9/10

Ico - Test

De nos jours, le monde du jeu vidéo accouche de plusieurs centaines de titres par an (qu'ils soient bons ou mauvais). Mais noyés sous le flot incessant des sorties, on a bien du mal à distinguer les perles à travers les ternes blockbusters mis en avant par le matraquage pulicitaire.
Alors quand on tombe sur la perle au fond de la trouble rivière, on ne peut s'empêcher de la montrer à tout le monde. C'est ce que je vais faire ici-même avec ICO, jeu made in Sony tournant exclusivement sur Playstation 2.


Elle avait la peau blanche, le regard perdu. Et lui... une paire de cornes. (qui dit mieux ?)


ICO, c'est l'histoire d'un garçon, qui très étrangement s'apelle Ico. A vrai dire on sait très peu de choses sur lui, si ce n'est qu'il a des cornes, deux belles cornes pour être précis.

On sait également très peu de choses sur son peuple, mais c'est sûr, ils n'aiment pas les garçons avec des cornes. ICO (le jeu) commence en effet par l'emprisonnement d'Ico (le jeune homme) dans une forteresse au milieu de l'océan. Le nombre de cellules alignées sur les murs laisse supposer qu'il n'est pas le premier à subir ce traitement, loin de là. Heureusement pour lui, un léger tremblement de terre lui permet de se libérer de sa cage.

Reste une question essentielle : comment quitter la forteresse ?

Rapidement, Ico va rencontrer Yorda. Pâle mais lumineuse comme la lune, elle ne parle pas la même langue que le garçon. Et pourtant les deux vont tenter de sortir du château ensemble, château dominé par la mère de Yorda et son armée d'ombres.

L'histoire est simple mais laisse librement vagabonder l'esprit puissqu'elle n'apporte aucune explication sur le pourquoi du commment de la chose. Et surtout, comme la majorité des éléments du jeu, elle est imprégnée d'une sorte de poésie légère, comme la caresse des rayons de soleil sur les murs décrépits de l'édifice.

Donjons et ombres

Car c'est bien là la force du jeu... Chacun de ses éléments est comme touché par la grâce, et un sentiment de beauté mélancolique se dégage de chaque pièce de la forteresse. Je n'ai en général aucun sentiment vis-à-vis de la technique quand celle-ci fait dans le tape-à-l'oeil (pixel-shader / milliards de polygones et autres lens-flare). Non, j'apprécie l'originalité des graphismes et la cohérence de l'univers.

ICO (le jeu) utilise en effet fort à propos la technique, non pour en mettre plein les mirettes, mais plutôt au service d'une ambiance envoûtante. Une brume légère occupe l'espace, tandis que les rayons du soleil jouent avec les arbres, les tissus, et les éléments architecturaux. La distance d'affichage est exeptionelle, et on peut admirer l'intégralité du château depuis son sommet, et même appercevoir la côte au loin. Le paysage se laisse admirer, les salles immenses nous font passer pour des fourmis, les cascades et autre chutes d'eau emplissent les grottes de leurs rebonds joyeux...

Ode à la poésie dans son histoire et ses décors, ICO se paie le luxe de proposer un gameplay original, toujours teinté d'émotion. Vous dirigez Ico, qui peut effectuer les mouvements réglementaires du jeu vidéo, à savoir courir, sauter, s'accrocher, tapper avec son bâton (et encore une fois, la technique n'est pas en reste avec une animation à couper le souffle, rappelant celle du premier Prince of Persia, avec ses dérapages, son aspect "à la limite du déséquilibre", qui rend le jeune héros d'autant plus touchant). La touche "poétique" du gameplay survient dès l'apparition de Yorda. Seule et sans défense, Yorda ne pourra compter que sur vous pour progresser dans l'édifice.

Il faut voir Ico appeler Yorda, l'inciter à sauter au dessus d'un précipice, tendre la main... Celle-ci, hésitante, finira par se lancer et s'accrochera de justesse à la main de son compagon de route. Outre l'aspect exploration du château, quelques ennemis viendront vous barrer le chemin. Mais ce n'est pas après vous qu'ils en ont. Non, c'est Yorda qu'ils convoitent. Sous la forme d'ombres vaporeuses, ces sbires de la mère de Yorda ont pour but de kidnapper la frêle demoiselle et de l'attirer avec eux. Yorda disparaît dans un trou, et c'est le Game Over. Durant la majeur partie du jeu, il va falloir composer avec la présence indispensable de la jeune fille (Yorda est la seule à pouvoir ouvrir les portes-totem du château), présence rassurante, chaleureuse, mais délicate et fragile. Ne laissez jamais Yorda seule, une ombre est vite arrivée.

