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Mafia 2 DLC : Jimmy's Vendetta - Test

Huit euros supplémentaires, est-ce le juste tarif pour jouer les foufous sans complexe et sans cervelle dans un décor de rêve ? Mouais...

Annoncé bien avant la sortie de Mafia 2 - et sans aucun doute retiré de la version finale, le contenu additionnel Jimmy's Vendetta n'aura pas attendu des lustres pour se voir ouvrir les portes de la plateforme Steam. Au programme de cette "nouvelle aventure" : l'option sandbox tant entendue enfin disponible ; trente missions supplémentaires chronométrées et réparties aux quatre vents de Empire Bay ; un nouveau personnage totalement étranger à l'histoire de Mafia 2. Le tout, pour une poignée de dollars supplémentaires. Mais les huit euros à débourser pour profiter d'une bien maigre extension de vie suffiront-ils à contenter le joueur accro ? Mouais... Les rabat-joies n'y verront peut-être que l'occasion de pester contre cette politique des éditeurs de disperser façon puzzle un produit pourtant fini par ses développeurs. Car clairement, si certains distributeurs de la toile ont fait l'effort de proposer Mafia 2 pour seulement une trentaine d'euros, faire payer le prix fort pour combler les manques du jeu originel n'a rien d'un acte de générosité. D'autant que ce downloadable content (DLC), en plus de puer l'effluve d'une amputation ratée, ne vaut pas que l'on saigne sa bourse pour faire mumuse avec le Jimmy.


 

Pourtant, le bonhomme partait avec un potentiel sympathie pas des moindres. Clone envisageable de la tête de Ed Harris greffée sur le corps générique de Vito, ce tueur professionnel fraichement évadé de prison (didacticiel court et ridicule) ne fait pas dans la dentelle. Toute action musclée entreprise par le Jimmy est d'ailleurs sujette à gonfler votre score de chaos : excès de vitesse, cascades, explosions, tirs dans la tête. Et si en plus, vous parvenez à finir les missions en temps record, des points bonus viendront s'ajouter à la course aux performances. Axée arcade, cette vendetta brut de décoffrage a le mérite de booster la difficulté légère de Mafia 2, par l'entremise - notamment, du flot incessant d'ennemis coriaces dans certaines missions à environnement ouvert. A ce propos, l'intelligence artificielle semble avoir été gavée de neurones. Ce qui n'est bien évidemment pas un mal. L'adversité ne se contente plus de se planquer et tirer depuis sa couverture. Les plus couillus foncent dans le tas. Les plus fourbes vous prendront à revers. Certains débarquent même de nulle part, poussés par cet improbable vent magique que l'on appelle clipping. Malgré tout, le fait d'avoir systématiquement chronométré les objectifs n'accentue pas ces moments de tensions et de challenges relevés, la contrainte temporelle voyant trop large, et ce, pour n'importe quelle mission.


 

Vols (barbants) de voiture, passages (peu vigoureux) à tabac, destructions (balourdes) de biens matériels, protections (tranquilles) de civils, filatures (mollassonnes), assassinats (parfois corsés). Voici annoncées, à peu de chose près, les activités qui composeront le calendrier de Jimmy's Vendetta. Rien de bien perturbant, en l'occurrence. Sauf que la structure narrative faisant le lien entre ces dernières est à des années lumières de la qualité scénaristique de Mafia 2. Les cinématiques ingame se comptent sur les deux doigts d'un lépreux. De gros icônes clinquants et tout moches répartis sur la carte font office d'interlocuteurs. Chacun d'eux est grossièrement "mis en scène" par un écran de chargement tristounet. C'est soft, c'est plat, c'est froid. Pas d'âme, peu d'émotions, aucune accroche : bye bye l'identification. Place à la tangente dépourvue de tact. Si bien qu'au bout d'une petite foulée de missions, l'errance vengeresque de Jimmy se révèle linéaire et répétitive, seulement animée par l'envie de tout faire péter, de courir après la première place du podium. En un sens, à défaut d'une belle narration et d'une réalisation soignée, la rejouabilité de Jimmy's Vendetta s'en trouve gonflée à bloc. Pour le plus grand plaisir des adorateurs de performance. Les autres, même ceux aimant les bacs à sable, lâcheront assez vite l'affaire.


 

Huit euros, donc, est-ce suffisant pour jouer les foufous sans complexe et sans cervelle dans un décor de rêve ? L'addition paraîtra salée. Et même si Jimmy's Vendetta a le mérite de prolonger la visite de Empire Bay, de nous faire découvrir de nouvelles zones et autres lieux inaccessibles avec Vito, ce premier DLC sur PC n'arrive pas à la cheville des extensions d'un GTA IV, par exemple. En voulant jouer dans la cour des sandbox, ce contenu bricolé avec trois bouts de ficelle perd tout le charme qui faisait la particularité de Mafia 2. A ce niveau, l'intégrer dans le jeu originel, avec un peu d'enrobage et Vito en guise de Justicier dans la Ville, n'aurait vraiment pas été un luxe. Mais comment lutter face à ces compte-gouttes payants et devenus monnaie courante ? Hé bien en attendant sagement et sans crier gare le prochain contenu amputé de Mafia 2 -  Joe's Adventures, et qui devrait, lui, être plus en phase avec le background de la franchise.

 

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