Mémoires de joueur #2 : les sauvegardes

En ce moment, je joue sur le deuxième épisode d'Assassin's Creed, jeu d'action tout à fait honorable qui a le mérite d'améliorer un peu la recette originelle mise en place par Ubisoft avec Altaïr. A partir de celui-ci, il y a une multitude de sujets que je pourrais aborder dans cet article, mais j'ai eu soudainement envie de discuter d'un fondement du ludisme virtuel moderne : la sauvegarde. Car oui, il y a une époque pas si lointaine où des acharnés comme moi pouvait laisser Jurassic Park sur SNES sur pause pendant toute une après-midi pour accompagner papa et maman à la plage et revenir sans avoir perdu sa progression. C'était pas très écolo, mais c'était quand même du temps de gagné.


Super Mario Bros : combien il me reste de vies ?
De l'ère 8 bits jusqu'à très récemment, on distingue trois façons de faire :
- La première est celle du hardcore, le vrai ! Celui qui se retape tout le niveau depuis le début à chaque fois au risque de ne pas progresser d'un poil de millimètre. Les Super Mario Bros de la NES, par exemple, étaient de ce type et obligeaient le joueur à re-parcourir de grandes portions du jeu à chaque start game. Il était facile de se décourager devant un titre à la difficulté rebutante, mais le résultat était là avec un peu de persévérance : le joueur devenait plus fort à chaque partie et finissait par devenir compétent sur la majorité des jeux du même type.
- La seconde passe par le stockage de la progression sur un mécanisme technique, tel une pile au lithium (Zelda), une disquette (les jeux PC des années 80), un disque dur (les jeux PC des années 90 et au-delà, les consoles next gen), ou une carte mémoire (à partir de l'époque 32 bits). C'est la voie « royale », celle qui permet de sauver sa progression ou de reprendre une partie un peu avant une défaite ou une perte tragique.
- La dernière est un peu une rencontre des deux, il s'agit du code dispensé par des jeux comme Metroid (NES) ou Megaman (NES également). Le code est généré par le programme et permet de retrouver un point de sa progression, sans pour autant que toutes les données personnelles du joueur soient sauvegardées. L'autre utilité, c'est que les joueurs peuvent s'échanger les codes entre eux pour s'entre-aider.


Assassin's Creed II : sauvegarde automatique
avant noyade.
Aujourd'hui, le système est beaucoup plus généralisé et même assez transparent dans ses mécanismes. Les jeux sur cartouches doivent encore avoir recours à la pile de sauvegarde, mais dans la plupart des cas le fonctionnement est devenu automatique – si l'on excepte les RPG, souvent obligés d'interfacer la demande de sauvegarde. Sur PC et sur console récente, nous traversons une période basée sur les « checkpoints » où le programme va sauvegarder la progression du joueur automatiquement à certains endroits – une fonctionnalité déjà présente sur certains FPS depuis les années 90. Si je reprends mon exemple d'Assassin's Creed II, je peux tout à fait interrompre ma partie brutalement au moment où un contact (au hasard, Tok) m'appelle sur Skype pour le dérouiller à Starcraft II. Et je n'aurais probablement pas à refaire grand-chose, et même si ça trouve, rien du tout. La tendance veut que les sauvegardes n'appartiennent même plus au joueur, stockées sur un serveur distant – ce qui permet, lorsque l'on change de PC par exemple, de retrouver son joyeux bordel sans se préoccuper des backups en amont.


Le cristal de sauvegarde :
vision réconfortante
On peut voir tout ce système comme une assistance au joueur, qui devient sécurisé par la présence de sauvegardes automatiques : des jeux moins frustrants, moins stressants, et moins difficiles, forcément. Mais il est également une évolution non négligeable pour tout ce qui est confort de jeu et une certaine aubaine pour le joueur occasionnel. Plus besoin de se planifier des sessions de plusieurs heures ou de perdre sa progression pour aller se coucher – déjà qu'il est très tard -, non, nous sommes dans une ère où le joueur peut contrôler son temps de jeu et limiter son investissement personnel. Nous perdons néanmoins dans l'affaire le retour sur cet investissement : il est aisé de profiter d'une faiblesse passagère de l'IA ou tout simplement d'un bug pour passer une difficulté et ne pas être obligé de s'y re-confronter. Peut-on dire dans ce cas que l'on a vaincu le jeu, alors que vingt ans plus tôt on vous aurait contraint de refaire le même passage jusqu'à ce que vous y arriviez ?

