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Metal Gear Rising : Revengeance - Test PS3 : Un avis tranché ?

Connaissez-vous Raiden ? Ancien enfant soldat du Libéria prénommé Jack, surnommé l'Eventreur, héros malaimé de Metal Gear Solid 2 ensuite transformé en cyborg par les Patriotes (les méchants conspirateurs), venu porter secours à Solid Snake dans MGS4, revenu un temps à la vie normale avec sa femme Rose puis reparti combattre pour Maverick Security Inc afin de protéger un premier ministre africain. Mais voilà, le gouvernement de N'Mani a instauré un climat pacifique qui s'est répandu dans tout le continent, et cela ne plait pas aux compagnies militaires privées...


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Le premier spin-off de la série MGS

Metal Gear Rising : Revengeance s'ouvre en 2018 avec l'attaque du convoi du politicien et son kidnapping par deux cyborgs, Sundowner et Jetstream Sam. Raiden ; revêtu de nouveau de son armure cybernétique ; les poursuit mais ne peut empêcher la mort de l'homme qu'il est censé protéger. Il se fait de plus corriger sévèrement par Sam qui le blesse grièvement. Quelques semaines plus tard, Jack retrouve la trace de Desperado Enforcement LLC, la PMC responsable de l'attaque. Equipé d'une nouvelle armure plus robuste et d'un katana plus tranchant, il est bien décidé à se venger.

MGRR (on va gagner du temps) est donc ancré dans la mythologie Metal Gear mais n'est pas un MGS comme les autres. Peu d'infiltration ici, nous sommes avant tout dans un beat'em all où l'objectif est de tout découper au sabre. Le projet a d'ailleurs eu certaines difficultés à voir le jour, entre changement de scénario et gameplay. Et Hideo Kojima, le créateur de la série, a fini par laisser son bébé à Platinum Games, spécialisé dans la charcuterie numérique (Mad World, Bayonetta, Vanquish, ...). On retrouve alors la patte du studio. Combats rythmés et fluides (avec parades recommandées pour survivre), affrontements épiques contre des adversaires démesurés, ou encore musique nerveuse, mais en gardant l'esprit, l'esthétisme, et l'interface de la saga et principalement de MGS4. Seulement, ce dernier est sorti il y a presque cinq ans, et certaines textures semblent dater de la même période, ce qui ne s'arrange pas avec des décors parfois un peu pauvres et souvent étroits. Mais l'impression classique de niveau-couloir ne pénalise pourtant pas vraiment l'expérience, car on reste avant tout dans un pur jeu d'action, on avance et on tabasse.

 
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Le katana suffira...

Les nostalgiques pourront toutefois fuir certains affrontements en se cachant comme d'habitude sous un carton ou un bidon, en détournant l'attention de soldats avec un cadre photo 3D d'une jolie playmate, ou en assassinant discrètement les ennemis par derrière ou dessus. Mais si les soldats cyborgs et autres UG n'ont pas le cerveau aussi développé que leur musculature, il n'est pourtant pas évident de les éviter, et cela se règlera souvent en fonçant dans le tas. C'est d'ailleurs quasi recommandé pour faire du score et gagner un maximum de crédit afin d'améliorer son équipement. 

Un équipement mis souvent de côté, principalement les armes secondaires (lance roquettes, grenades diverses,...), d'une part parce que l'interface d'accès à l'inventaire n'est pas des plus rapides et efficaces, et d'autre part car on privilégiera le katana haute fréquence. Une arme si tranchante qu'elle nous donne envie de tout découper dans le décor, le plus intéressant étant bien entendu de transformer les autres cyborgs en rondelles afin d'absorber leur énergie.
Tel un vampire, vous devrez ainsi couper vos ennemis en deux pour récupérer leur unité d'autoréparation et restaurer votre santé ainsi que votre jauge de pile à combustible. Ce principe appelé « Zandatsu » se réalise en activant le mode katana qui ralentie le temps (gâchette L1 sur PS3), en tranchant au bon endroit (indiqué par un carré rouge), et en réussissant un QTE simple (en appuyant généralement sur rond).


