8.5/10

Luigi's Mansion 3 - Test Switch

Alors que je ne suis pas une grande fan de Mario (sauf Mario Kart), j'ai un gros faible pour Luigi. Peut-être déjà et avant tout parce qu'à côté des Mario Bros, Mario Party, Dr Mario, Paper Mario et autres Mario, il n'y a qu'un seul Luigi : Luigi's Mansion et que sort seulement le 3ème épisode en 19 ans.

Aurais-je aussi un léger penchant pour le frère toujours laissé dans l'ombre ? Ou un penchant, tout aussi naturel, vers de la denrée rare ? Ces raisons ont nécessairement un rôle dans mon attachement pour Luigi's Mansion, et puis c'est quand même épique quand c'est Mario qui se fait enlever. Mais avant tout et surtout, c'est que la série a tous les ingrédients d'un grand jeu et ce 3ème opus l'est plus que jamais.

Luigi's Mansion 3.0

En 2013, lorsque sortait Luigi's Mansion 2, on pouvait déjà noter à quel point le jeu était accrocheur par ses différents aspects qui avaient été sublimés par apport au 1er opus. Je reprends mes mots de l'époque : "Une ambiance lugubre bon enfant teintée d'humour, avec son manoir, ses armures et ses fantômes, qui n'est pas sans rappeler la séduisante atmosphère de La Famille Adams. Ses rats, ses toiles d'araignée, ses mélodies à l'orgue, la pluie qui tombe dans la nuit noire, tout est fait pour créer un univers qui, sans nous faire peur bien sûr, nous envoûte totalement. La qualité des graphismes, le sens du détail, associés à une 3D très agréable et pas du tout fatiguante, donnent la touche finale à cette excellente immersion."

Dans Luigi's Mansion 3, on retrouve tout cela, en bien mieux d'abord grâce à la qualité graphique exceptionnelle. La différence abyssale donne la mesure de la puissance la Switch, sachant qu'en plus, on est passé d'une console portable à une console de salon. Le rendu sur un téléviseur est assez stupéfiant. Le sens du détail n'en est que plus approfondi. Idem pour la bande-son que l'on savoure à tout instant, que ce soit sur les envoûtantes mélodies, les loufoques cris de désespoir des fantômes, les tintements des pièces, les bris d'objets, le souffle du vent et mille autres petits bruits qui construisent un environnement sonore complet.

Ne manque à l'appel que la regrettée 3D. Ah comme elle était utile dans ce jeu ! Ainsi, bien des fois dans Luigi's Mansion 3, on vise mal ou on loupe un objet parce qu'on a mal jaugé le degré de profondeur. Vraiment, l'absence de 3D rend l'exploration et les combats un peu plus difficiles. Mais que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir dans la vie.


Graphismes et bande-son d'une autre dimension.

L'art de la dissimulation poussé aux limites de l'extrême

Deuxième aspect captivant de la série, c'est la partie exploration. Foultitude de passages secrets, myriades de pièces ou portes cachées, gemmes particulièrement dissimulées ou inaccessibles - mention spéciale pour celle cachée derrière une cible qu'il faut toucher avec une épée - tableaux magiques à activer, tapis à soulever, baignoires à remplir d'eau, rideaux à enlever, lustres à faire descendre, porte manteau à faire tourner, balcons à longer, robinets à ouvrir... Il est toujours stupéfiant, 19 ans après, de voir comme on peut toujours explorer quatre fois la même pièce et y découvrir quelque chose de nouveau à chaque passage.

