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Life is Strange : True Colors - Test PC

Tags : strange life colors true alex xbox histoire

Après un Life is Strange 2 mitigé, trop poussif ou erratique, la série revient haut en couleur avec une nouvelle histoire qui puise au sources de qui avait fait l'excellence du premier opus.

Cette fois, c'est Deck Nine qui est aux commandes. Deck Nine est le studio qui en 2018 avait brillamment développé Before The Storm, préquelle du premier Life is Strange et cela malgré un gros loupé technique. Ce n'est pas encore acquis, mais il semble que DONTNOD ne sera plus sur la franchise. Quoi qu'il en soit, vu son expérience, on savait pouvoir faire confiance à Deck Nine et on ne le regrette pas avec True Colors qui puise aux sources de ce qui se fit de mieux dans cette série : pouvoir surnaturel actif, émotion, mécanique de jeux inédite, choix cruciaux, enquête. 

Le plus gros point fort de Life is Strange, c'était le pouvoir de Max de remonter dans le temps ce qui donnait aux joueurs et joueuses d'importantes et parfois complexes actions de jeu à accomplir. Paradoxalement, c'est sur ce point qu'avait largement échoué Life is Strange 2, le pouvoir télékinésique de Daniel n'ayant été que bien trop peu exploité (sauf dans le dernier épisode) ce qui rendait les joueurs trop passifs. Deck Nine semble avoir pris en compte cet écueil et n'est pas tombé dedans. Le personnage principal, Alexandra Chen - Alex pour les intimes - a donc aussi un pouvoir, celui d'une empathie exarcerbée, qui lui permet de cerner en profondeur les émotions de ses interlocuteurs en pouvant aller jusqu'à lire dans leurs pensées lorsque les émotions sont intenses. Cette capacité nous oblige régulièremenrt au cours du jeu à cerner les émotions en question, à les décortiquer en examinant des objets puis à choisir les dialogues apropriées, sorte de mini-enquête émotionnelle. Donc, joueurs et joueuses sont véritablement actifs, ce qui fait du bien, mais surtout ces séquences de jeu sont totalement indéites et originales, même si elles n'ont rien de bien difficile. Si des séquences moins actives de dialogues et de simple exploration ou lecture sont aussi toujours présentes, elles n'ont alors plus ce goût factidieux qu'elles avaient pu avoir dans Life is Strange 2.


Enquête sur les émotions : chaque couleur représente une émotion, le violet la peur.

Cette capacité donne aussi à notre héroïne toute sa saveur. À l'instar de Max, ce pouvoir n'est pas qu'une bénédiction. Au départ, c'est même pour Alex la source d'une profonde souffrance, car cette empathie trop devéloppée la rend trop permémable aux émotions les plus négatives des autres ce lui qui provoque des accès de violence incontrôlée au point qu'elle est très jeune soumises à des traitements lourds. Notre héroïne s'avère ainsi complexe, ambivalente, et ce n'est qu'avec l'aide des autres et du temps qu'elle pourra faire de ce terrible don une aide pour son entourage et une source d'épanouissement personnel. Le moins que l'on puisse dire est que les scénaristes de Deck Nine ont ainsi fait un travail très subtil sur ce pouvoir à la dimension humaine très poussée et que c'était un pari risqué qu'ils ont gagné avec brio : les dialogues qui ont trait à ces parties purement émotionnelles sont particulièrement authentiques et réalistes. C'est vraiment très impressionnant et ça nous touche forcément aux tripes.


Des graphismes magnifiques et de l'amour, si on le veut seulement.

Autre travail réussi, c'est la variété des choix et des fins. Pour certains de ces choix, la décision est extrêmement difficile, tellement difficile qu'on sait immédiatement qu'on rejouera les parties en question pour savoir ce qu'il se passera lorsqu'on prendra l'autre décision. Encore un pari réussi pour True Colors : la rejouabilité est assurée. Et cette fois, il n'y a pas de loupé technique : le jeu a prévu cinq sauvegardes différentes et un découpage de chacun des cinq chapitres pour rejouer au point que l'on souhaite (avec en plus la possibilité de rejouer des passages sans toucher au déroulé de l'histoire pour récolter les objets souvenirs à collectionner, lesquels donnent un piment supplémentaire à l'histoire car ce n'est pas juste pour le plaisir d'explorer).

En parlant de chapitres, pour la première fois, le parti est pris de ne pas découper les sorties en épisodes, format pour ma part qui ne m'a jamais complètement convaincue quand il était à la mode. Ces jeux sont trop palpitants et exltants pour nous couper en plein élan. Je salue donc cette sortie en format complet.