Si l‘on dresse un bilan de tout ceci, on peut dire que la globalité des jeux d'antan étaient plus courts mais disposaient d'une durée de vie conséquente si l'on ne se frustrait pas de l'absence de sauvegarde ; et paradoxalement, les jeux d'aujourd'hui sont plus longs mais paraissent plus rapide à finir grâce aux nombreuses sauvegardes. Quant aux jeux « bac à sable », type GTA ou certains RPG modernes (Final Fantasy, Dragon Age, etc.), impossible de les imaginer sans sauvegarde, les deux concepts sont étroitement liés.

Que vous reste-t-il de la période sans sauvegarde ? Gardez-vous précieusement sur votre disque dur une vieille sauvegarde de Dune II en pensant vous y remettre un jour ?

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12 commentaires

  • nazonfly

    16/11/2011 à 09h29

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    Tiens c'est un bon truc, je suis sûr qu'il me reste des sauvegardes de vieux jeux sur des CD (ben oui à l'époque, pour faire de la place, fallait virer une partie de ses données sur CD, snif).
    Par contre, je n'ai pas de souvenirs de la période sans sauvegarde, j'ai toujours principalement joué sur PC.http://jeux-video.krinein.com/memoires- ... 17518.html

  • Canette Ultra

    16/11/2011 à 09h39

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    Simon's Quest n'avait pas de sauvegarde. Je me suis retapé un nombre incalculable de fois les mêmes donjons et les mêmes chemins. Je connaissais par coeur le "meilleur" chemin pour être efficace. Le jour où j'ai voulu le finir, j'ai bloqué tout un après-midi pour ça !

  • Plax

    16/11/2011 à 10h07

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    Perso je me souviens des points de sauvegarde de FFVII (en forme de point d'interrogation), pas si nombreux que ça. Alors que tu viens de battre des armées d'ennemis, tu n'as plus de vie, tu prie pour voir apparaitre ce fameux point de sauvegarde qui ne vient jamais, et Papa entre dans la chambre, éteint ta console parce que ça fait 20 minutes qu'il t'appelle pour aller à table...

  • gyzmo

    16/11/2011 à 10h19

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    Un article qui tombe à pic : en ce moment, certains possesseurs X360 de Batman Arkham City ont de gros problèmes de sauvegardes. Impossible pour eux de les retrouver. Elles ont tout simplement disparu de la machine !!! L'éditeur bosse sur le pb, mais ça m'a l'air mal engagé. Ce qui me ramène à d'anciens soucis de sauvegardes qui plantent ou qui ont du mal à se charger (tellement elles sont lourdes). Un réflexe : toujours sauvegarder sur plusieurs emplacements, et pas tout écraser sur un fichier qui risque de partir en sucette !

    Je me souviens qu'à l'époque de Flasback, les sauvegardes n'existaient pas encore mais qu'à chaque fin de niveau atteint, un code s'affichait pour marquer la progression et permettre de reprendre au début de là où on s'était arrêté. C'était très rudimentaire et artificiel. Mais sur des jeux aussi corsés et infaisables en une seule journée, ça permettait aussi de voir un peu le soleil entre deux tableaux !

    En tant que joueur PC, j'ai pris la mauvaise habitude du quicksave (raccourcis pour sauvegarder / charger rapidement). Cela a l'avantage de ne pas perdre du temps à se retaper un moment difficile à passer. Mais ça peut aussi être une plaie pour le joueur qui quicksave par mégarde pile poil au mauvais moment (genre : en pleine chutte !). Mais c'est bien pratique tout de même.

    Lorsque je me retrouve sur un soft console HD, ça me perturbe de dépendre d'une sauvegarde automatique - pas toujours très bien placée. Le summum de l'inconfort pour moi étant cette idée de retreindre la facilité des sauvegardes "où je veux quand je veux". De la plus pire des façons : un seul slot de sauvegarde ineffaçable pour le joueur (RE Revelation et sa politique anti-occase). A celle qui engage un vrai challenge et amène une meilleure identification : le nombre limitée de sauvegardes dans Hitman, par exemple.

    Il y avait le même genre d'effort à produire dans Nomad Soul : pour sauvegarder, non seulement il fallait trouver une borne d'anneaux (façon pierres de sauvegarde de Tomb Raider), mais en plus, on devait débourser des ressources pour enregistrer sa position. A noter que lorsqu'on meurt dans Nomad Soul, le principe du jeu veut que l'on se réincarne dans l'un des habitants jouables de la ville. C'était bien fun, comme idée. Mais méga stress pour sauvegarder à la va-vite.

    Autrement, j'ai également tout un stock de sauvegardes (plus ou moins récentes) de côté. Principalement pour les jeux à suite qui prennent en compte l'épisode précédent : Baldur's Gate - Witcher - Mass Effect. Sauvegardes qui n'ont jamais marché à l'importation dans Witcher 2 et Mass Effect 2, pour les deux derniers cités. Du coup, aujourd'hui, je ne les conserve que très rarement.

