6.5/10

Inazuma Eleven Strikers - Test Wii

Vous avez probablement réagi comme moi, en bon fan d'Inazuma Eleven : étant donné les larges périodes de temps séparant deux opus DS, la venue d'un épisode sur Wii pouvait se voir comme un bouche-trou appréciable – juste de quoi calmer nos ardeurs et éventuellement nous coller en tête un nouveau générique de début. Souci, le titre s'orne d'un « Strikers » qui en dit long (ou pas d'ailleurs) sur le contenu de cette déclinaison console de salon : nous ne serons pas face à un RPG mais à un jeu de foot orienté arcade. Pourquoi pas.


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On ne nous trompe pas, d'ailleurs. Sur DS, le générique (qui est chanté, notez, c'est important) ressemblait à n'importe quelle introduction de dessins animés japonais, impliquant donc un récit (résumé en quelques images) et un « bestiaire » à découvrir au fil des épisodes (considérés dans le jeu comme des chapitres). Le générique de Strikers est également réalisé en dessins animés, toujours d'une excellente facture, mais mettra davantage l'accent sur la multiplicité des personnages de la franchise et de leurs équipes respectives – le tout avec une petite musique entraînante mais néanmoins largement oubliable et sans la moindre vocifération du chanteur officiel de la série. C'est un peu comme si un FIFA vous faisait bouffer un montage vidéo avec des actions de prestigieux joueurs. Un œil averti, qui en vaudra donc deux, comprendra dès lors que l'on ne va pas suivre une histoire mais plutôt jouer au foot dans l'univers d'Inazuma Eleven. Ce qui n'est pas spécialement pour nous déplaire, en fait.


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Mais rapidement, le malaise s'installe. On ne retrouve pas Inazuma Eleven, qui était tout d'abord, c'est vrai, un RPG, mais aussi un jeu tactique. Tout le gameplay a été adapté pour fournir une version temps réel du jeu, forcément très orientée arcade, où chaque composante stratégique de l'original est mise de côté. Enfin, pas complètement, mais on va y revenir très vite. Donc, nous nous retrouvons avec un jeu vu de côté, avec deux équipes de onze joueurs. Chacun possède une barre de PT (les points de technique), une jauge éclair, ainsi qu'une affinité élémentaire (Eau, l'air, le feu, la terre). A première vue, donc, quelques composantes du jeu originel ont été conservées et associées à un jeu de foot « classique » avec ses boutons de passes, de tir, de tacle, et de sprint. Sans atteindre la dimension technique d'un FIFA, on peut donc jouer au foot d'une manière tout à fait normale en réalisant de belles remontées de terrain finalisées par un centre millimétré et une reprise de volée s'envolant tout droit vers… les bras du gardien. Dire que ce dernier est efficace est un réel euphémisme, il est très (très très) difficile de marquer un but par une action de jeu réelle – En admettant qu'on arrive à passer une défense assez agressive.


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C'est ici qu'intervient l'essence même d'Inazuma Eleven : les techniques. Lorsque la jauge éclair de votre personnage est remplie, il a l'opportunité de déclencher un de ses « pouvoirs spéciaux », qu'il soit offensif ou défensif. En secouant la manette, un cercle d'action se forme autour du joueur pendant quelques secondes, et déclenche la technique lorsqu'un adversaire entre dans la zone. Les habitués le savent bien, les techniques sont une excellente façon de passer une défense récalcitrante ou de récupérer le ballon à coup sûr, pour peu que l'on ait les PT requis pour la technique. Ici, même plus besoin d'y faire gaffe, votre jauge éclair se remplit d'elle-même au fur et à mesure, peut-être un peu trop vite, et vos PT remontent tout seuls comme des grands. Même avec une bonne technique d'attaque, il est assez difficile de passer outre une défense qui n'hésitera pas à utiliser ses propres aptitudes.
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Pour enclencher une technique de tir, la jauge éclair sera également requise, mais il en faudra en plus laisser le bouton de tir appuyé quelques instants pour « charger » la technique et obtenir éventuellement celle de niveau 3, la plus puissante. On se promène donc quelques secondes dans le camp adverse en esquivant les défenseurs avant de lâcher une grosse praline qui va mettre à mal le goal. Celui-ci devra alors choisir parmi ses techniques d'arrêt, en sachant que sa jauge éclair remplie lui permet de bénéficier de cette technique gratuitement – dans le cas contraire, un coût considérable sera directement ponctionné sur ses PT. Un match sera donc jalonné de nombreuses techniques spectaculaires, remarquablement mises en images – les mêmes animations que sur DS, mais en plus haute résolution. Mais la grande fréquence d'utilisation de ces pouvoirs finit par rendre les matchs plutôt indigestes, surtout pour un amateur de VO qui va se manger les voix françaises un peu crispantes. C'est un peu dommage dans le sens où Inazuma, pour un jeu de foot arcade, se révèle assez nerveux malgré son aspect technique plutôt réduit et quelques aspects poussifs.


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Autre souci, Inazuma Eleven Strikers ne propose pas de contenu à la hauteur de la franchise. Outre les modes de jeu récurrents pour un jeu de sport, à savoir le match amical et le tournoi personnalisable, le seul apport de la version Strikers sera un mode « club » où il vous faudra gérer votre équipe et vos joueurs via différents entraînements (des mini-jeux un peu pompe-l 'air, des matchs), des tournois, des séances de recrutement (parmi 150 joueurs, soit dix fois moins que le dernier épisode de la DS) et des personnalisations multiples. C'est ce qui fera office de mode solo. Les mini-jeux peuvent également être joués dans un mode à part, mais ils sont trop peu intéressants pour susciter une réelle envie. Demeure le mode multi-joueurs local, jouable jusqu'à quatre en simultané et personnalisable selon ses goûts (2 contre 2, 3 contre 1). Il sera possible d'assurer les fonctions de soutien, permettant de dispenser aux joueurs des bonus et des cercles de santé, mais il est immensément plus amusant d'être sur le terrain à coller des tacles de la mort et des manchots empereurs à l'équipe adverse.

Inazuma Eleven Strikers est assez décevant pour le fan de la série, qui ne verra en ce titre qu'une vulgarisation des principes tactiques mis en place sur DS. Mais le jeu peut se révéler plaisant à jouer en bonne compagnie, si l'on arrive à passer outre le doublage français un peu pénible sur la durée. Un conseil qui aide franchement : vous aussi, beuglez les noms de techniques avec la voix-off, une partie de Strikers doit être un véritable capharnaüm.


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