7.5/10

Magicka - Test

Avec Magicka, les virtuoses seront sur un petit nuage et devraient s’éclater en mode coopératif face au bestiaire sympa qui attend d’être confronté à votre puissance dévastatrice !

Alors que les grosses et moyennes productions vidéo-ludiques semblent de plus en plus timides lorsqu'il s'agit de se démarquer de la masse et proposer aux joueurs une expérience inédite, il faut reconnaitre que ces temps-ci l'innovation a surgi des entrailles des jeux dits « à petit budget ». Bon nombre d'entre eux, pour la plupart indépendants et animés par de vrais passionnés de longue date, ont dévié du cap réconfortant de la « recette assurée » pour tenter leur chance sur les sentiers beaucoup plus risqués. Par bien des aspects, le Magicka des studios Arrowhead participe à cette vitalisation d'un genre (le hack'n slash, le cas échéant) qui aurait tendance autrement à se coaguler si aucune initiative de la sorte ne venait à l'esprit de quelques audacieux développeurs.

Mais avant d'aborder ce qui fait la richesse de ce soft disponible pour seulement une dizaine d'euros, passons en revue les points discutables qui lui valent de ne pas figurer parmi les grosses surprises de ce début d'année sur les pages de Krinein. Tout d'abord, la propension de bugs dès la sortie du titre en version dématérialisée a façonné sa relative mauvaise réputation auprès d'une partie des joueurs qui se sont aventurés sur les landes de Midgard avec leur petit sorcier fraîchement sorti de l'Académie des Mages. Personnage coincé hors de l'écran de jeu après une téléportation, curseur de souris pas toujours précis lorsqu'un élément est pointé, ralentissements lors des déplacements de son héros, freezes, crashs et autres problèmes de connexion sur les parties en réseaux : la liste était alors longue. Et même si les développeurs se démènent depuis en proposant régulièrement des correctifs, la version boîte que nous avons pu tester comportait encore quelques défauts qui rendaient instable le jeu. Ça, c'est pour le côté technique.


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Ensuite, il faut avoir conscience que Magicka n'endosse pas tout l'attirail habituel d'un hack'n slash. Pas de gain de points d'expérience, ni de compétence spéciale à débloquer. Le level up répond ainsi aux abonnés absents. Tout comme la chasse aux sets d'armure et aux items rares. Magicka fait dans la simplicité : un bâton de mage dans une main, une arme de poing dans l'autre. Le joueur pourra échanger son armement contre les rares objets trouvés par terre au fil de son périple. Mais impossible d'embarquer plus d'une arme de catégorie dans son inventaire, celui-ci étant tout simplement inexistant.

Enfin, l'aventure s'étale sur quinze chapitres, chacun étant constitué de différents niveaux. Et si la durée de vie est excellente pour ce type de produit, les décors couloirs peu inspirés et le manque de liberté de mouvements ne sont plus raccord avec les standards du genre, plus ouverts à la découverte et au furetage.

Malgré tout, Magicka tire son épingle du jeu via l'humour et la désinvolture assumée de sa trame principale. Abusant des clichés et du ridicule de certaines situations, les multiples références et clins d'œil moqueurs vont piocher dans toute la culture geek et ne manquent pas de faire sourire à de nombreuses reprises ceux pour qui le jeu a été pensé. Une aventure sans rebondissements, mais bourrée de détails rigolos qui font parfois oublier le challenge pénible et redondant du mode solo, et dans lequel le joueur aurait tendance à toujours utiliser les mêmes sorts puissants pour avancer. Car si le jeu peut se parcourir sans trop de problèmes en solitaire, le mode coopératif (jusqu'à quatre joueurs) est bien plus drôle à vivre et nécessitera un véritable travail d'équipe pour affronter les masses d'ennemis imbéciles et déchaînés. Pour ce faire, les joueurs disposent d'un remarquable système de magie basé sur plusieurs éléments combinables : l'eau, le feu, l'éclair, la terre, le froid, le bouclier, l'arcane, la vie... Leurs propriétés respectives recouvrent la défense, la régénération, les dégâts, l'enchantement. Une touche de clavier est attribuée à chaque élément. Il suffit alors de rentrer la bonne combinaison (jusqu'à cinq éléments d'affilée) pour préparer un sort. Ce dernier peut être lancé sur soi, sur son arme, sur une zone ou sur un ennemi en particulier. En plus, le bâton de sorcier possède la capacité de repousser les assaillants. Les possibilités sont tellement vastes que toutes les stratégies sont envisageables !


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Évidemment, ce système de magie original n'est pas facile à prendre en main et demande un certain talent de dextérité et de mémoire pour être optimal. Le seul défaut de ce gameplay exigeant réside peut-être dans son absence de mémorisation de sorts. Oh ! Pas toute une page entière de sorts prêts à l'emploi, non ! Mais pourquoi ne pas avoir réservé une option permettant d'en mémoriser deux ou trois par avance, histoire d'alléger un peu le stress généré par les affrontements (en solo, principalement) ? Comme l'avait prévu en son temps Arx Fatalis , autre jeu exigeant qui avait le mérite de bousculer les habitudes dans la pratique de la Magie, par exemple ! L'ensemble n'aurait sans doute plus aucun sens. Et le challenge aurait été bien trop facile. Mais ça nous aurait évité quelques cheveux blancs (et voix cassée à force de gueuler contre son manque de dextérité au clavier !).

Hack'n slash primaire dans sa forme et light par rapport à la concurrence, Magicka n'en reste pas moins un jeu plein de nuances, et beaucoup moins bourrin et bête que ses congénères bodybuildés. Son système de magie revigorant ravira les joueurs en quête de challenges et de franches rigolades à plusieurs - le solo étant tout de même un peu tristounet à la longue. Ce n'est certes pas le jeu le plus facile d'accès. Les automatismes ne viendront pas en claquant des doigts. Il faudra batailler ferme avec ses combinaisons d'éléments pour sortir au bon moment le sort de la dernière chance. Mais une fois maîtrisés les mécanismes de Magicka, les virtuoses seront sur un petit nuage et devraient s'éclater en mode coopératif face au bestiaire sympa qui attend d'être confronté à votre puissance dévastatrice.

 

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Jeu vendu en galette, mais nécessite un compte steam pour être installé et joué.

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