  • nazonfly

    16/11/2011 à 10h52

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    En parlant de Flashback, ça m'a vaguement rappelé un jeu (peut-être était-ce Flashback) qui avait le même type de sauvegarde mais avec des lettres parfois difficiles à déchiffre : un 0 qui ressemblait à un O, ou vice-versa.

    Ahhhh et Nomad Soul, quel jeu magnifique.

  • Canette Ultra

    16/11/2011 à 11h00

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    Sur Prince of Persia sur game gear, il y avait aussi un code en fin de niveau mais pas toujours lisible :s

  • CIRSE

    18/11/2011 à 19h37

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    Nobody gonna take my car
    I'm gonna race it to the ground
    Nobody gonna beat my car
    I'm gonna break the speed of sound
    Oooh it's a killing machine
    It's got everything
    Like a driving power big fat tyres and everything

    I love it and I need it
    I bleed it yeah it's a wild hurricane
    Alright hold tight I'm a highway star

    Nobody gonna take my girl
    I'm gonna keep her to the end
    Nobody gonna have my girl
    She stays close on everybend
    Oooh she's a killing machine
    She's got everything
    Like a moving mouth body control and everything

  • Guillaume

    20/11/2011 à 15h43

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    J'ai pendant très longtemps été uniquement un joueur PC. Les sauvegardes rapide ça me connait
    Le passage sur console a été assez difficile de ce point de vue là : ne pas pouvoir sauvegarder à l'envi à été très difficile, surtout que si la sauvegarde à n'importe quel moment n'est pas très réaliste, la possibilité de ne sauvegarder qu'en rencontrant une fontaine, une sphère, ou je ne sais quoi, ne l'est franchement pas plus.
    Et maintenant il y a la sauvegarde automatique. Celle là est plutôt assez sympa, elle permet de ne pas avoir de baisse de rythme en devant aller dans un menu abscon.
    Maintenant, quand je joue sur console et que les développeurs n'ont pas fait un système automatique, je dois toujours recommencer à zéro la première fois : je n'imagine même pas que cela ne se fasse plus (Rage, Skyrim, par ex. si je ne dis pas de bêtise).

    Ceci étant, je préfère pourtant la sauvegarde à la main, à tout moment. Je peux ainsi décider de faire une action particulière, en voir les retombées, et revenir en arrière si je le souhaite, sans avoir à tout recommencer.

  • kou4k

    24/11/2011 à 03h48

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    "INCBIN" et "MILORD"

    Ces MDP resteront à jamais gravés dans mon crâne : MILORD, C'est le 3 eme, celui du jeu TV, et INCBIN le dernier niveau de Flashback(que je n'ai jamais réussi à finir - Mais on fait quoi ???). INCBIN, c'était en facile, après vérification...

    Mon premier jeu à sauvegarde, ça devait être Zelda : Link's Awakening sur GB, avec le gros poisson.

    Par contre, j'ai fait l'inverse de Guillaume, j'ai découvert le jeu PC au début de l'adolescence après une initiation sur consoles, et j'ai jamais pu décrocher...

    Un truc qui me chiffonne, maintenant, et que je ne comprend pas : alors qu'il y a 10 ans, on choisissait le nom de chacune de ses sauvegardes, et c'était quand même bien pratique, maintenant on se cogne dans 90% des cas des dates à la con sans pouvoir trier ni se renseigner sur le contenu de ces saves.
    Va retrouver une partie quand il y a marqué "2007/08/11 - lieu de la save - 12h50m". Non mais sérieux...

  • Choucroot

    24/11/2011 à 14h19

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    Mes plus grandes misères de sauvegardes tournent autour de Final Fantasy 8.
    Première partie, carte mémoire offerte avec Joypad qui grille, partie perdue juste avant d'arriver à Estar (j'devais bien avoir une 40aine d'heure de jeu).
    Deuxième partie, playstation et memory card qui claquent à la fin d'Estar, soit 3-4 heures plus tard que la première fois.
    Troisième partie, sur une autre console, neuve, tout va bien, sauf qu'après Estar - qui est déjà une faute grave de gameplay et d'ambiance - y'a ce passage culte de "rattrape ta copine dans l'espace sur fond de j-pop mielleuse".
    Du coup j'ai éteint la console, ai sortit le jeu, l'ai rangé, et n'y ai plus jamais touché de ma vie.

  • Maverick

    24/11/2011 à 15h58

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    Les sauvegardes corrompues de Test Drive Unlimited 2....

  • Guillaume

    24/11/2011 à 16h13

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    Les noms des sauvegardes, c'est bien un truc dont je me foutais 1,2,3,4,5 c'était bien assez pour moi

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