Avec Luigi's Mansion 3, les limites sont poussées à un niveau qu'on n'imaginait pas, primo, grâce à un manoir plus labyrinthique et gigantesque que jamais et, secundo, grâce à trois nouveaux outils. Côté manoir (pour rappel, le terme anglais mansion veut dire manoir en français), comment dire, ben ce n'est plus un manoir, c'est presqu'un gratte-ciel, car il s'agit d'un hôtel de 15 étages + deux sous-sols. Et chaque étage, sauf exception (le 9ème étage est assez petit bizarrement) est composé de presqu'une vingtaine de pièces, sans compter celles qui sont dissimulées. Et au-delà de la taille en elle-même des lieux, un très gros effort de création a été effectué par le studio Next Level Games. On a ainsi droit à chaque étage à une thématique particulière : étage musical, étage botanique, étage hôtelier, étage tournage, étage médiéval et je vous laisse la surprise pour le reste. Au-delà du fait que cette variété évite l'écueil de la lassitude et de la répétitivité - le jeu est sacrément long - c'est surtout que ces thématiques ouvrent des possibilités de cachettes inégalées. Personnellement, j'ai eu un gros faible pour l'étage médiéval, très envoûtant et réussi et celui du tournage par ses mécaniques extrêmement originales, qui changent complètement la donne. Il m'a fallu 15 bonnes minutes et un bon chauffage de neurones pour comprendre l'ensemble de la mécanique. Luigi's Mansion devient ainsi un jeu de réflexion !


Gluigi : un clone gluant qui démultiplie les possibilités et les cachettes.

Quant aux nouveaux outils, le plus important et qui ouvre soudain une myriade de potentialités est un clone vert gluant de Luigi appelé Gluigi. Il ouvre les possibilités d'exploration, car à deux on fait beaucoup plus de choses que tout seul : appuyer sur des plaques, soulever des objets plus lourds, faire tourner des objets éloignés, tourner un film. Gluigi peut aussi traverser des barreaux et donc aller dans des endroits normalement inaccessibles. On ne sait alors plus où donner de la tête tant il faut faire attention à tous les détails. Autant dire que ce Gluigi était une trouvaille véritablement ingénieuse !

Deuxième outil, c'est la ventouse qu'on peut projeter et coller à différents objets pour les soulever ou les arracher. Donc idem, soudain, de nouvelles possibilités s'ouvrent dans l'exploration et se combinent d'ailleurs avec Gluigi et les autres outils d'origine - révélateur, répulseur, aspirateurs - toujours présents bien sûr.

Dernier outil, la bourrasque : moins utile dans l'exploration que les affrontements, elle a quand même l'utilité de permettre un certain ménage quand une pièce est un peu encombrée et de découvrir des petites choses qu'on n'avait pas vues.

Bref, l'exploration prend une dimension énorme, est parfois difficile, au point qu'on reste de longues minutes à chercher et rechercher comment pouvoir avancer, et elle recèle de trésor d'ingéniosité. L'imagination des développeurs a été sans limite pour cacher, occulter et dissimuler toujours plus loin et toujours plus d'objets. On en arrive au point d'oublier d'essayer l'un des différents pouvoir pourtant assez évident tant il y a maintenant d'outils. Je le répète, Luigi's Mansion en devient presque un jeu de réflexion.

Heureusement, les combats sont toujours bel et bien là pour nous laisser reposer nos neurones.


La ventouse en rajoute une couche pour augmenter les potentialités..

Des affrontements rééquilibrés 

Dans Luigi's Mansion, le dernier aspect, c'est la confrontation avec des fantômes qu'il faut aspirer après un flash pétrificateur préalable, ce qui donne au jeu une dose d'action très bienvenue. C'est peut-être dans cette partie que le renouveau se fait moins sentir. Il y a toujours les fantômes classiques et plus ou moins spéciaux, et les fantômes "boss" de fin de niveau, + les Boos cachés à attraper. Il y a toujours aussi une nécessité tactique qui exige de réfléchir un minimum. On avait cru qu'on allait pouvoir laisser dormir les neurones, ben non, c'est raté. C'est ce qu'on appelle en sport la récupération active, sauf que là c'est avec les neurones. Il ne doivent pas se rendormir complètement après une fin d'exploration.

Là où il y a du renouveau, c'est dans le fait que la difficulté a été revue différemment grâce à une dernière innovation : la projection. Dans le précédent opus, capturer les fantômes était parfois long et fastidieux quand ils avaient beaucoup de points de vie. Grâce à la projection, on peut faire perdre au fantôme 20 PV d'un coup et enchaîner facilement deux ou trois projections (allez, petit effort de calcul, ça fait 20 X 3= 60 PV d'un coup), tout en cognant, avec un peu de chance et d'adresse, un autre fantôme au passage. Les affrontements deviennent ainsi bien moins longs. Pas forcément plus faciles, mais moins fastidieux. Merci pour le rééquilibrage. 

