4/10

Kane & Lynch: Dead Men - Test

Après la série Hitman, Io Interactive se lance dans une nouvelle licence, Kane & Lynch, pour des jeux plus orientés action. Toujours du côté des tueurs, c'est cette fois l'occasion de quitter les agissement discrets et solitaires de l'agent 47 pour retrouver un tandem un peu plus bruyant.

Grâce au cinéma, on a souvent eu l'occasion de voir des duos de flics assez curieux, que ce soit dans l'Arme Fatale, Rush Hour, ou encore Die Hard III, on se retrouvait avec le bon flic et le mauvais flic (ça marche comme pour les chasseurs). Là, c'est un peu le même schéma, mais avec deux tueurs. Kane incarne le mercenaire très professionnel, froid, mais réglo. Lynch, c'est tout le contraire, c'est un psychopathe qui perd régulièrement le contrôle de lui-même. Evidemment, les plans bien huilés du premier se compliqueront souvent par la présence du second, pour prendre des proportions démesurées.

Lynch, le psychopate, qui nous guide durant l'évasion
Lynch qui nous guide durant l'évasion.
Le jeu ne nous permet d'incarner que Kane, ce qui garde une certaine logique dans la mesure où c'est ce personnage qui est au coeur de l'histoire, et il est de surcroît le seul qui peut vraiment mener à bien les missions qui lui sont imposées par The7, un groupe à la tête d'une organisation mafieuse. Accusé d'avoir volé quelques richesses à cette organisation, Kane sera arraché des mains de la police pour se retrouver à faire équipe avec Lynch, chargé de le surveiller et de l'épauler pour la récupération des biens. Evidemment, pour s'assurer la pleine coopération de Kane, The7 n'a pas hésité à mettre la main sur la chère famille de notre héros, à savoir sa femme et sa fille.

Ce scénario est un cliché des films d'action, mais sa mise en scène est à la hauteur. Les dialogues entre Kane et Lynch sont souvent croustillants, et le rythme des missions est infernal, avec un Lynch jamais à court de ressources quand il s'agit de péter les plombs au mauvais moment. Braquages qui tournent mal, enlèvements, courses-poursuites avec la moitié des forces de police de la ville, tout est là. L'ambiance sonore accompagne ces missions avec brio, histoire de renforcer un peu plus l'immersion.

Jusque là, le programme est alléchant, non ? Kane & Lynch a en effet l'étoffe d'un excellent jeu, le soucis, c'est que j'ai énoncé l'intégralité de ses aspects positifs. Place aux lacunes, et elles sont de taille.

L'ambiance est là... elle est bien la seule.
L'ambiance est là... elle est bien la seule.
La première chose qui frappe est la réalisation graphique. Le jeu n'est pas foncièrement laid, mais on a du mal à croire qu'il s'agisse d'un jeu de 2007, surtout avec les monstres technologiques qu'il nous a été permis de voir en cette fin d'année. Le seul élément qui semble avoir été soigné est le visage de Kane, qui jure sur des décors dignes de la génération précédente de consoles. Ces décors sont vides, la modélisation des véhicules est plus que légère, les modèles des personnages se répètent énormément, et malgré tout, le framerate arrive parfois à faiblir, même si cela reste correct sur ce point en général.

Le jeu reprend un système assez proche de Gears of War. On se met à couvert, on tire, on avance. La formule fonctionne très bien dans le jeu d'Epic, mais ici, c'est une autre histoire. Les armes ne sont pas toujours évidentes à prendre en main, tant la visée est difficile et que le recul de chacune d'elles est énorme. On videra régulièrement des chargeurs complets pour ne faire mouche qu'avec quelques balles. Comme dans les films d'action, remarque, heureusement que les ennemis sont fragiles, mais cela reste très frustrant. Kane manque aussi de répondant, que ce soit au moment de se mettre en couverture, ou de recharger, puisque cela est automatique si on attend hors visée. Un système qui manque clairement de dynamisme et qui ne colle pas franchement à ce qu'on attendait du jeu. Néanmoins, c'est le point de vue d'un habitué des shoots PC, à bon entendeur.

On collectionne les flics au cul
On collectionne les flics au cul.
Et pour finir en beauté, l'intelligence artificielle. Dans un tel jeu d'action, on ne demande pas à avoir des ennemis ou des alliés très intelligents, mais que les créateurs de Hitman nous pondent une IA aussi incohérente, c'est vraiment triste. Combien de fois ai-je pu abattre tout un groupe d'ennemis en fonçant sur eux au corps à corps pour les éliminer un à un avec ma lame, pendant qu'ils me regardaient sans agir ? Combien de fois un allié s'est mis à découvert alors qu'un groupe d'ennemis était en face ? Bien que la mort ne soit pas forcément pénalisante, vu que l'on peut réanimer un allié ou même se faire réanimer (à condition de ne pas trop enchaîner les morts, sous peine de faire une overdose de piqûre), il arrive que ce genre de situation soit très frustrante.

Kane & Lynch, c'est l'un des gros gâchis de cette année 2007. Une idée excellente, une réalisation bâclée. On sent bien qu'il y avait le potentiel pour faire un grand jeu, mais les défauts sont rédhibitoires, aussi on prend une grande dose de frustration, pour finalement une petite dose de plaisir. Dommage, vraiment dommage.

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1 commentaires

  • sven

    29/08/2011 à 17h50

    Répondre

    Assez d'accord sur les défauts cela dit, je ne les trouve pas rédibitoires pour autant, même en 2011!
    Par contre, il me tarde de l'essayer en coop pour voir ce que ça donne...http://www.krinein.com/jeux-video/kane- ... -7065.html

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