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La meilleure attaque, c'est la défense !

Le reste du temps, on appuie frénétiquement sur les boutons d'attaque puissante (triangle) ou légère (carré) qui se trouve être aussi le bouton de défense, permettant si utilisé simultanément avec le stick gauche de parer les coups de l'adversaire. Et s'ils s'avèrent trop violents, il est alors conseiller d'esquiver à l'aide d'un principe d'attaque-défense avec les touches carré et croix simultanément.Le bouton croix sert d'ailleurs aussi à sauter, mais est plus utile lors des phases de combat que pour se déplacer. On se contentera alors d'utiliser la « course ninja » (R1) afin de galoper à toute vitesse tout en repoussant les projectiles avec son sabre et franchissant automatiquement les obstacles. Peut être trop simple pour certains mais diablement efficace pour donner du rythme et se concentrer sur l'essentiel : le combat.

Pour survivre, essentiellement contre les boss, vous devrez donc jouer la carte défensive, et surtout ne pas oublier d'utiliser les nanopâtes de réparation récupérer ça et là pour restaurer votre vie. Sans cela vous risquez de rapidement jeter votre manette, qui plus est si la caméra souvent mal placée s'en mêle. Ne vous reste donc qu'à apprivoiser la jouabilité pour venir à bout des gros costauds, qui s'enchaînent principalement sur la fin de l'histoire.


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Court mais bon ?

Une fin qui arrive un peu vite, même pour un beat'em all. Comptez en moyenne sept heures pour venir à bout des huit chapitres en difficulté normale, une durée assez fluctuante suivant la personnalité des joueurs. Ainsi, les rushers devraient plier l'aventure en moins de six heures, tandis que les plus patients ; profitant des nombreuses discussions disponibles dans le Codec (l'interface de communication), tout en cherchant les quelques bonus et ordinateurs débloquant les missions RV ; dépasseront les dix heures de jeu.

La vingtaine de missions de Réalité Virtuelle (si débloquées) rallongent ainsi un peu la durée de vie. L'objectif étant dans un premier temps de se former avec quelques tutoriaux puis de réaliser des défis le plus rapidement possible. Malheureusement cela se résume au final à massacrer un maximum d'ennemis ou atteindre un point sur une carte sans se faire repérer, le tout dans un environnement cubique triste gris et jaune. Rien donc de très franchement emballant, et même si les joueurs aguerris y trouveront leur compte, il semble plus attrayant de se replonger dans un chapitre de l'histoire principale.

 
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Conclusion

Metal Gear Rising : Revengeance n'est pas Metal Gear Solid. Cependant, l'esprit de la saga est respecté, avec ses théories de conspiration tirées par les cheveux et sa morale un peu facile. Une fresque grand-guignolesque qui en fera fuir certains, mais qui devrait aussi par son côté décalé et son background finalement assez riche (il suffit de trainer un peu dans le Codec pour s'en rendre compte) plaire à beaucoup.
Certes, le titre est loin d'être exempt de défauts, jouabilité un peu étrange qui demande un temps d'adaptation, caméra capricieuse même lorsque l'on verrouille l'ennemi, décors vides parfois très moyens, durée de vie un peu courte et pas de multijoueurs.
Et pourtant, le sentiment de puissance offert par ce corps cybernétique et son katana capable de tout couper, ce bonheur malsain de trancher de l'humain (enfin à moitié…), surpasse le reste. Le tout avec classe, fluidité, et une musique à tendance néo-métal rythmée et bien servie. Et même si la course au score ; finalement le seul véritable gage de rejouabilité du titre ; n'est pas votre apanage, vous risquez d'avoir envie de relancer de temps en temps un chapitre pour vous en payer une bonne tranche.


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