La créativité de Next Level Games n'est quand même pas en reste dans les confrontations avec les fantômes boss, surtout que la présence de Gluigi a aussi son utilité dans certains combats, ce qui donne là aussi une bonne part de renouveau. Autant vous dire que les combats y sont particulièrement gratinés. Mais pas de panique, une fois la technique trouvée, on y arrive. 

Là où le bât blesse au sens propre comme figuré, c'est dans le réglage des commandes. Déjà dans Luigi's Mansion 2, il était compliqué de viser tant le pad était sensible au moindre mouvement. Luigi tournait beaucoup trop vite et c'était dommage. Étrangement, ce problème n'a pas du tout été réglé dans le présent opus. En exploration, ça agace un peu mais ça ne gêne pas plus que cela, car on peut prendre le temps de régler la visée, mais en affrontement avec un gros patapouf, le temps nous manque et l'agacement se transforme alors en frustration. Pas si grave, mais vraiment dommage.


Grâce à la projection, des combats pas forcément plus faciles mais moins fastidieux..

Conclusion

Luigi's Mansion 3 est à l'évidence la sortie du moment à ne pas manquer par son travail très abouti à tous les niveaux : technique, imaginaire, dosage de la difficulté, variété, immersion. Par son mélange des genres, il ne peut que ravir un vaste panel de joueurs-euses. Même si la 3D nous manque et si les commandes ne sont pas complètement bien réglées sur la visée, les immenses améliorations et innovations ajoutées dans cet opus donnent à la série et à l'éternel délaissé Luigi ses palmes de gloire. Mario est définitivement détrôné.

Informations complémentaires

- Excellente prise en main des différents outils par un tutorial très progressif, mené de main de maître par l'irremplaçable Pr K. Tatsroff. 

- Système d'aide régulier sur la spécificité d'appréhender certains combats ou certains objets très spéciaux du décor.

- 3 unités de sauvegardes.

- Sauvegardes automatiques très fréquentes, beaucoup plus que dans le 2, gros écueil à l'époque ; très bonne amélioration.

- Système de points de passage, ce qui permet de reprendre sur le point précédent notre dernière sauvegarde ou carrément au début de l'étage ; très utile quand on a loupé un objet ou une gemme de manière irréversible (exemple : celle qui est derrière une vitrine qu'il faut casser an lançant un fantôme dessus ; si on n'a pas lancé le fantôme, c'est foutu on ne pourra plus l'avoir).

- Durée de vie : 20 à 25H si, comme moi, vous passez chaque pièce au peigne fin.

- Menu extrêmement fouillé avec carte, objectif, liste des gemmes obtenues, option d'aide, gestion des paramètres, guide qui est un véritable mode d'emploi pour celles et ceux qui ne connaissent pas la série - accès direct au laboratoire de K. Tastroff. Vraiment bien vu ce mode d'emploi dont le manque se fait sentir dans bien des jeux.

- Laboratoire plus grand que jamais avec boutique - permettant d'acheter des emplacements de Boos ou gemmes, et des os permettant de reprendre après le game over - galerie de fantômes et gestion des paramètres.

- Deux modes multi-joueurs, dont la tour hantée, reprise de 2ème opus. Pour appel : vous pouvez jouer en ligne avec des joueurs-euses du monde entier, sauf que désormais, le mode en ligne Switch est payant d'une manière générale. C'est malheureusement le gros bémol de ce mode. Fini le multi, sauf à payer un supplément.


15 étages + 2 sous-sols aussi divers que variés, truffés d'innovations d'une imagination débordante..

A propos de l'auteur

Aventures, enquêtes, mille et une énigmes, réflexion ; jeux aux thématiques profondes, originaux, décalés, indépendants, telles sont mes passions. De temps à autres, aussi du 100 % action. Féministe avertie, assoiffée de justice, je rejette toute forme de discrimination ; donc j'écris aussi en manga, BD, cinéma, livres, séries ou jeux de société.

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