7/10

Just Cause 2 - Test

Explosions, cascades à gogo et refus de l'autorité sur fond de décor paradisiaque. Rejoignez Rico Rodriguez, le plus chaud de tout les latins.

C'est en septembre 2006 que sortait dans nos vertes contrées Just Cause. Lorgnant clairement sur les plates bandes de Rockstar, le jeu d'Avalanche Studio se voulait une alternative plus fun et décomplexée aux jeux bac à sable à la GTA. L'accueil, aussi bien critique que public, fut plutôt mitigé. La faute à des contrôles douteux, une réalisation à revoir et à une trop grande répétitivité de l'action.Trois ans et demi plus tard Avalanche Studio revient avec un Just Cause 2 plus diversifié, plus grand, plus beau...

Alors bonne surprise ou pétard mouillé?

Commençons par un point sur le scénario.

Dis, tu me prête ton hélico?
Dis, tu me prête ton hélico?
Rico Rodriguez, agent d'élite de «l'agence» est envoyé sur l'île fictive de Panao, dictature dirigée d'une main de fer dans un gant de fer par son président lilliputien Baby Panay, afin de retrouver et d'éliminer son mentor, traitre à la cause de l'agence. Rico se retrouvera donc à travailler pour différente factions ce qui lui permettra de démêler cette histoire pleine de rebondissements tous plus risibles et clichés les uns que les autres. Moins manichéen qu'on pourrait le croire au premier abord (le héros se voit confier des missions de récupération de drogue ou d'assassinat de fonctionnaires) le scénario est tout de même ultra patriotique et convenu («je suis un américain de souche moi, et nous les VRAIS américains on DETESTE les rouges»). On a du mal à saisir si Avalanche Studio joue la carte du second degré à fond ou si la narration est juste maladroite. Tout ceci est de plus desservi par une VF absolument apocalyptique, peut être la VF la plus minable qu'il m'ait été donné d'entendre (pourtant votre serviteur est extrêmement friand de doublages nanars voire ringards). Si vous voulez la VO passez votre console en anglais et dites adieu aux sous titres français. Arrêtons là la palabre sur l'histoire (qui n'est de toute façon qu'une excuse pour mettre Panao à feu et à sang) pour nous concentrer sur le jeu en lui même.

 

L'aventure commence de nuit alors que Rico est largué en chute libre à plusieurs kilomètres d'altitude et la première impression ressentie est: « la vache c'est super beau vu d'ici ».WHOUUUUHOUUUUU
WHOUUUUHOUUUUU
En effet la map étend avec majesté ses 1000 km² (quand même) sous nos yeux ébahis ; forêts, montagnes, déserts, archipels, le dépaysement est au rendez vous (Just Cause premier du nom n'offrait que la forêt comme unique environnement). Le joueur remarquera également les villes, tâches de lumières se découpant dans la nuit. Arrivé au niveau du sol même constat, tous les panoramas sont magnifiques. Pour ce qui est des décors à plus petite échelle, eh bien ça impressionne moins vu de près. Les textures sont propres, même si on est loin de la finesse d'un Uncharted 2 ou d'un God Of War 3, mais malgré cela se promener dans Panao est un régal pour les yeux. La construction des différents environnements de l'île est bien faite. L'équipe de développement a fourni un bel effort pour rendre le monde crédible: petit village de pêcheurs, temple abandonné au milieu de la forêt, ville remplie de gratte-ciel, carrosserie des véhicules qui se salit si on roule dans des chemins de terre...

Tout n'est malheureusement pas si rose. Bien que très vaste le monde est aussi très vide, les voitures ne se bousculent pas sur les routes et il n'est pas rare d'atterrir en ville et de ne voire que 4 passants, dont deux qui ne bougent pas, et aucun véhicule. La modélisation des personnages (proportionnelle à leur importance) peut également faire saigner les globes oculaires les plus sensibles et globalement les véhicules sont plutôt quelconques. Les véhicules, parlons en des véhicules. Pour traverser le millier de km² (c'est grand quand même) Rico pourra se servir d'une flopée d'appareils différents. Au nombre de 104 répartis entre autos, camions, motos, bateaux, hélicoptères et avions, tout est bon. Ou plutôt non, les véhicules terrestres pâtissent d'une physique exécrable et l'impression de conduire une savonnette montée sur des peaux de bananes rend tout trajet extrêmement laborieux (et par extension, toute mission de course poursuite extrêmement difficile). Rappelons que la map fait dans les 1000 Km² (whaaaa c'est au moins 30 fois plus grand que GTA 4) et que prendre une voiture quand l'objectif est distant de 20 Km et séparé par un bras de mer n'est peu être pas le choix le plus judicieux.

