8/10

Killzone 3 - Test

Killzone 3 reprend là où son prédécesseur s'était arrêté, se diversifiant un maximum pour plaire au plus grand nombre. La franchise perd alors un peu de son identité, mais garde cependant sa valeur intrinsèque et ses qualités de FPS intense et rythmé, garantissant à la série de rester une référence fiable comme le prouve ce très bon troisième opus.

Deux années se sont écoulées depuis Killzone 2, comme si c'était hier…
Enfin surtout pour sa suite qui reprend l'histoire pile-poil là où elle s'était arrêtée. Allez, tant pis pour le (faux) spoiler, vous n'aviez qu'à y jouer : L'empereur Visari vient de se faire descendre par notre ami Rico (aucun rapport avec celui du petit-déjeuner), un poil trop énervé pour parler politique. Privés de leur leader, les Helghasts n'en sont malheureusement que plus déterminés à combattre, dirigés dorénavant par un noyau dur de politiciens, militaires et industriels ; noyau dur qui commence à se fissurer sous le poids des aspirations de certains.


Ils semblent s'aimer ces deux là...
On reprend donc les mêmes et on recommence… Enfin non, on continue, et en y apportant du changement s'il vous plait. Car le précédent opus, bien qu'auréolé d'un joli succès commercial et critique, ne proposait pas une jouabilité et des environnements très diversifiés et on pouvait lui reprocher des niveaux assez similaires tout comme des ennemis peu variés. Mais cela semblait être un choix assumé par les développeurs de Guerilla : nous faire vivre le conflit de l'intérieur, sans temps morts ni voyages vers de lointaines contrées : simple et efficace. Une immersion renforcée par des graphismes et une mise en scène dynamique du plus bel effet, et par un gameplay particulier du fait de déplacements lourds et d'un champ de vision plutôt restreint.

Killzone 3 repart donc sur les bonnes bases de son prédécesseur, mais essaye maintenant d'en donner plus. Plus de scénario pour commencer, avec un nombre important de cinématiques (toujours un bon moyen pour charger le prochain niveau en toute discrétion) et une campagne plus cinématographique, se rapprochant de ce que fait la concurrence. Cependant l'histoire, tout comme les personnages, reste caricaturale, prévisible, et finalement peu intéressante (même si après tout elle n'est que prétexte pour tout dézinguer !)
Et qui dit scénario plus poussé dit généralement environnements plus variés. Ainsi, on quitte les décors sombres et dévastés de Pyrrhus pour découvrir d'autres lieux propices aux changements de gameplay. Jungle, banquise, décharge, laboratoires et même vaisseau spatial ! Killzone 3 souhaite nous en mettre plein les mirettes, secondé par un moteur graphique à (presque) toute épreuve : univers détaillés et effets pyrotechniques
Les environnements sont plus variés.
maitrisés. "Presque" car quelques ralentissements viennent parfois gâcher l'expérience, qui se veut cependant toujours aussi intense, mais en diversifiant les plaisirs au travers de séquences de jeu plus variées. Certaines sont ainsi très réussies, comme le combat en exosquelette ou le déplacement en jetpack ; toutefois d'autres sont moins convaincantes (mention à la mission d'infiltration, caché derrière les trois brins d'herbes d'une jungle hostile). Les séquences véhiculées sont quant à elles plus nombreuses et variées, mais dans un esprit rail-shooting finalement lassant.

