5.5/10

Kotodama : The 7 Mysteries of Fujisawa - Test Switch

Les visual novels ont toujours le vent en poupe au Japon et continuent à s'exporter de par chez nous. Ce 31 mai dernier, c'est le léger Kotodama : The 7 Mysteries of Fujisawa qui est arrivé sur la Switch et steam. NB : jeu uniquement en anglais

De manière très classique comme on le voit dans bien des mangas, on atterrit dans un lycée japonais, le lycée Fujisawa. Là, toute la culture et toutes les traditions japonaises de la jeunesse lycéenne se manifestent dans le scénario : les différents clubs d'art ou de sport, la hiérarchie, la discipline, la camaraderie. S'y ajoute pour Kotodama une atmosphère légèrement occulte qui est la base des sept mystères à résoudre comme indiqué dans le nom du jeu. L'occulte sera finalement moins présent qu'on ne pense, et se voit en réalité plus ou moins remplacé par un certain approfondissement des nombreux personnages que l'on côtoie. Cet approfondissement reste cependant léger et on a dû mal à véritablement s'attacher à tous ces gens. La faute probablement à une trop courte durée de vie qui, de facto, ne laisse pas assez de temps pour trop creuser. On boucle en effet les sept chapitres en 6-7H. Néanmoins, de chapitre en chapitre, l'intensité de jeu va crescendo. Il y a aussi et heureusement, comme c'est l'usage dans le genre, différentes fins et quelques outils pour faciliter la rejouabilité, notamment les 99 sauvegardes et l'option pour passer les dialogues. De même, l'incontournable qualité du jeu d'acteurs-trices des personnages, qui sont tous intégralement doublés, est au rendez-vous.


Des lycéens, des clubs, des mystères.

Là où le bât blesse un peu plus, c'est du côté des actions de jeu. Si Kotodama a le mérite d'introduire une vraie mécanique intégrée dans l'histoire, elle n'est en définitive rien de plus qu'un mini-jeu pour téléphone portable plaquée dans la narration. Je m'explique. Notre personnage dispose d'un pouvoir spécial lui permettant d'obliger un-e interlocuteur-trice à dire la vérité à certains moments critiques. Ce sera notre outil principal pour résoudre les sept mystères. Or, la mécanique de jeu de ce pouvoir n'est en réalité qu'un jeu à gemmes, dont il faut aligner trois types identiques verticalement ou horizontalement pour les faire disparaître et gagner des points. Bref, c'est un mini puzzle game vu et revu. On aurait aimé un soupçon d'enquête, d'exploration, de recherches d'objets, un récapitulatif mental, un cheminement dans l'esprit. Mais non. Rien de tout cela. Par ailleurs, on s'aperçoit que plus on gagne de points, qui sont des points de jouissance, plus les personnages sont déshabillés, qu'ils soient filles ou garçons. Ils poussent aussi régulièrement des cris très suggestifs et prennent des poses du même ordre, sans que jamais on ne les voit complètement nus.

Si la métaphore de la mise à nue physique pour décrire une mise à nue émotionnelle n'est pas absurde, loin de là, ces aspects sexuellement suggestifs restent tout de même un truc bien japonais qui nous fait plus rire jaune qu'autre chose. Mais bon, ça reste anecdotique, donc ça passe. C'est d'ailleurs intéressant de voir à quel point la question de la pudeur émotionnelle reste un vrai sujet dans la culture japonaise.


L'unique phase de jeu, un jeu à gemmes vu et revu.

Enfin, côté commandes, on ne peut que louer la conscience professionnelle des développeurs pour adapter le jeu sur Switch. Ainsi, on apprécie de pouvoir gérer toutes les commandes aussi bien par les boutons que l'écran tactile, et que le bouton A soit bien celui de la validation. Il y a également un accès direct à l'historique des dialogues et tout un tas de raccourcis pour accéder aux nombreux aspects du menu (lecture d'un réseau social simplifié, vérification des mots révélés dans le déshabillage mental, galeries, sauvegardes à tout moment sauf dans les mini-puzzle etc...).

Conclusion

Kotodama : The 7 Mysteries of Fujisawa est un visual novel sympathique, profondément ancré dans la culture et les références japonaises, mais trop léger pour prendre véritablement aux tripes et nous passionner. Il est ainsi à réserver aux fans du genre, qui aiment se laisser porter par une histoire sans trop avoir à jouer, tout en étant capable de décoder les multiples références de la culture nippone, et tout en étant dotés d'un bon niveau d'anglais.


Un certain approfondissement des personnages.

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A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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