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Illusion : A Tale of the Mind - Test PC

Dernière production de l'éditeur Ravenscourt, Illusion : A Tale of the Mind propose une expérience à la fois originale dans son concept et classique dans les modes de jeu.

Tout commence dans un univers mental, dans lequel l'on navigue sur les esprits de trois personnes en incarnant une petite fille d'environ 8 ans, Emma, à la recherche de sa mémoire perdue. L'histoire se déroule en France, sur l'avant et l'après-guerre 14-18 et narre à la façon d'un conte une histoire d'amour qui ne finit pas très bien et dont Emma est issue.

Fort logiquement, cet univers sera le fruit de la collision entre le réel et l'impossible. Le réel, ce seront les bouts de souvenirs disséminés de-ci de-là et que l'on collecte. L'impossible, ce sera cet univers spatio-temporel où les lois physiques n'ont aucune place, où les objets lévitent d'eux-mêmes, où les ponts sont des dessins sur une  bouteille, où des portails nous transportent... comme dans le monde des rêves, où rien n'est logique, où le produit des traumatismes et des angoisses nous portent et nous déportent dans des scènes frôlant l'absurde.


Quand le réel et le non réel se mélangent...

En cela, Illusion : A Tale of The Mind est profondément original, d'autant que le concept est porté par une minutie du travail graphique qui propose des fonds nébuleux, des traits et couleurs majoritairement sombres et lugubres, bien que parfois plus lumineux, rappelant à quel point dureté et beauté de la vie sont étroitement mêlées.

Côté narration, les événements sont assez linéaires et prévisibles, car notamment, des morceaux de textes s'affichent pendant les téléchargements et révèlent certains événements avant qu'on ne les découvre par le déroulé du jeu. Décision volontaire ou bug ? L'histoire n'étant pas spécialement originale, je dirais que c'est volontaire et que les développeurs ont avant tout cherché à produire une oeuvre artistique plutôt qu'un roman à suspense. Mais le résultat, c'est qu'on n'est pas spécialement absorbé par l'histoire et que la dimension émotionnelle, bien que présente, est un peu édulcorée. De ce point de vue, le jeu s'adresserait de façon très appropriée plus à un public jeune (10-13 ans) qu'aux adultes, d'autant que le doublage en français et les textes des dialogues sont très justes. Par contre, on ne s'explique pas les quelques fautes grossières de français qui traînent. Ils 'agit pourtant d'un jeu canadien... 

Il en est de même pour les modes de jeu : pas fulgurants, pas trop difficiles à quelques exceptions près, classiques mais qui prennent par leur variété, ils plairont surtout aux plus jeunes. Ainsi, l'aventure propose tantôt des puzzles games (reconstitution d'images en 3D, puzzles, jeu de sons, d'optique, labyrinthes), tantôt des zones d'action de plates-formes, tantôt des courses poursuites, sur terre ou dans les airs. On râle cependant contre un gros loupé sur les contrôles. En effet, Illusion : A Tale of the Mind est injouable à la souris sur les scènes de course-poursuite, notamment à la fin des chapitres 1 et 3 (la souris ne permet pas d'avancer assez vite - on n'utilise pas le clavier), et au milieu du 2 lors des enchaînements de sauts sur les plaques de glace (manque de précision de la souris pour sauter sur les bonnes plaques). Il est alors indispensable de passer à la manette, en supposant que vous en ayez une... ce qui n'est pas systématique.


Un peu de plates-formes en plus des nombreux puzzles.

Fort heureusement, les autres aspects techniques tiennent la route : les temps de chargement sont assez courts, les transitions entre vidéos et phases de jeu fluides voire peu perceptibles, les sauvegardes automatiques très fréquentes.

Quant à la fin, elle est à l'image de l'ensemble de l'histoire : prévisible et sans réelle surprise, à ce détail près qu'elle nous étonne en ne prenant pas la peine de conclure, ce qui est aussi bien.  

Conclusion

Illusion : A Tale of The Mind est un agréable conte graphico-artistique doté de mécanismes de jeu suffisamment variés pour maintenir notre intérêt. Sa bande-son envoûtante accentue plus encore l'immersion proposée par l'originalité du concept. Plus adapté à un public jeune par sa narration et ses dialogues un peu simplifiés, il ne tiendra les joueurs et joueuses qu'environ 5-6H, ce qui reste un peu court pour le prix de 19,99 €. 

PS : manette indispensable en raison de contrôles hasardeux ou lents à la souris.


Certains passages sont injouables à la souris. Préférez la manette.

A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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