Et le jeu, dans tout ça ?

Ben oui, c'est vrai, je n'ai que vaguement parlé du jeu, précisons un peu plus de quoi il retourne. La forteresse d'ICO est immense. Perdu au milieu du château, vous devez trouver la sortie.

Techniquement, on vous demandera principalement de protéger Yorda des ombres, tout en progressant à travers les couloirs et les salles, les cours intérieurs et les grottes. Des énigmes pas bien compliquées feront chauffer votre matière grise, et des petits passages de plate-forme à base de corniche, de caisses et de chaînes mettront à l'épreuve vos talents d'acrobate. La progression est aisée, on ne bloque que très rarement, et le jeu se finit en quelques heures (entre 5 et 10... et après tout tant mieux, on aurait peut-être fini par s'ennuyer).

ICO ne mise pas sur le challenge, mais plutôt sur son ambiance, lors des promenades sur les remparts accompagné par le bruit de l'écume, ou sur la plage, envoûté par le chant des oiseau au loin.

Puisque rien n'est parfait

Oui ICO est perfectible, oui la caméra est un peu lointaine pendant les phases de plate-forme et de combat, oui il est court, mais l'expérience touchera tous ceux qui souhaitent bien s'immerger dans l'univers ICO. ICO se vit et se ressent.

Loin de tout miser sur un gameplay accrocheur, des graphismes à sensation et une histoire à rebondissement, cette perle brille par sa cohérence, son charme, sa poésie.

Pour finir...

ICO c'est comme une bouffée d'air frais, un oasis dans le désert. Peu original, il touche simplement par sa sincérité et son ambiance. ICO est optimiste. Et ça fait du bien...

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Dofus - Test

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6 commentaires

  • Anonyme

    16/08/2003 à 00h00

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    Ce jeu est magnifique.Les graphismes sont splendides:l'architecture du chateau a été très bien étudié!
    les personnages sont attachants,l'histoire est simple (ca a le mérite de pas nous prendre la tête!)mais touchante.Le jeu est un enchantement!il a une faible durée de vie mais si il avait été plus long il serait devenu lassant ,répétitif;et il aurait perdu de sa crédibilité(la forteresse ne peut pas dépasser une certaine taille,et on verrait souvent les même pieces!)!!Ce jeu ne plaira malheuresement pas à tout le monde!!Mais les adeptes de bain de sang devrait tout de même l'essayer sous peine de passer à côté de ce joyau à la réalisation impécable(point fort pour l'animation!)
    P.S:Je ne suis pas d'accord avec votre test,la prise en main est très bonne!On utilise 5 touches pour une vingtaine d'actionsd'actions!!
    P.S*:(Pour les Picsous)le prix est de seulement 25 euros!

  • Shariban

    08/09/2004 à 00h01

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    Comment décrire Ico autrement quand le comparant à une poésie, ou à une peinture, avec ses couleurs pastels et ses mélodies magnifiques. Ico relate l'histoire d'un jeune garçon à cornes, enfermé par les siens à cause de cette protubérence. En arrivant à s'échapper de son sarcophage, il fait la rencontre d'une étrange jeune femme qui ne parle pas le même langage que lui, mais qu'il prendra sous son aile pour l'aider à sortir de cet endroit maudit. Voici comment commence cette épopée.

    Vous voici donc en compagnie de cette jeune femme qu'il faudra aider dans tout vos déplacements. Très bien fait, le gameplay se résume vite, vous devez passer de pièces en pièces, en aidant yorda à passer les pièges, toujours logiques, qui se dressent devant vous. Graphiquement magnifique, Ico se démarque des autres productions par son charme et ses couleurs pastels. Toujours de bons goûts les décors énormes et très immersifs nous font dire qu'il y a encore des gens qui peuvent faire cracher les tripes de la PS2 sans pour autant nous faire subir un énième FPS ou jeu de guerre. Pour la partie sonore rien à dire non plus, elle est magnifique et servirait très bien à vos soirées entre amis où elle remplacerait, très bien, la 5ème symphonie de Beethoven. Je vous encourage d'ailleurs vivement à vous la procurer tant elle est reposante (pas la 5 ème ). Pour résumer je dirai que si vous avez une 10aine d'heures devant vous et que vous voulez vous reposer et bien faites Ico. Qui ne vous decevra pas du tout. Surtout au prix où on le trouve.