Pour en revenir aux fins, on n'en compte pas moins de 6 différentes, ce qui fait un bien fou. Pas de dilemme plus ou moins absurde (le plus absurde restant celui du premier opus bien sûr) et sans aucun jugement de valeur sur l'une ou l'autre des fins, ce qui était très agaçant. À un moment, on a l'impression qu'il y a une prise de partie, mais non. Par l'intermédiaire d'un dialogue au-delà du réel entre Gabe et Alex, les scénaristes ne font que jouer avec nous et nous taquiner un peu. Le choix final n'en reste pas moins cornélien.


Une partie de jeu de rôle en clin d'oeil à Before the Storm ?

Côté scénario, l'histoire dispose d'un fil directeur qui lui donne une véritable cohérence sans les  errances ennuyeuses de Life is Strange 2. Il y a une belle enquête comme dans le premier opus, des révélations terribles, pas de personnages manichéens, et surtout pas de petit manifeste politique plus ou moins bidon. Bon, on a quand même le sentiment que l'histoire finit un peu trop vite - même pas 8H pour finir une première fois le jeu. Il y avait largement de quoi meubler sur bien des passages notamment après la confrontation finale du bar. D'ailleurs, cette scène finale du bar est particulièrement aseptisée au regard des révélations détonnantes d'Alex. Seul le dialogue émotionnel avec Jed est intense, mais le reste, que c'est fade et incolore ! Ils devaient se faire un sang d'encre ses amis et leur réaction est drôlement légère. De même, quand Alex profère ses accusations, la salle aurait dû exploser, mais non, tout le monde est doux et calme. Bon, ce n'est pas si grave. On est pris et on ne s'ennuie pas, c'est le plus important.

Autre aspect fouillé et incontournable dans un Life is Strange, l'amour, sinon ce ne serait pas Life is Strange. Mieux encore, c'est même deux histoires d'amour qu'on aura la possibilité de nouer, mais ce sera l'une ou l'autre et le choix ne sera pas facile encore une fois, sachant qu'on peut aussi n'en nouer aucune et se contenter d'amitiés fortes et sincères. Bon, un jour il faudra quand même nous expliquer la propension de la série à nouer des relations amoureuses entre deux femmes (d'autres jeux ne s'y sont pas sentis obligés comme Beyond : Two Souls). Marque de fabrique de la série vers laquelle Deck Nine se sent obligé de rester ? Bizarre autant qu'étrange. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas dérangeant, bien au contraire, l'histoire entre Alex et Steph est partciulièrement bien menée, émouvante et subtile en particulier pendant la partie de jeu de rôle en GN (GN = grandeur nature). Les émotions sont d'ailleurs d'autant plus réussies et prenantes dans le jeu qu'il y a un travail extraordinaire sur les expressions faciales qui sont toujours plus fidèles et réalistes. Chapeau bas pour ce travail technique !

Enfin, pour terminer, saluons aussi cette grande première : le doubalge intégrale en Français par des acteurs et actrices convaicants ! Life is Strange entre dans la cour des grands.


Des expressions faciales très fidèles.

 

Conclusion

Life is Strange : True Colors, avec son scénario fouillé et bien mené, un travail subtil et intense sur les émotions, une vraie mécanique de jeu avec le pouvoir empathique de l'héroïne, des choix cruciaux parfois conéliens, prend joueurs et joueuses aux tripes très rapidement. On joue avec exaltation cette aventure intense, on ne s'arrête plus et on n'a qu'une envie, d'y revenir. Et une fois le jeu fini on veut y revenir encore pour découvrir ce qu'il se serait passé en faisant d'autres choix sur lesquels on a bien hésité.

Ainsi, même s'il est un peu court, un peu cher et curieusement aseptisé sur certaines scènes, Life is Strange : True Colors est incontournable pour tout fan de jeu narratif à scnéario alternatif. La patte Life is Strange est bien de retour même si c'est maintenant le studio Deck Nine qui semble définitivement axu commandes de la série.


Une enquête aux révélations terribles.

Crédits : ces petits plus qui font du bien

- Sortie en format intégral, pas besoin d'attendre des mois pour avoir la suite

- 5 chapitres avec découpage en sections et possibilité de rejouer à la section de son choix

- Cinq unités de sauvegarde

- Doublage intégrale en Français

- 7-8H de jeu pour finir une première fois, rejouabilité indispensable

- 6 fins majeures différentes avec des petites variantes

- 2 relations amoureuses possibles ou aucune

- Une partie de jeu de rôle grandeur nature carrément sympa. Un clin d'oeil à Before the Storm ?

- Prix : 59,99 €, un peu cher pour la durée de vie ; ça fait moins du bien au porte-monnaie, ha ha.


Au revoir Life is Strange, à la prochaine.

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A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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