 

Passons maintenant au cœur du jeu: la cuisine! Pardon le gameplay!

 

Le plus gros argument des développeurs était le fun apporté par l'équipement de Rico, à savoir un grappin pour s'accrocher partout et atteindre les hauteurs ainsi qu'un parachute réutilisable instantanément. Bien que les contrôles demandent un petit temps d'apprentissage le plaisir est bien là et le joueur se retrouve rapidement à enchainer les cascades. Vous êtes poursuivi par les forces de l'ordre? Pas de problèmes, lancez votre grappin pour attraper une voiture en marche, atterrissez sur son toit, profitez en pour arroser vos poursuivants avec l'une des armes que propose le jeu (une dizaine, du revolver au bazooka), réutilisez votre grappin pour Pouf
Pouf
détourner un avion qui passait par là, semez vos poursuivant et jetez vous dans le vide pour finalement finir par vous poser sur le toit d'un building et vous payer une petite séance de base jump. Votre grappin sert également en combat: délogez les gardes de leurs tours, accrochez les au plafond ou sur une bombonne de gaz sous pression. Dans tout les cas le maitre mot est démesure.

L'expérience est cependant assombrie par de nombreux bugs d'affichage et de collision. Le fameux grappin ne réagit pas non plus toujours comme on le voudrait. Il n'est pas rare de rater sa cible, de ne pas s'accrocher là ou on le voulait voire de ne pas s'accrocher du tout. L'action souffre également d'une très mauvaise lisibilité, des balles arrivent souvent d'on ne sait où, même après un tour de caméra à 360°. Tout ceci rend les combats très frustrants et chaotiques. Habile transition, car le « chaos » est un élément de gameplay à part entière et est au centre de la progression. En effet les missions principales, celles qui font avancer le «scénario», ne peuvent se débloquer qu'en remplissant une jauge de chaos, ce qui peut se faire de plusieurs façons.

En accomplissant des missions secondaires pour les trois factions rebello-criminelles (des gangsters, des ultranationalistes et des... rebelles sans pitié) qui essayent de destituer le gouvernement de Panao, en explorant l'île pour trouver des objets et des caisses d'améliorations (d'armes, d'armure et de véhicules) dissimulées un peu partout, et enfin en détruisant des biens gouvernementaux. En outre pour chaque action vous rapportant du chaos vous gagnerez de bons vieux dollars vous permettant d'acheter armes et véhicules sur le marché noir. C'est bon je suis caché
C'est bon je suis caché

Et c'est là que Just Cause 2 révèle toute l'envergure de sa durée de vie. Si il n'y a qu'une dizaine de missions principales le jeu en compte une soixantaine de secondaires et un bon millier (oui, oui) d'objets cachés. Les accros du 100% ont du pain sur la planche. Les missions en elles même sont dans l'ensemble sympathiques. Les secondaires sont assez basiques : escorte, assaut, récupération de biens, courses poursuites, que du classique à quelque exceptions près (mention spéciale à la mission qui vous demande de vous rendre sur une île mystérieuse, là où bateaux et avions disparaissent et sur laquelle courent d'affreuses rumeurs à propos de cannibales). Les principales par contre font souvent preuve d'originalité avec des missions en plusieurs étapes (vous rendre à un endroit, débusquer la cible, la forcer à la fuite, la poursuivre sur un lac gelé...). Le tout est emballé dans une ambiance de république bananière avec messages radio de propagande qui vont bien.

 

En conclusion que penser de Just Cause 2 ?

 

La copie d' Avalanche Studio n'est certes pas parfaite. De nombreuses lacunes subsistent, tant techniques, avec ses décors magnifiques et son aire de jeu immense mais plutôt vide, ainsi qu'au niveau du gameplay avec une action très fun mais très brouillon voire frustrante dans les combats. Au final l'expérience est assez inégale mais la variété du gameplay, des situations et l'énorme liberté d'action en font une aventure agréable qui s'apprécie à son rythme pour peu qu'on accroche à l'ambiance. Chacun pourra y trouver son bonheur, du gros hardcore gamer avide de sensations fortes jusqu'au joueur occasionnel faisant deux ou trois missions de temps en temps en passant par le joueur contemplatif passant des heures à admirer les vaste étendues de Panao et à chercher la moindre caisse cachée.

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Anonyme

    25/03/2010 à 10h03

    Répondre

    Vivement sa sortie !  

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein jeux vidéo c'est des tests de jeux vidéo et de l'actualité. Le dernier Mario sur Nintendo 3DS, le dernier Zelda sur Wii U, le dernier Assassin's Creed sur Xbox One, le dernier Infamous sur PS4, vous attirent ? Lisez ce qu'on en pense !

Rubriques