En effet, Killzone 3 reste avant tout un FPS pur et dur, avec une difficulté assez élevée et de beaux moments de bravoure. L'IA se positionne d'ailleurs dans le haut du tableau des productions actuelles, car en plus de viser juste, de vous contourner et de vous déloger avec des grenades, les Helghasts sont très résistants ! Heureusement, certains de vos camarades pourront vous réanimer si besoin. Mais ne comptez cependant pas trop sur eux, votre arsenal restant votre meilleur atout, surtout maintenant qu'il se compose de trois armes (comme la majorité de la concurrence quand on y pense), vous permettant de toujours garder une roquette de côté pour un ami Highs. À défaut, vous avez aussi la possibilité de lui trancher la gorge ou d'enfoncer vos doigts dans sa tête, moments de poésie et de douceur que l'on doit aux attaques de mêlée, une des nouveautés ajoutées dans cet opus, tout comme le système de planque amélioré qui permet de glisser jusqu'au mur le plus proche. Rien de nouveau dans le domaine, mais toujours appréciable.
Tout comme le mode coopération, ne se jouant malheureusement pas en ligne, mais proposant de refaire la campagne avec un ami en écran splitté.
Le Jetpack, un plus indéniable de K3
Ce qui est déjà pas mal dans ce monde du presque tout dématérialisé (même les amis, oui oui). Pour info, il n'est pas possible de jouer avec le détecteur de mouvement durant ces phases.
Quoi ? Je ne vous l'avais pas dit ? Killzone 3 est compatible avec le Playstation Move, comme une majorité de bons produits Playstation, et avec la 3D en prime. On peut d'ailleurs dire que Sony commence à maitriser son sujet à ce niveau là. Après WipEout HD, Killzone 3 est le deuxième soft PS3 à bénéficier d'une option 3D intégrée, et force est de reconnaitre que même si l'on considère l'option comme un gadget le résultat est assez bluffant et ajoute un vrai plus pour ce qui est de l'immersion (dans le cas des deux jeux d'ailleurs). La profondeur de champ se fait immédiatement sentir et l'ensemble reste toujours net ; on appréciera donc que Guerilla n'ai pas décidé de prendre le joueur pour un gogo en lui refilant une feature anecdotique et mal calibrée. Au contraire, c'est propre et ça flatte la rétine.
Autre bonus, l'implémentation du Move qui, bien que déstabilisante au début, est finalement une belle surprise. Loin d'être une fonction gadget, elle se montre très convaincante sous condition de ne pas se précipiter sur le champ de bataille, les mouvements de caméra en combat rapproché étant plus sensibles et difficiles à gérer (surtout la visée horizontale pour tourner la tête). Par contre, à distance, bien caché derrière un mur, et avec en plus une visée semi-automatique, c'est du tout bon ! Toutefois cela ne devrait pas empêcher la majorité des joueurs de revenir vers leur manette classique. Difficile de changer ses habitudes.

Les habitués des FPS ne seront d'ailleurs pas perturbés par la durée de la campagne solo de Killzone 3, relativement moyenne pour ne pas dire courte, comme ses petits camarades quoi.
Mais cela n'est plus l'élément central depuis un moment maintenant, car avec l'avènement de l'ADSL et des abonnements haut débit, le mode qui est devenu l'épine dorsale d'un bon jeu de tir est certainement le multijoueur.
Ce dernier est décliné en trois modes : Guérilla pour les deathmatch classiques en équipe, Zone de gu
Les phases de rail shooting sont nombreuses. Trop ?
erre composé de missions aléatoires (assassinat, prise de position, etc...), et Opérations qui propose des affrontements scénarisés entre ISA et Helghasts pour contrôler des objectifs, le tout se concluant par des petites vidéos de mise en scène des vainqueurs et vaincus.
De quoi passer de nombreuses heures sur les huit cartes disponibles, pensées comme il se doit pour les combats à plusieurs (jusqu'à 24), ma préférence allant vers le bon vieux Zone de Guerre et ses séquences variées.
Et les ceux qui vivent dans un bunker ou ceux qui en ont marre de se faire exterminer en ligne pourront toujours s'amuser avec le Botzone, du multi hors ligne avec des ennemis dirigés par l'IA. Ce mode a l'avantage de proposer un réglage du niveau des bots et toutes les classes débloquées dès le départ. Sympa pour s'entrainer.

Killzone 2 était une vitrine technologique pour la PS3, charmant les joueurs avec des effets dynamiques époustouflants et un style affirmé sombre et sanglant. Sa suite repart sur ces bases solides, apportant en plus une belle 3D et une fonction de détection de mouvement réellement utile. Cependant, en voulant plaire au plus grand nombre, Killzone 3 a perdu de son identité, handicapé par un scénario moyen conclu par un vieux cliffhanger, des personnages caricaturaux aussi musclés que dénués de charisme et des phases de gameplay perdant en qualité ce qu'elles gagnent en diversité.
Cependant, ces évolutions n'ont pas entaché sa valeur intrinsèque, et de nombreux ajouts s'avèrent finalement payants (vive le jetpack ou les combats de mêlée !).
En substance, Killzone reste donc une franchise fiable et ce troisième opus un très bon FPS.

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