    Verdict:
    J'achète, plutôt deux fois qu'une:
    -Pour les gens qui aiment ce qui est beau.
    -Euh..., les autres ben je ne comprends pas si ils n'accrochent pas.
    Vivement Nico

  • Koub

    10/02/2008 à 14h23

    Répondre

    Petite critique perso pour Ico:


     


    Condamné
    par les siens à être emmuré vivant le jour de ses douze ans dans une
    gigantesque forteresse pour être né avec une paire de cornes, le jeune Ico
    n’échappe à son terrible destin que grâce à un providentiel tremblement de
    terre qui brise son lourd tombeau de pierre. Très vite, après quelques
    errements, le garçon rencontre, prisonnière d’une cage de métal, une jeune
    femme transpirant la grâce et la fragilité. Sans se poser de question, Ico
    délivre la jolie dame. Aussitôt, d’étranges créatures faites d’ombre et de
    fumée noire s’en prennent à elle. Ne parvenant pas à sauver la pauvre femme car
    pris de court, Ico se retrouve changé en pierre, figé pour l’éternité. Game
    Over. Le joueur comprend très vite que sa survie dépendra de celle de la jolie
    Yorda. Quitter cette étouffante prison de pierre sera donc un long périple pas
    du tout solitaire.


     


    Véritable
    OVNI vidéo-ludique, Ico débarque en 2001 sur une PlayStation 2 qui n’a pas vu
    le coup venir. Elle qui cherchait alors depuis un an et demi à nous prouver que,
    forte de l’Emotion Engine qui battait dans ses entrailles, elle était la seule
    à pouvoir faire tourner des emotion-games à grand renfort de visages
    polygonisés et motion-capturés à outrance, la voilà forcée d’admettre que
    l’émotion la plus crédible ne passe pas forcément par la puissance la plus
    brute. Ico est en effet un jeu qui ne compte ni sur le bluff ni sur l’esbroufe
    technique, préférant s’appuyer sur un game-design riche et travaillé jusque
    dans ses moindres détails. C’est ainsi que la gigantesque citadelle prend vie,
    brique après brique, mur après mur, chaînes après chaînes, et tente d’étouffer
    notre couple de fugitifs. L’architecture est précise, presque crédible malgré
    son gigantisme outré qui rappelle quelque peu le monde du dessin animé Le
    Roi et l’Oiseau, présentant des mécanismes à base de poulies, de treuils,
    de cordes, de poids et de contrepoids qu’il faudra comprendre pour parvenir à
    s’échapper.


     


    Mais
    ce dangereux monde de la forteresse, même s’il faut le fuir pour survivre,
    reste empreint d’une étrange et grande beauté. Des jardins magnifiques où le
    temps semble figé, avec leurs arbres balayés par le vent et inondés par le
    soleil, où volettent de jolies colombes qui bercent les lieux de leurs chants
    innocents, deviennent de véritables havres de paix, où seule compte la
    contemplation. D’autant plus que si Ico n’est pas arrogant, la prouesse
    technique des développeurs vient tout de même souvent s’ajouter à celle des
    designers, et ce alors que l’on s’y attend le moins. Ico longe par exemple ce
    qui semble n’être qu’un simple petit étang et, comprenant vite qu’il faut le
    traverser, le joueur se jette à l’eau, et là, sublime du sublime, l’eau
    s’anime, ondule et brille de mille reflets insoupçonnés. Idem lorsque le
    joueur, à la recherche d’un mécanisme qu’il imagine bien caché, effectue un
    zoom sur un arbre qui révèle alors un feuillage touffu en véritable 3D, animé
    avec une rare finesse, sur lequel le soleil vient faire élégamment danser ses
    rayons lumineux. Ou encore lorsque la caméra, d’humeur vagabonde, s’aventure en
    une lente contre-plongée sous une cascade qui dévoile alors toute son intimité,
    faite de transparence, de reflets et de diffraction lumineuse lorsqu’un soleil
    rougeoyant de fin de journée vient s’y reposer.


     


    Un
    mot également pour souligner à quel point le travail sur l’animation est
    renversant : voir Ico prendre Yorda par la main, sans le moindre bug de
    collision qui ferait vraiment tâche dans un tel instant de grâce, pour la
    bousculer un peu afin de fuir le danger ou pour la rattraper après un saut
    périlleux, en apnée au-dessus du vide, ou, plus simplement, voir Ico se
    balancer au bout d’une chaîne, sont des purs moments d’émerveillement.



