs contrôlés par l'ordinateur (ou CPU) sont très souvent inutiles et plus d'une fois, je me suis retrouvé avec un écran « défaite » parce que l'un des CPU n'avait pas fait son travail et que j'aurais dû me battre sur deux fronts en même temps ! L'avantage, quand les missions ne vous stressent pas en terme de temps, c'est que vous pouvez nettoyer la map tranquillement et vous en occuper après, ce qui vous facilite largement la tâche (s'occuper des missiles teigneux alors que vous avez toute une armée aux trousses et que vos forts sont sur le point de tomber, c'est pas de la tarte !). Les armes secondaires (l'un des éléments clé de la saga The Legend of Zelda) n'ont pas non plus été oubliées et vous pourrez ainsi équiper à votre guise l'arc, les bombes, des flacons...


Chérie... ça va couper.

L'introduction des boss de la série vient briser avec brio la routine d'un niveau. Imaginez-vous sur le champ de bataille à découper du gobelin quand tout à coup, Goma (l'araignée) débarque pour vous barrer la route ! Evidemment, les développeurs ont eu la bonne idée de garder les points faibles de chaque créature et en venir à bout ne sera pas aussi facile que s'occuper des chefs de poste ou autre grosse bestiole rôdant sur la map. D'ailleurs, certains ennemis ne peuvent être vaincus que si l'on attaque leur point faible (généralement, il faut esquiver une de leurs attaques spéciales pour pouvoir les contrer), chose qui permet au joueur de ne pas trop s'endormir lors des longs assauts (vous pourrez passer facilement trente minutes sur chaque niveau). Eh oui, malheureusement, Hyrule Warriors souffre du défaut récurrent des titres de la saga Musou, à savoir qu'il est très vite redondant. Le contenu du jeu est difficilement détachable de son essence et malgré les nombreuses améliorations et les multiples possibilités, le joueur devrait assez rapidement ressentir cette lassitude qui vient avec le temps. 


Au cas où ça ne serait pas assez clair, il faut viser son oeil...

Montre moi ton arme, je te dirais qui tu es.


Impa et son épée monstrueuse fait aussi de la magie.

Cependant, Tecmo Koei tente de varier les plaisirs en proposant notamment un nombre de personnages jouables impressionnant et même si certains restent assez anecdotiques et ne vous feront pas forcément hurler de joie (Impa et son épée géante à la Monster Hunter n'est pas géniale et la petite jeune fille avec son grimoire magique non plus), d'autres possèdes un style de combat particulièrement agréable (Zelda, Sheik…) qu'il sera possible d'adapter à d'autres armes (Link peut utiliser une épée mais aussi une baguette magique). Chaque arme reste améliorable via la forge. Il est ainsi possible d'ajouter certaines options/magies sur vos instruments de torture afin de les rendre encore plus terribles. Une autre jolie trouvaille : le système d'amélioration des personnages qui ressemble beaucoup au boulier de Final Fantasy X. Au fur et à mesure que vous avancez dans les niveaux, vous rencontrerez des monstres différents qui vous donnent des « matériaux » nécessaires pour débloquer plusieurs capacités spécifiques à chaque personnage. Evidemment, il y a plusieurs embranchements possibles qui apparaissent en fonction de ce que vous débloquez. 


Abracadabra ?

Techniquement encore un peu faible ?

Le vrai défaut vient, pour moi, de la réalisation qui, il faut l'avouer, n'est pas encore tip top. En jouant, on se rend rapidement compte que les développeurs ne maîtrisent pas encore totalement la bécane next-gen de Nintendo. Alors que Mario Kart 8 offre des effets de lumière tout simplement magnifiques avec des scènes de coucher de soleil mémorables, Hyrule Warriors se contente d'explosions assez basiques et d'une pixelisation parfois ennuyeuse. Sachant que l'on explore des zones de plusieurs titres de la saga, les fans auraient aussi probablement apprécié que les façons de disparaître des ennemis (dans les épisodes en question) soient conservées mais bon… Autre petit couac, le mode deux joueurs ne peut pas se faire sur le même écran (oubliez les écrans splittés). Ainsi, le joueur 1 sera cantonné au Gamepad tandis que le joueur 2 se retrouvera sur la TV. Malgré cela, on constate une petite baisse de la qualité graphique mais aussi quelques ralentissements mineurs lorsqu'il y a beaucoup de monde à l'écran. 


Une bombe qui pète.

Malgré quelques petits défauts, cet Hyrule Warriors reste une belle entrée en la matière de Tecmo Koei. Le jeu possède un contenu assez impressionnant de par ses personnages jouables et les possibilités qu'offrent les changements (et personnalisations) d'armes. Impossible de ne pas se faire immensément plaisir en parcourant la plaine d'Hyrule ou les environs du Temple de l'Eau (qui rappelleront des souvenirs particuliers aux fans hardcore d'Ocarina of Time) même si les fans auraient probablement aimé une intrusion un peu plus nette du gameplay de The Legend of Zelda dans celui de la saga des Musou. La bonne nouvelle, c'est que Tecmo Koei ne peut que mieux faire pour Dragon Quest Warriors, ça promet !

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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