7/10

Kameo: Elements of Power - Test

Avant de rentrer dans le vif du sujet, on va faire un bref récapitulatif du développement, au combien chaotique, de ce jeu. Rare s'est forgé une réputation d'excellence auprès des joueurs à l'époque de la Nintendo 64 avec des jeux références comme Banjo et Kazooie, Perfect Dark, Conker...A cette époque, ce développeur était sous la houlette de Nintendo qui devait être bien content de l'apport considérable d'un studio aussi talentueux. Pourtant, il cède à la surprise générale Rare à Microsoft, désireux de montrer qu'ils ont vraiment l'intention de s'imposer dans le marché du jeux-vidéo, pour une somme assez colossale. Depuis ce rachat, Rare est devenu étonnement discret et leur premier jeu sur X-Box, Grabbed By The Ghoulies, en a laissé plus d'un sceptique par sa médiocrité.
Mais pour la sortie de la nouvelle console de Biloo, la X-Box 360, Rare est décidé à faire un gros coup en sortant la suite tant attendu d'un des meilleur FPS console, Perfect Dark, et une nouvelle licence baptisée Kameo. Ce dernier, prévu depuis une éternité, a été commencé sur Game Cube puis reprogrammé sur X-Box, pour finir aujourd'hui sur la première machine next-gen.

Après un développement aussi mouvementé, on est en droit de se demander si l'attente de ce jeu est légitime ou si c'est un gros pétard mouillé comme un certain Perfect Dark Zéro. Et bien autant le dire tout de suite la réponse est non...mais, il n'est pas non plus génialissime et ne marquera pas le réveil foudroyant du grand Rare mais un timide prémisse du retour probable du génie de ce studio.



L'histoire de la fée qui se transforme

Vous incarnez Kameo, une jeune fée détentrice d'un grand pouvoir héréditaire, qui part délivrer sa famille capturée par sa méchante soeur qui a libéré le roi des Trolls. Ouh... ça fait peur et ça transpire l'originalité à plein nez. Alors oui, le scénario est vraiment bidon et totalement inintéressant, oui, on connaît déjà la fin avant même de l'avoir commencé mais bon c'est finalement pas si grave que ça si le gameplay rattrape le tout. Et il le fait de fort belle manière en tout cas dans les premières heures de jeu. En effet, Kaméo, (c'est la gentille fée si vous suivez bien), peut se transformer en différents avatars tels qu'une plante qui balance des torgnoles avec des gants de boxe en émettant des petits rictus sadiques, un dragon ayant la fâcheuse tendance de cramer tout ce qui passe... je ne spoile pas les autres qui sont souvent très originaux et surtout très attachants et superbement désignés et animés. A chaque monstruosité débloquée, on se surprend à l'admirer sous toutes les coutures. Elles sont assez nombreuses (une petite dizaine) et ont toutes des pouvoirs spécifiques permettant d'accéder à de nouveaux endroits. Ces joyeux lurons ont d'ailleurs tellement de personnalité qu'on a tendance à s'attacher à certains et à plus les utiliser lors des combats, variés de par la pléthore de pouvoirs disponibles pour dessouder du méchant troll, mais d'un autre coté un peu répétitif de part la redondance des ennemis et de leurs attaques.
Justement, les mécaniques du jeu manquent parfois de génie, les rouages sont souvent banaux, surtout pour un joueur confirmé. La progression est donc linéaire, plutôt aisée et suit le schéma classique : je débloque un nouvel avatar et je me sers de son pouvoir pour atteindre la nouvelle zone. Chaque personnalité a une utilité flagrante qu'il suffit de renouveler tout le long du jeu. Ca reste quand même agréable mais on est bien loin du level design d'un Zelda et on a vu Rare capable de biens meilleures prouesses. L'incarnation de multiples personnalités qui s'avérait originale de prime abord et augurait du meilleur en terme de variété de gameplay n'est donc pas si bien exploité que ça, la faute à un level design trop moyen et à des mécaniques de gameplay trop banales. Même les quêtes annexes sont presque inexistante : les seuls éléments à débloquer sont des élixirs de vie pour augmenter sa jauge de santé, et des fruits permettant de débloquer des nouveaux pouvoirs fort sympathiques et utiles en combat. Signalons les joutes contre les boss qui demandent un peu plus de jugeote et de sang-froid et corsent le challenge de manière sympathique.



Mon dieu, c'est de toute beauté

Néanmoins, le jeu est de toute beauté et l'environnement graphique est sublime et super agréable malgré le manque d'originalité, flagrante de certains décors (eau, montagne, volcan, Ouah c'est fou on avait jamais vu ça). D'ailleurs, le manque de créativité se ressent aussi sur l'univers très pompeux avec un mix heroic fantasy/cartoon. Ro mais je reviens encore à un point négatif sans avoir suffisamment souligné l'excellence graphique du titre. On décroche la mâchoire plus d'une fois tellement la qualité des textures, les effets de lumières, de poussières, les ombres, la modélisation des personnages sont complètement sidérantes. On voit très bien que la nouvelle technologie permet aussi de sublimer des univers graphiques qui ne cherche pas à faire du photo-réalisme, grande mode actuelle. Le meilleur adjectif est sûrement féerique et on est quelquefois émerveillé comme un gosse, éblouie même, tellement d'ailleurs que cette débauche visuelle hallucinante fait parfois un peu mal aux yeux. On s'y habituera, c'est ça aussi le double effet kiss-cool du next-gen.

Juste deux mots sur la jouabilité impeccable du titre et la bande-son qui passe presque inaperçue avec des thèmes mainte fois entendus.

Un dernier mot sur la durée de vie qui est, comme ce paragraphe, très courte. Ca aussi c'est une autre grande mode du moment et c'est souvent, comme ici, pour souligner le manque de renouvellement du gameplay du jeu. Donc c'est court mais faudrait pas que ce soit beaucoup plus long non plus.



Conclusion

Kameo joui d'une réalisation exceptionnelle et de qualités évidentes qui rendent l'expérience de jeu fort sympathique mais il lui manque ce qui fait la différence entre un bon jeu et un grand jeu notamment un gameplay finalement assez conventionnel, sans génie et un univers trop peu inspiré pour ne pas dire pompeux. Prions pour que Rare retrouve la flamme parce qu'avec un Perfect Dark Zero assez mauvais et un Kameo trop classique, bien qu'agréable, il est loin le temps où ce studio ne faisait que des merveilles.


A propos de l'auteur

4 commentaires

  • axelay

    15/03/2006 à 16h17

    Répondre

    complètement d'accord avec la critique. Ou sont les merveilles comme Banjo Kazooie, Jet Force Gemini, Goldeneye, perfect Dark...

    La N64 a survécu grâce au génie de Rare, mais on a l'impression qu'en s'alliant avec Microsoft le studio a tout d'un coup perdu tout son génie...

    quel gâchis

  • Anonyme

    15/03/2006 à 19h03

    Répondre

    j'ai téster Kameo et effectivement je n'ai pas adhéré au Graphisme ni au jeux. On est Loin d'un grand jeu d'aventure...

  • Perco

    15/03/2006 à 19h26

    Répondre

    axelay a dit :
    on a l'impression qu'en s'alliant avec Microsoft le studio a tout d'un coup perdu tout son génie... quel gâchis


    Ils ne se sont pas alliés, ils ont été rachetés. Nuance. Sinon je suis d'accord, quel gachis...

  • kenji

    16/03/2006 à 13h18

    Répondre

    Yep tout à fait j'ai fait un lapsus mais je l'avais précisé dans l'intro le rachat de toute facon.

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