    C’est donc fort d’une esthétique inattaquable qu’Ico s’apprête à happer le
    joueur dans son monde d’une grande interactivité. Se débarrassant des habituels
    artifices que sont la barre de vie, la carte des lieux ou les items à
    collecter, le jeu propose un écran vierge de toute fioriture forcément mal
    placée et s’articule autour d’un gameplay simple et limpide, pour finalement
    mettre l’accent sur la plus pure beauté de l’instant de jeu. C’est ainsi qu’il
    va s’agir de déjouer les nombreux mécanismes et pièges constitués par
    l’imposante forteresse, en sautant de rempart en rempart, basculant des blocs, abaissant
    des ponts,… Ces problèmes posés au joueur ne sont jamais insurmontables mais
    pas forcément évidents, étant donné qu’aucune indication n’est donnée, toujours
    dans cette logique de vouloir éliminer toute indication à l’écran. C’est alors
    au joueur d’imaginer les éléments avec lesquels il peut interagir et ce sur
    quoi il n’a aucun pouvoir afin de débloquer la situation. Un exercice ardu tant
    les jeux habituels nous gavent de commentaires du style « rien
    d’intéressant » ou « je pourrai peut-être », mais qui permet
    enfin de s’adonner véritablement aux plaisirs de la recherche, de
    l’exploration, tout en multipliant les moments de pure contemplation... Une
    véritable bouffée d’air frais pour le gameplay.


     


    Mais
    attention ! Il ne faudra jamais oublier votre frêle compagne, puisque
    c’est à deux qu’il vous faut progresser. Car si Ico s’en tire toujours avec
    brio, endurant et souple qu’il est, Yorda demandera, elle, des passages
    toujours moins étriqués, moins tortueux, moins ardus. Le joueur se voit donc
    parfois obligé de quitter des yeux sa belle pour débloquer le passage en amont,
    mais ce sera toujours avec une certaine angoisse car, tôt ou tard, les
    créatures des ténèbres viendront tenter de lui arracher sa protégée. Ico devra
    alors repousser les assaillants, parfois très nombreux et de plus en plus
    hargneux, avec pour seule arme un mince bâton ou une simple épée. La partie est
    parfois loin d’être gagnée et les combats s’avèrent souvent assez stratégiques,
    pour empêcher les créatures de s’emparer de Yorda, ou, au contraire, se servir
    d’elle comme appât, car les créatures vous craignent…



    Les deux personnages progressent donc entre les remparts sinistres et froids de
    la citadelle, ne s’arrêtant que de temps en temps sur un banc de pierre pour se
    reposer et… sauvegarder. Toujours cette logique de simplicité qui fait mouche
    car elle étonne par sa légèreté. La fin du jeu verra Ico confronté au mal
    absolu dans un combat contre un inévitable boss d’anthologie où, là encore, la
    technique pour en venir à bout ne fera ni appel à moult items récoltés puis
    combinés à un instant t ni à une furia de magie level 3, mais bien à une
    réflexion logique ainsi qu’à une certaine dextérité au rond, croix, triangle et
    carré. L’ultime scène du jeu survient après le générique de fin et dévoile
    enfin au joueur le sort réservé à sa compagne d’aventure, pour un moment de pur
    recueillement. Purement évanescent.


     

    Sans doute l’un des
    meilleurs ambassadeurs du jeu vidéo en tant qu’art à part entière, Ico fait
    partie de ces jeux qui marquent et que l’on aimerait vivre plus souvent. Et
    après cela, découvrez le monumental Shadow of the Colossus.





     

  • Anonyme

    27/10/2009 à 17h46

    Répondre

    Personnelement, j'ai trouvé ce jeu très décevant, on me l'avais conseillé. Contrairement aux autres personne, j'ai trouvé les graphisme bof, il n'y a même pas de musique ni d'ambiance, l'histoire est quand même assez tangente. Les monstres sont vraiment pitoyables, et Yorda, qu'on traine depuis le début, ne fait que de géner et ne sait rien faire. Ajoutons la caméra pourrie.


    Si vous chercher un jeu qui en vaut la peine avec de magnifique graphismes, une bonne histoire et un très bon gameplay, n'acheter pas ICO !! N'écouter pas les avis et ne suivez pas lesautres comme des moutons sans cervelle.

  • Mandark

    15/05/2010 à 19h40

    Répondre

    Et si vous voulez découvrir ce que le jeu vidéo a de meilleur à offrir, ne tenez pas compte de l'avis qui précède. Vu le peu d'exemplaires du jeu vendu, hélas, depuis sa sortie, il est assez évident que ce n'est pas ce merveilleux titre que les "moutons" se sont empressés d'acheter.


    Ne passez pas à côté de l'expérience Ico!

  • Penthesilea

    20/02/2011 à 21h52

    Répondre

    qu'il est beau et poétique, ce jeu !http://jeux-video.krinein.com/ico-427/critique-1904.html

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